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Réalisation
Oliver Parker

Scénariste
Toby Finlay

Date de sortie
2009

Genre
Sorcellerie

Tagline


Cast
Ben Barnes
Ben Chaplin
Michael Culkin
Colin Firth
Rebecca Hall
Rachel Hurd-Wood


Pays
Angleterre

Production


Musique
Charlie Mole

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4
(2 votes)
Le jeune Dorian Gray accepte d'être le modèle du célèbre peintre Lord Henry Wotton. Celui-ci persuade le jeune homme de vendre son âme en échange d'une jeunesse éternelle. Dorian Gray ne vieillit plus, et ne souffre plus des affres du temps, mais le tableau le représentant révèle progressivement sa véritable nature...



Le mythe de la jeunesse éternelle de Dorian Gray et de son tableau maléfique vieillissant à sa place est un des thèmes les plus connus du fantastique dit "gothique" mais pourtant que le cinéma a employé avec parcimonie. Là où beaucoup de films contemporains cherchent à moderniser l'histoire d'Oscar Wilde, le réalisateur Oliver Parker fait montre d'un certain classicisme. Aboutissant à un résultat non dénué d'élégance tout en la dépoussiérant. Ainsi, cette nouvelle version se différencie de "Le portrait de Dorian Gray" d'Albert Lewin, datant de 1945, mais cette cure de jouvence s'inscrit bien dans notre époque. La sensualité contenue dans la tragédie de Dorian Gray se lâche et le long-métrage n'hésite pas à verser dans plus de libertinage et d'érotisme.

Pour endosser les habits du fringuant Dorian, on trouve Ben Barnes (devenu célèbre depuis qu'il a interprété le Prince Caspian dans Narnia 2) et le rôle lui va comme un gant. On suit avec un certain plaisir son évolution vers un monde de débauches et d'une certaine cruauté aristocratique. Le scénario n'hésite pas à non plus à aborder assez frontalement les penchants homosexuels du personnage. Des travers de toute une société (la haute) qui s'éloigne des codes et de la rigueur de l'ère victorienne, franchement coincée des fesses. Ce petit (on n'est pas non plus chez Verhoeven) dynamitage n'est pas déplaisant du tout. D'autant plus qu'il s'inscrit dans le cadre d'une reconstitution soignée du Londres de la fin du XIXème siècle. Aussi bien les lieux mondains que les bordels contribuent à redonner vie à une époque.

La pérennité du thème de la jeunesse éternelle explique en grande partie la fascination qu'exerce toujours sur nous Le portrait de Dorian Gray, d'autant plus qu'il aborde en même temps l'interaction de notre monde avec l'art- ici, la peinture. C'est peut-être par là que le bât blesse car la toute dernière partie en fait trop dans le démonstratif avec CGI pas toujours bien intégrés et des grognements provenant du tableau et qui tirent le film vers un niveau de série B. Ce qui n'est pas un grand défaut tant ce Dorian Gray ne manque pas de qualités esthétiques ni même dans l'interprétation.

Sans aller jusqu'à dépoussiérer le mythe, Oliver Parker, reste dans les clous du classicisme, conférant à sa réalisation un style intemporel. Préférant nous surprendre par le traitement de ses protagonistes, dont une sorte de gourou méphistophélique qui a poussé Dorian à se laisser aller à ses plus bas instincts. Certains y verront du racolage (à tort, à mon avis), mais les temps et les mœurs ayant évolué (plus de sexe, quelques meurtres sanglants), le public contemporain a d'autres attentes et c'est aussi un meilleur moyen d'atteindre une cible plus jeune, sans renier les fondements de l'œuvre originale. En ce qui me concerne, le pari est réussi et devient même l'une des surprises les plus inattendues du moment.








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