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Réalisation
Riccardo Freda

Scénariste
Oreste Biancoli

Date de sortie
1963

Genre
spectres

Tagline


Cast
Barbara Steele
Peter Baldwin
Elio Jotta
Harriet Medin
Carol Bennet
Carlo Kechler


Pays
Italie

Production


Musique
Franco Mannino

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.7
(3 votes)
Margaret Hichcock veille sur son mari, le docteur John Hichcock, victime d'une maladie qui le laisse paralysé dans son fauteuil roulant. Le docteur Charles Livingstone lui injecte des drogues pour essayer de le guérir. Mais ce dernier n'est pas aussi gentil qu'on le croit. Il est en effet l'amant de Margaret et le couple illégitime a pour seul but d'attendre la mort du docteur Hichcock pour bénéficier de l'héritage. Un plan diabolique qui va s'accélérer quand Margaret oblige son amant à augmenter la dose de drogue dans la seringue qui conduira au décès de son mari. Une fois ce dernier mort et enterré, les amants diaboliques pensent en avoir fini avec le docteur Hichcock. Mais sa présence se fait toujours sentir et Margaret est victime de visions effroyables laissant à penser que l'esprit du mort est toujours parmi eux dans la lugubre demeure…



Après le succès de l'excellent "L'effroyable secret du docteur Hichcock", œuvre phare du gothisme à l'italienne, Riccardo Freda désire enchaîner le tournage d'un autre film d'épouvante dans les mêmes conditions et dans les mêmes décors. Il propose à ses producteurs un scénario rédigé en une semaine avec son ami Oreste Biancoli et propose que la réalisation du film se fasse également en temps réduit, douze jours environ. Il obtient le feu vert des producteurs et demande à la sublime Barbara Steele d'être à nouveau la star du film. Cette dernière, ayant apprécié le tournage de "L'effroyable secret du docteur Hichcock", donne son aval. Il faut dire que le scénario du film a été rédigé pour la mettre particulièrement en valeur. C'est ainsi qu'en 1963 naquît "Le Spectre du professeur Hichcock". Pourtant, mis à part le nom du docteur, aucun lien ne réunit les deux films. Il faut savoir que le titre original était juste "Le Spectre" mais ce sont les distributeurs français, voulant surfer sur le succès du film de 1962, qui lui ont ajouté du professeur Hichcock, à des fins purement mercantiles. Cette façon de procéder sera d'ailleurs reprise une troisième fois, avec le film de Fernando di Leo, "La Bestia uccide a sangue Freddo", qui devient en France "Les Insatisfaites poupées érotiques du docteur Hichcock" ! Toujours est-il que Riccardo Freda, sous son pseudonyme de Robert Hampton, a de nouveau réussi un excellent film d'ambiance et d'épouvante et que Barbara Steele y trouve effectivement l'un de ses meilleurs rôles.

Sur le scénario classique de deux amants voulant éliminer le mari gênant afin de récupérer sa fortune, Riccardo Freda va bâtir un authentique film d'épouvante à partir d'un simple thriller, faisant intervenir des éléments horrifiques dans ce drame de la vie. On découvre très vite la relation adultère entre Barbara Steele et l'acteur Peter Baldwin et de nombreux détails nous font penser que le docteur Hichcock est également au courant. La préparation du plan machiavélique par le couple maudit nous fait également entrevoir que, plus que l'amant lui-même, c'est bien le personnage incarné par Barbara Steele qui se révèle être véritablement diabolique et prêt à tout pour parvenir à ses fins, quitte à avoir recours au meurtre. On notera d'ailleurs que tous les personnages de ce film sont négatifs, cupides ou ont quelque chose de malsain en eux, que ce soit l'amant, la femme, Hichcock ou la gouvernante. Cette dernière est d'ailleurs à nouveau interprétée par l'actrice Harriet Medin, dont le physique et le visage très froid donnent à ses personnages de gouvernante une aura qui provoque un certain effroi. Mais c'est bien Barbara Steele qui va être le protagoniste le plus noir et le plus détestable du film. L'actrice s'en donne à cœur joie, se montrant froide, colérique, hystérique même, avant de se voir terrorisée par l'apparition spectrale de son défunt mari. Cris, regard déterminé ou horrifié, Barbara nous livre tout un panel d'émotions diverses qui en ont fait une diva de l'épouvante.

Tous les éléments du cinéma d'épouvante gothique sont d'ailleurs réunis dans le film : maison immense et lugubre, bougies, gouvernante au comportement étrange et pratiquant le spiritisme, caveau mortuaire, crâne humain, complot, crime, spectre macabre et autres joyeusetés vous attendent tout au long du métrage, avec deux points culminants : l'apparition du spectre de John Hichcock devant sa femme dans une mise en scène imparable et effrayante ; le meurtre de l'amant à coups de rasoir, scène choquante car d'une durée assez longue et surtout très sanglante pour l'époque.
Evidemment, le spectateur aguerri se doute bien que le spectre du professeur Hichcock n'en est pas vraiment un. La trame policière qui fait s'affronter deux couples dans ce huis clos (la femme et l'amant contre le mari et la gouvernante) est toujours mise en avant et les éléments d'épouvante ne nous font pas oublier ce sentiment récurrent que tout le film n'est qu'une affreuse machination fomentée par des personnages égoïstes et sans morale, comme dans "Les Diaboliques" de Clouzot en 1955, auquel on ne peut s'empêcher de penser. Il n'empêche, Riccardo Freda fait tout son possible pour qu'on y croit, notamment avec la scène de la gouvernante qui semble sous hypnose, s'étant livrée à une séance de spiritisme, et parlant avec la voix du défunt mari ! Le réalisateur veut pousser le personnage joué par Barbara Steele dans ses replis les plus profonds et n'aura de cesse de la torturer mentalement pour qu'elle cède à la folie. Et ce, pour notre plus grand plaisir.

Avec son savoir-faire reconnu de tous, avec cette immense bâtisse mise à disposition par un milliardaire et qui se prête particulièrement bien au genre, avec ses acteurs qu'il dirige de main de maître et avec la présence magistrale de Barbara Steele, Riccardo Freda livre avec cette fausse suite de son succès de 1962, un film formellement très réussi, mêlant situations dramatiques et scènes d'épouvante dans un savant dosage. Les nombreux rebondissements maintiennent un intérêt constant chez le spectateur qui veut connaître la finalité de l'histoire, et surtout quel dénouement tragique va-t-elle lui livrer. Moins vénéneux que "L'effroyable secret du docteur Hichcock", qui traitait du thème de la nécrophilie, "Le Spectre du professeur Hichcock" n'en reste pas moins une étonnante réussite du cinéma d'épouvante italien. On retiendra également une excellente partition musicale de Franco Mannino, dont le thème principal, une sorte de petite comptine, parachève d'élever l'ambiance mystérieuse et angoissante du film à un haut niveau. Incontournable.