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Avant d'entrer à l'université, trois copains décident de se rendre au Mexique pour profiter de soirées bien arrosées en compagnie de belles jeunes femmes. Alors que la fête bat son plein, l'un d'entre eux disparait mystérieusement… Ses deux amis se lancent alors à sa recherche et très vite ces derniers apprennent l'existence d'un groupe de narcotrafiquants adeptes de cultes sataniques qui sévit dans la région.



A la simple lecture du résumé du film "borderland", on est inévitablement amenés à penser à "hostel" d'Eli Roth. Toujours cette même histoire de jeunes hommes désireux d'aller se saouler et flirter avec des créatures de rêve dans un pays qu'ils considèrent comme un baisodrome sans limite ni tabou.

Et pourtant, "borderland" n'est pas un simple torture-porn et s'apparente plus volontiers à un thriller glauque. Pour faire simple, prenez l'ambiance malsaine d'un "hostel", le contexte d'un "turistas" et enfin une menace proche de celle que l'on peut trouver par exemple dans un "the manson family" et vous obtenez un résultat proche de ce fameux "borderland" dont il est question ici.



Je ne vais pas faire dans la nouveauté en vous disant ceci mais figurez-vous que le film de Zev Berman est… inspiré de faits réels! (si, si…). En effet, "borderland" revisite ce qui s'est déroulé dans la ville de Matamoros, à la frontière du Mexique et des Etats-Unis :

Dans la fin des années 80, un sorcier nommé Constanzo pratiquait le Palo Mayombe, une religion apparentée à la Santeria (religion afro-cubaine assimilée à la magie blanche), à la seule différence que cette dernière puise dans les grimoires de magie noire. Ce fameux Constanzo faisait des purifications pour de nombreux narcotrafiquants de la région mais également pour des familles aisées (policiens, médecins, avocats…). Après s'être entouré d'hommes de mains et après avoir créé sa propre secte satanique, ce gourou commença à kidnapper des gens dans le but de satisfaire ses petites recettes de cuisine satanique (une tête de bambin pour donner de la jeunesse, un bras d'étudiant en médecine pour donner de l'intelligence etc etc, on met tout ceci dans un chaudron et hop c'est parti! Si simple, surtout quand la police mexicaine semble corrompue et ainsi n'interféra pas dans les recettes de Chef Maïté). Au total, ce seront plus de soixante cadavres mutilés que l'on retrouvera enterrés non loin du ranch servant de lieu de culte pour notre secte locale… Voilà donc pour la petite histoire!



Maintenant que nous avons posé le contexte, voyons ce que vaut réellement le film de Zev Berman.

Narré sous fond d'enquête policière, "borderland" nous plonge au cœur d'un Mexique glauque, malsain, le genre d'endroit pourtant réputé pour y trouver de jolies filles et où il fait bon festoyer sous de joyeuses musiques ibériques mais qui, au final, peut s'avérer être un piège mortel quand on a la (fâcheuse) manie de se séparer et d'emprunter des ruelles sombres… Comment ça du déjà vu? Ah oui, c'est vrai, nous avons eu "hostel" peu de temps avant où c'était cette fois-ci l'Europe de l'Est qui était perçue comme hostile et dangereuse pour les pauvres touristes venus simplement profiter des joies de la luxure et de la débauche.

Outre ce côté déjà vu, on regrette également (et ce sera mon deuxième et dernier point négatif) le traitement des personnages principaux qui semble ne pas s'améliorer depuis le film d'Eli Roth. Bien au contraire, en plus d'être puérils (les discussions tournent constamment autour du sexe, de la drogue et de la fête…) nos jeunes hommes écervelés sont parfois même prétentieux et égoïstes (le meneur du trio est persuadé de devenir quelqu'un d'important plus tard mais ne semble, à ce moment, préoccupé que par les hallucinogènes qu'il mâchouille et les filles qu'il drague).

Par contre, du côté de nos mexicains kidnappeurs et adeptes de sorcellerie et magie noire, les interprétations sont plutôt convaincantes, même si l'on retiendra surtout le rôle du "grand chauve à tête de cinglé" (et non à col roulé…), nous faisant penser bien-entendu au talentueux Michael Berryman ("la colline a des yeux" de Wes Craven).
Alors que du coté des victimes, tout semble exagéré, caricaturé, c'est tout le contraire que l'on perçoit donc du côté des membres de la secte (on quitte cette univers "teenagers" pour se rapprocher plus volontiers des faits réels dont s'inspire "borderland").



Certains diront que le film de Zev Berman manque de rythme, impression que je ne partage pas du tout. En effet, le film se suit agréablement et ne possède pour ma part aucun temps mort (pas même durant la scène d'introduction plutôt réussie), nous plongeant tantôt dans une scène de barbarie (on retiendra notamment cette scène violente où les membres de la secte s'acharnent tous ensemble à coups de couteaux et machettes sur l'un des jeunes américains), tantôt dans le déroulement de l'enquête.
Le final n'est d'ailleurs pas en reste, avec son lot de portes qui cassent, de mitraillettes qui tirent en rafales et de morts qui s'accumulent…

Du côté des effets spéciaux, il est clair que ceux qui s'attendaient à voir des actes de tortures sadiques (avec effusion de sang et tout et tout) à la "hostel" seront quelque peu déçus devant ce film bien moins violent graphiquement. De nombreuses séquences sont dans la pénombre ou ne sont que suggérées (bien que certaines scènes s'avèrent suffisamment saisissantes telles que l'extirpation des yeux d'une victime ou encore une langue arrachée avec les dents) mais le côté dérangeant, malsain et noir du film est bien présent et c'est bien là le principal!

Au final, "borderland" est un film agréable à regarder malgré quelques écueils qu'il aurait été pourtant simple d'éviter (le côté trop djeun's des personnages principaux est agaçant / les similitudes trop flagrantes avec "hostel" font perdre en crédibilité…). On appréciera par contre que le réalisateur n'ait pas souhaité nous pondre un énième torture-porn classique et gore comme on n'en voit beaucoup trop ces derniers temps (plus ou moins bien réussis).








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