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The Winners est un groupe de rock qui enchaîne les concerts en espérant trouver la gloire. Malheureusement, la célébrité tarde à venir, provoquant une baisse d'enthousiasme chez Joey, Jennifer, Tyler et Sam, les membres du groupe, qui sont accompagnés par Hugo, leur roadie. Mais tout ça va rapidement changer le soir où la bassiste Jennifer termine la soirée dans les bras d'un étrange personnage qui s'avère être un vampire. Devenue une suceuse de sang, Jennifer se voit dotée d'un nouveau charisme qui transcende littéralement les spectateurs. La renommée du groupe ne cesse alors de s'accroître. C'est alors que les autres membres du groupe découvrent la nouvelle nature de Jennifer…



Et encore une comédie vampirique ! Décidément, nos amis les suceurs de sang semblent particulièrement bien se prêter à la comédie fantastique depuis quelques années puisque les films mêlant vampire, horreur et comédie n'arrêtent pas d'inonder régulièrement nos écrans, avec plus ou moins de bonheur. Dans le cas de Suck, elle ajoute un autre élément à ceux déjà cités, celui de la musique. De la musique rock plus précisément. Rien de révolutionnaire là dedans, puisqu'on compte deux chefs-d'œuvre du cinéma ayant mixé avec bonheur le fantastique et le rock, à savoir "Phantom of the Paradise" et "The Rocky Horror Picture Show", respectivement en 74 et 75. Ok, y'a pas de vampires dans les deux films précités mais quand même ! On trouve aussi, mais plus du côté du rayon nanar, des films comme "Hard Rock Zombie", "Black Roses", "Bim Stars", "Rockill", "La Reine des Damnés", "Horror Rock" ou bien encore "Wild Zero" par exemple, qui mettent en scène des rockeurs à qui il arrive bien des péripéties. Une petite liste non exhaustive à laquelle il faudra donc ajouter Suck, second long-métrage de Rob Stefaniuk après "Phil the Alien" réalisé en 2004.

Le principal attrait de Suck est incontestablement son casting. Les membres du groupe sont extrêmement sympathiques et apportent beaucoup de fraîcheur au film. Le leader n'est d'ailleurs que Rob Stefaniuk, le réalisateur lui-même ! Faut dire, on le comprend de vouloir jouer le héros de son film, puisqu'il a pour charmante partenaire la très jolie Jessica Paré, qui va donc devenir une créature de la nuit et apporter gloire et horreurs à son groupe. Autre idée sympa, la présence de nombreuses guest-stars au sein de l'histoire. Des célébrités du rock évidemment ! On retrouve donc au casting Alice Cooper et sa fille Calico, Iggy Pop, Henry Rollins ou bien encore le chanteur Moby. Ce dernier se révèle excellent dans la peau du leader d'un groupe de rock dont les fans ont pour habitude de leur jeter des morceaux de viandes sanguinolentes ! Pas une rock star mais une star tout de même, l'acteur culte Malcolm McDowell vient aussi s'amuser avec nous et incarne un Van Helsing de série B plutôt rigolo, ce dernier ayant une peur bleue de l'obscurité (on le comprend vu les créatures qu'il combat…) et passe son temps à se balader avec une lampe torche à la main. Tout ce beau monde trouve sa place dans le scénario de Rob Stefaniuk et on prend plaisir à les voir jouer la comédie, même si leurs prestations s'avèrent plus anecdotiques qu'autre chose.

Ils sont en tout cas éclipsés par le charisme de Jessica Paré, jolie fille d'origine, mais dont la beauté se trouve transcendée dès lors qu'elle devient vampire. Teint blafard, lèvres rouge sang, yeux bleus transparents, une vraie "beauté fatale" comme le dira l'un des protagonistes lors d'un concert. Bien évidemment, la soif de sang la poussera malgré elle à commettre quelques meurtres, ce qui nous donnera des séquences de comique de situation assez drôles bien que déjà vues et peu originales. On appréciera par contre le sort du pauvre Hugo, qui deviendra son homme de main à contrecœur, et qui nous fera bien sourire lorsqu'il se mettra à attraper des mouches pour les manger, l'allusion au personnage de Reinfield dans "Dracula" n'étant évidemment pas passée inaperçue à vos yeux.

Côté musique, celle-ci n'est pas en reste. Lors de certaines scènes, comme celle où Jessica Paré se retrouve dans un manoir gothique entourée de vampires, l'univers du "Rocky Horror Picture Show" n'est pas loin, puisque les personnages se mettent à chanter tout en participant à l'histoire. Le reste du temps, c'est bien sûr les Winners qui interprètent des chansons lors de leurs concerts, quand ce n'est pas simplement un titre musical qui passe en fond sonore pour illustrer une scène. La bande originale du film s'avère assez intéressante si vous aimez ce style de musique et colle parfaitement bien avec les images qu'elle doit mettre en valeur.

La réalisation de Rob Stefaniuk passe également bien à l'écran. Le rythme du film est assez emballant et ne laisse que peu de place à l'ennui. Maintenant, pour apprécier le spectacle, il faut prendre Suck pour ce qu'il est : un film à destination d'un public plus "Twilight" que "Dracula". Les adolescents risquent d'adorer le film quand les adultes se contenteront de sourire durant la projection sans trouver ça exceptionnel. Il est clair que Suck n'est pas la comédie fantastique de l'année et que le scénario se contente de jouer avec les clichés sans réellement surprendre par son inventivité.

Au final, Suck s'inscrit dans la tradition des films pop-corn pour adolescents gothiques ou craquant pour le vampirisme. Ce long-métrage canadien reste divertissant et bien réalisé, et vous fera passer un moment agréable mais une fois la vision terminée, on aura tôt fait de l'oublier tant il reste du côté de l'anecdotique.








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