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L'armée et ses unités d'élite doivent faire face à un reptile géant qui sème la panique dans la ville de Los Angeles…



Le Sarcosuchus Imperator était un crocodile préhistorique vivant au Crétacé. D'une taille pouvant atteindre 15 mètres de long et pouvant peser une dizaine de tonnes, ce qui en fait l'un des plus gros représentants, sinon le plus gros, de tous les crocodiliens ayant foulé notre planète, il s'attaquait notamment à de gros dinosaures herbivores, tels des Ouranosaurus. En 2000, un squelette quasiment complet du monstre a été découvert, enflammant l'imagination, comme en témoignent ces illustrations du crocodile géant, surnommé "SuperCroc" outre Atlantique, se jetant sur des dinosaures venus imprudemment s'abreuver à un point d'eau. Evidemment, le crocodile étant à la mode dans les séries B animalières depuis quelques années avec les "Lake Placid", "Solitaire" et autres "Crocodile", il ne fallait pas s'étonner de voir la créature prendre vie sur nos écrans...même s'il est vrai que les scénaristes n'avaient pas attendus pour nous offrir des croco et des alligators géants...

Cette parenthèse culturelle étant refermée, et m'ayant en plus permis de gonfler honteusement le nombre de mots de ma fiche, évoquons donc le film qui nous intéresse ici : Super Croc. Evidemment, quand on parle de scénaristes opportunistes, on pense rapidement à The Asylum. D'ailleurs, la société nous prépare pour fin 2010 un "Mega Shark vs Crocosaurus" qui fait déjà saliver les amateurs de grand n'importe quoi. Dans SuperCroc, des militaires sont envoyés pour enquêter sur...sur quoi d'ailleurs ? Certes, ils tombent rapidement sur le reptile géant, mais on ne sait jamais vraiment si c'est ce qu'ils cherchaient ou s'ils étaient à la recherche d'un autre groupe. D'autant qu'au fil du film, les versions changent, ce qui sera une constante pendant 80 minutes : au long des (très) nombreuses discussions, on s'apercevra régulièrement que les personnages disent l'exact contraire de ce qu'ils disaient avant. Par exemple, un des personnages comprend rapidement que c'est un crocodile qui les menace, puis se demandera ensuite ce qui cause tout ce bordel...Plus tard, elle décrira le crocodile comme un blindé totalement insensible aux balles, avant de s'étonner du fait que les militaires ne causent aucune blessure à l'animal en lui tirant dessus !

Une accumulation d'incohérences qui ferait sourire si ces dialogues ne prenaient pas autant de temps. Parce que ça ne fait que discuter, discuter, discuter et encore discuter. Des dialogues et des monologues interminables, d'une connerie sans nom, les acteurs se contentant régulièrement de réciter mollement leurs répliques mal écrites. Evidemment, on ne s'attend pas à voir des prestations d'acteurs exceptionnelles lorsqu'on regarde un film de The Asylum, mais l'ensemble des comédiens semble s'être mis d'accord pour jouer à celui qui jouera le plus mal. Comme toujours, on a un mélange entre inconnus et habitués du catalogue de la firme. On notera ainsi la présence de Kim Little, déjà à l'affiche de "30,000 Leagues under the sea", "The Apocalypse" ou "H.G. Wells War of the worlds". Du très lourd donc.

A côté de ça, on sait également qu'on aura des effets spéciaux ridicules, et on ne sera pas déçus : le crocodile rivalise de laideur avec le singe géant de "King of the lost world". Toujours en numérique, il n'a absolument aucune intéraction avec les personnages ni même son environnement, se contentant de déambuler maladroitement entre les arbres puis en pleine ville. On sera même surpris de le voir attaquer en glissant simplement vers sa proie, son corps ne bougeant pas d'un poil (enfin, d'une écaille). Le pire dans tout cela, c'est que ses (rares) victimes seront toujours hors-champ, et qu'on n'aura droit à aucune goutte de sang...Même la mort de la bête se déroulement hors du cadre ! Un comble pour un film qui devrait justement miser là dessus pour être intéressant. Et que dire de l'arrivée du monstre en ville ? Elle est à l'image du reste : molle. On suit bien plus les hésitations des militaires quant au plan à mettre en oeuvre (ils parlent de balancer une bombe atomique à proximité de Los Angeles, ni plus ni moins) que l'avancée du crocodile, qui se contentera une nouvelle fois de quelques victimes qu'on ne verra pas.

Mais le pire dans tout ça, c'est encore le rythme du film. J'évoquais plus haut "King of the lost world", que je considérais il y a quelques jours encore comme le Asylum le plus mauvais que j'avais vu jusque là...J'avoue maintenant hésiter, tellement je me suis emmerdé devant ce SuperCroc. Parce qu'il ne se passe vraiment rien pendant les 80 minutes que dure le film. Entre deux attaques hors-champ, on suit donc les discussions peu intéressantes des personnages, qui se contentent de marcher et de se cacher pour échapper au prédateur géant. Un prédateur qu'on ne verra pas beaucoup, ce qui n'est pas un mal tant il est loupé, et il ne se rattrape jamais sur les attaques. Allez, son seul fait d'arme sera de s'attaquer à un hélicoptère (ça, c'est original dites donc...)..On tentera bien de nous proposer une intrigue secondaire sur les oeufs du reptiles (tiens, comme c'est original ça aussi !), mais on s'en désintéressera rapidement, tout comme l'équipe du film qui l'oubliera purement et simplement pendant une bonne partie du métrage.

Bref, s'il est un sérieux prétendant au titre de pire film du catalogue Asylum (et je tremble déjà à l'idée de visionner ceux qui pourraient être pires...), SuperCroc s'impose aussi comme l'un des pires films de crocodiles ou autres alligators, préférant aux attaques ridicules de certains navets dont je tairais le nom l'absence de véritable attaque. Deux titres très peu glorieux donc, pour un film très mauvais et vraiment pénible à regarder, redéfinissant de minute en minute le concept même de nullité.








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