RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.2
(6 votes)
Stefan, Marcus, Jessica et Jonas partent s'isoler dans une vieille maison perdue en plein cœur de la forêt pour terminer leurs projets d'étude dans la tranquillité. Leur séjour commence bien mais d'étranges événements se produisent, provoquant le trouble parmi le petit groupe. Chaque membre est sujet à a des visions et des hallucinations et la peur commence à s'installer, notamment quand Jessica découvre une porte cachée au beau milieu de l'immense sous-sol…



Il aura fallu attendre huit ans pour que The Cellar soit visible par le plus grand nombre. Car non, ce long-métrage de Martin Kjellberg et Nils Wahlin n'est pas ce qu'on peut appeler une nouveauté. En effet, la réalisation de The Cellar date de 2002. Présenté dans quelques festivals, le film n'a réellement eu sa chance qu'en 2008, lorsqu'il fût présenté dans le cadre du festival Insomnifest, puis au marché du film à Cannes en 2009. Inspiré clairement du film événement "Le Projet Blair Witch", (petit budget, caméra DV, acteurs amateurs), on peut dire que The Cellar débarque de sa Suède natale avec quelques wagons de retard. Et sa sortie très tardive ne jouera pas en sa faveur, tant il apparaît formaté et ne propose pas d'idées nouvelles qu'on n'a pas déjà vues ailleurs. On ira même jusqu'à dire qu'il était déjà dépassé en 2002…

L'histoire et la situation de départ nous rappelleront aussi le culte "Evil Dead". Quatre amis, à bord d'une voiture, partent dans une vielle maison, perdue au fond de la forêt suédoise. La découverte des sous-sols de la maison, labyrinthique au possible, ainsi que d'une porte cachée derrière un mur, semblent annoncer la présence d'êtres maléfiques, sentiments renforcés par la réalisation, qui, lorsque la caméra se met à la place de la force qui semble habiter la pièce cachée, brouille et déforme l'image, qui avance et recule comme dans le film de Sam Raimi. On ne pourra d'ailleurs que faire la supposition de la présence d'une force maléfique puisqu'il n'est jamais explicité qu'il en existe vraiment une dans le film. Les deux réalisateurs tentent de brouiller les pistes et les spectateurs, nous laissant plusieurs voies possibles. Les visions et hallucinations des quatre protagonistes sont-elles provoquées par une entité maléfique ? Par eux-mêmes, leur raison vacillant à force d'être enfermés dans la sinistre maison ? On nous apprend que l'un des personnages a été interné durant sa jeunesse, est-ce sa folie qui ressurgit ? Mystère, mystère…

Avec un budget très faible, les deux Suédois ne vont pas se lancer dans une débauche d'effets spéciaux. Ils décident donc de jouer la carte de la montée progressive de la tension et de la peur. Après une longue partie d'introduction des personnages, où il ne se passe pas grand chose, la mise en route du processus du suspense se met en marche. Un des personnages filme la soirée dansante et quand il visionne les images, quelque chose de bizarre apparaît sur le film. Quand un autre prend le petit groupe en photo, une ombre inquiétante se retrouve sur le cliché. De quoi peut-il s'agir ? Plus inquiétant encore, quand le héros se rend dans une petite épicerie locale, le marchand lui annonce que la maison dans laquelle nos héros disent séjourner…n'existe pas !

Le jeu amateur des acteurs et le scénario banal se retrouvent alors dynamisés par quelques séquences qui font légèrement frissonner et qui amènent un regain d'intérêt pour ce film qui nous paraissait de prime abord plutôt soporifique. Les personnages se conduisent de manière bizarre et inattendue, et les visions deviennent de plus en plus présentent et jouent avec les codes de la peur au cinéma de manière efficace, sans toutefois se montrer d'une originalité flagrante. Mais ça commence à fonctionner, notamment quand les acteurs déambulent dans l'immense sous-sol de la maison, seulement armés d'une lampe torche à la main. Les couloirs, les pièces vides plongées dans la pénombre participent pleinement à l'ambiance stressante qu'ont voulu instaurer les réalisateurs. La découverte d'une pièce tachée de sang nous questionne : qu'a-t-il bien pu se passer dans ces couloirs ? Mystère encore, aucune réponse ne sous sera clairement donnée.

Le rythme du film s'accélère lors de la dernière partie, qui abandonne son quatuor pour nous mettre en présence d'un nouveau personnage, un enquêteur qui recherche justement nos héros. On apprend que seul l'un d'entre-eux est vivant et qu'il est interné à l'hôpital, restant prostré et muet sur les événements qui se sont déroulés. L'enquêteur parvient à retrouver l'endroit grâce au paysage environnant. Aucune trace de la maison effectivement mais ses recherches dans un joli paysage enneigé lui font découvrir une entrée souterraine, qui le mène évidemment dans les couloirs précités ! Cette dernière partie s'avère largement meilleure que le reste du film et parvient à instaurer un petit climat de peur plutôt efficace, la musique accompagnant les images remplissant parfaitement son rôle. On aura un peu de mal à comprendre la finalité du scénario, qui semble avancer sans réel fil conducteur. Mais ce dernier quart d'heure rehausse un peu notre sentiment mitigé face à cette œuvre somme toute plutôt banale et peu innovante.

Avec les moyens du bord, Martin Kjellberg et Nils Wahlin nous livrent un film indépendant qui restera de l'ordre de l'anecdotique et qui ne parviendra pas à convaincre le public réfractaire aux acteurs amateurs et au tournage en caméra DV. Evidemment, vu l'absence flagrant de budget, on peut féliciter les deux réalisateurs d'avoir eu l'envie de réaliser un long-métrage et d'avoir su faire aboutir leur projet, pour un résultat final bancal, peu original, mais qui parvient dans quelques séquences, à nous offrir de brefs moments de tension et de stress avec un final qui n'est pas sans nous rappeler vaguement celui du "Trauma (1976)" de Dan Curtis. C'est déjà pas mal !








Du même réalisateur :