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Un avion s'écrase dans une jungle. Les survivants de la queue de l'appareil tentent alors de retrouver le cockpit afin d'envoyer un message de détresse. Malheureusement, leur traversée de la jungle va rapidement tourner au cauchemar : attaqués par des araignées géantes, des reptiles volants puis pourchassés par une tribus d'indigènes, ils vont également s'apercevoir que leur avion n'est pas le seul à avoir échoué là, et qu'une menace bien plus terrible se cache dans les arbres...



Décidément, l'oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle n'en finit pas d'inspirer les scénaristes. Ainsi, depuis sa publication en 1912, Le Monde Perdu a été adapté de très nombreuses fois au cinéma ou à la télévision, de façon plus ou moins libre. On citera par exemple, pour les plus célébres, "Le Monde Perdu" de 1925 ou "jurassic park 2 : le monde perdu" de Spielberg, certes adapté du roman de Crichton mais dont les emprunts à l'oeuvre de Doyle sont flagrants. Entre autres adaptations de 1960 ou 1992, et les mini-séries télévisées, on se demande si on aura un jour fait le tour de la question. En tout cas, ce n'est pas le cas en 2005 lorsque The Asylum vient proposer sa version de l'histoire.

A l'époque, la société n'a pas encore inondé les rayons DVD de ce qu'on appelle ses mockbusters, et n'a dans son catalogue que quelques films horrifiques, entre deux comédies et deux drames. Mais après des titres aussi évocateurs que "Speed Demon", "Vampires vs Zombies" ou "Death Valley : the revenge of Bloody Bill", ce "Seigneur du monde perdu", principalement connu sous son titre original "King of the lost world" va changer la donne. On peut effectivement considérer qu'il s'agit du premier véritable détournement puisqu'en plus du Monde perdu, le film va jouer sur la sortie du remake de "King Kong (2005)" par Peter Jackson en intégrant à l'histoire un singe géant. Mieux encore, le scénariste, Carlos de Los Rios, un récurrent de la firme, va également faire quelques emprunts à la série phare du moment, "Lost".

En effet, le film débute comme la série, juste après un crash d'avion, alors que les survivants tentent de s'entraider. On retrouve d'ailleurs quelques caractères assez semblables à ceux des personnages de la série, notamment à John Locke. D'ailleurs, les similitudes continueront avec des bruits étranges dans la jungle, la présence d'un autre groupe sur l'île ou les explications sur le crash. Des survivants qui reprennent les noms des personnages de Doyle : Challenger, qui est ici un lieutenant, Ed Malone, John Roxton, Rita Summerlee...Parmi leurs interprétes, on remarquera principalement Bruce "Tron" Boxleitner, entourés de quelques habitués de chez The Asylum comme Jeff Denton ("Exorcism : The Possession of Gail Bowers", "Pirates of treasure island" mais aussi "Automaton Transfusion"), Rhett Giles ("H.G. Wells' War of the Worlds", "Transmorphers") ou Sarah Lieving ‘"Dracula's curse" ou encore les futurs "Mega shark vs Crocosaurus" et "Super Shark"), ces trois derniers apparaissant encore ensemble dans "Dracula's curse". Bref, comme vous pouvez le deviner, ça vole très haut au niveau interprétation...C'est bien simple, on n'y croit pas une seule seconde. C'est tellement mauvais que ce n'est même plus amusant, c'est simplement consternant de nullité...Histoire de complèter l'album de famille Asylum, le réalisateur, Leigh Scott, est également un habitué des lieux...

Un constat de nullité qui s'applique d'ailleurs à l'ensemble du film. En effet, parmi la petite quinzaine des films de chez Asylum que j'ai eu la chance de voir, ce "King of the lost World" remporte la palme du plus pourri. Et pourtant, entre "Prehistoric" ou "Snakes on a train", croyez-moi, j'avais déjà creusé bien profond. Mais ici, tout ce qui fait la nullité (et parfois le charme selon mes critères particuliers) des productions de la firme se retrouve décuplé. J'ai déjà évoqué les acteurs, mais je me sens obligé d'insister dessus : ils sont MER-DIQUES. Et l'action, parlons-en ! Il ne se passe quasiment rien ! Si le scénario se contente du trajet d'un point A à un point B, on ne fait régulièrement que suivre les discussions terre à terre des personnages, entre deux attaques de créatures plus ou moins originales (les araignées géantes, les scorpions géants, soupirs...). Le sommet est rapidement atteint quand le film vient reprendre King Kong avec l'idée d'un sacrifice de prisonniers pour apaiser les créatures de la jungle. Des créatures qui amènent sur le pire point du film : les effets spéciaux. Là encore, The Asylum nous a habitué à tirer le plus bas possible la qualité de ses effets numériques, mais vient ici battre des records. La palme revenant au singe géant, espèce d'infâme bouillie sans contour net, faisant penser à des cinématiques de Nintendo 64...Un primate gigantesque par ailleurs absent pendant la majeure partie du film, se contente d'une très brève attaque au début et de quelques passages pour la conclusion...On ne va pas s'en plaindre, tant il est moche...

Non vraiment, "Le Seigneur du Monde Perdu" est un véritable calvaire, 80 minutes de souffrance ininterrompues, où le sourire moqueur et carnassier de l'amateur de nanar s'efface rapidement pour laisser place à un royal emmerdement et une envie d'en finir au plus vite. Le seul suspense devient alors de savoir si oui ou non, on va se décider à arrêter le film en cours de route ou si l'on trouvera des ressources inespérées de courage. Un courage qui m'aura aidé à chroniquer le film dans ces quelques lignes en forme d'exutoire. Un seul conseil finalement : fuyez !








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