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Aujourd'hui, je vous propose de vous enfoncer dans du gore teuton qui tâche encore plus que le vin de table à deux sous. Au niveau du scénario, c'est le vide intersidéral. Observons plutôt de quoi traite le métrage, moyen par sa longueur, pis que cela par sa qualité. A 17 ans un jeune homme déglingue une de ses camarades qui l'a humilié dans son amour propre et dans sa quéquette. Il lui fait donc la peau. Une trentaine d'années plus tard, le même gougnafier se fait racketter et tabasser, ce qui va – évidemment – réveiller en lui des pulsions sadiques. Mais à 40 ans passés, le sadique n'a rien accompli dans la vie, et a soif de reconnaissance. Il va donc chercher la reconnaissance de ses pairs sadiques, et créer un cercle confidentiel où il tient des conférences pratiques sur l'art de torturer. Voilà. Ca c'est la version longue du scénario. Sinon ça se résume à un encostumé qui donne des cours de torture à des mecs habillés en noir.



Le cinéma indépendant c'est ma tasse de thé. J'adore ça, j'en consomme sans modération parce que c'est pas dangereux pour la santé. Le hic, c'est que des fois, je me retrouve à regarder des métrages qualitativement douteux, et qui me donnent envie de me piquer les yeux avec des cure-dents et m'en servir comme glaçons.
Soyons clair, enfin surtout moi, parce que si vous voulez lire cette chronique en état d'ébriété avancée, ça ne regarde que vous. Soyons clair, disais-je, Sadisticum m'a très largement facilité le transit intestinal. Ce qui, en soit est un tour de force puisque le métrage fait moins d'une heure. Pas beaucoup moins, ceci étant dit. Mais c'est déjà largement trop au vu de l'effort apporté à l'histoire. Car rappelons-le, les éléments essentiels composent un bon film, c'est : une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire.
C'est là que Sadisticum frappe fort. Non seulement son scénario est inexistant, mais en plus il est prétentieux.



Laissez-moi vous expliquer comment un scénario inexistant peut être prétentieux. C'est là un concept digne d'intérêt, et dans l'hypothèse où un jour vous feriez du cinéma, merci de garder cela en tête.
Sadisticum tente donc de compenser son absence de scénario par la création d'un personnage principal qui entrainera le spectateur dans son sillage vénéneux. Comment ? Par la présence d'une voix-off, censée vous faire ressentir ce que le personnage ressent. Mais la voix off rate le coche, le personnage se révèle désespérément creux en plus d'être détestable. Il débite ses sentiments et ses souvenirs d'une voix monocorde.
On sent que le réalisateur et son équipe lorgnent lourdement vers le cinéma d'auteur. Mais l'overdose est atteinte au 4ème plan de pigeon en train de picorer des saloperies sur le bitume, le tout sur fond de voix off geignarde. A cet instant là, j'ai cherché le cure-dent. Comme je n'en avais pas, j'ai continué à regarder le massacre.



Passé quelques rares effets de maquillages un peu dégoutants, la plupart des plans de torture se situent hors champs. Et la voix off continue de s'attaquer aux neurones du spectateur, comme un vieux relent de poubelle. Croyez-moi, c'est dur à encaisser. D'autant plus dur que le film est en allemand, et que le sous-titrage est tellement laid qu'il en est presque illisible, sans compter sur les séquences entières où les protagonistes ne sont pas sous-titrés. Cependant, cet élément là est juste source d'énervement, et n'influe pas sur la note finale qui sera attribuée au film. Les soucis techniques, ça arrive, et ce n'est pas la fin du monde.

Plus gênant, car délibéré, est le choix de la longue focale en caméra épaule pour les séquences de torture. En clair pour vous donner une petite idée, ça fait du Michael Bay croisé avec de l'Andreas " violent shit " Schnaas, ou du Eric " I piss on your grave " Stanze. Sur le papier ça semble bien mignon, toutefois le résultat à l'écran est totalement anodin. Et vous savez pourquoi ? Parce que l'histoire n'accroche pas. Donc la réalisation qui n'a rien à montrer, pédale dans la choucroute sévèrement.



Je passerais sur l'image parasitée à l'excès du métrage. Attention, il ne s'agit pas d'un joli grain, il s'agit bien de parasites dus à un format vidéo sous-éclairé.

Au final Sadisticum est un pétard mouillé. Avec sa jaquette à la " Scrapbook " et ses airs pédants de film d'auteur à la mords-moi les neurones, ça fait flop du début à la fin.
Et ce n'est pas la présence du rappeur TAKTLOSS qui change grand chose. D'autant qu'il ne me semble pas que l'homme soit très connu en dehors de la Germanie.

Dommage que ce Sadisticum soit aussi peu inspiré, et pète largement plus haut que son rectum, car sur un sujet existant, la réalisation aurait pu être fort énergisante.








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