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Dans un monde ravagé par un virus, transformant ses victimes en morts-vivants, Alice continue sa lutte à mort avec Umbrella Corporation. Elle poursuit son voyage à la recherche de survivants et d'un lieu sûr où les mener. Cette quête les mènent à Los Angeles mais ils constatent très vite que la ville est infestée par des milliers de morts-vivants. Alice et ses compagnons (dont un vieil ami inattendu) sont sur le point de tomber dans un piège d'Umbrella...



Il est toujours assez périlleux de s'attaquer à un film adapté d'une saga vidéoludique, et ceci est également vrai pour les films adaptés d'oeuvres littéraires, surtout lorsqu'on est un immense fan de ces jeux. L'exercice a ceci de compliqué qu'il faut tenter de mettre de côté ce qu'on aurait aimé voir, et donc de laisser une chance à ce qu'en ont fait d'autres personnes, tout en gardant en tête que le film, profitant largement de la réputation du matériau de base, peut difficilement prétendre à ne pas être jugé en fonction de ce dernier. Aussi, faire une chronique du nouveau film de la saga "Resident Evil", alors que je suis un fan de la première heure de la saga de jeux vidéo, s'annonçait difficile. Soyons franc, je n'ai pas du tout aimé les trois premiers films, qui s'étaient attirés les foudres d'une grande partie des joueurs. Si le film de Paul W.S. Anderson restait un film d'action assez honnête, bien qu'handicapé par un casting monolithique, il oubliait le principal : l'horreur. Un constat que ne feront que renforcer "resident evil : Apocalypse" et "resident evil Extinction". Car si les jeux se sont rapidement tournés vers l'action plutôt que l'ambiance (dès le second volet à vrai dire), ils ne se sont jamais séparés d'un côté horrifique et souvent gore. Evidemment, à côté des resident evil 4 et resident evil 5 qui basculaient dans une action de tous les instants, dynamitant un gameplay qui tournait un peu en rond (cf le moyen resident evil 0 qui récitait paresseusement ses gammes), la trilogie cinématographique semblait même presque calme.

Au fil des épisodes sur grand écran, j'ai cependant fini par ne plus attendre grand chose de films qui n'avaient de commun avec les jeux que le nom de la franchise, celui de différents intervenants ou références et quelques clins d'oeil disséminés ça et là. Ce qui explique peut-être que je n'ai pas trouvé "resident evil Extinction" aussi mauvais que les deux autres. En tout cas, c'est sans rien en attendre que j'allais voir ce "resident evil Afterlife", marquant le retour de Paul W.S. Anderson ("Event Horizon") derrière la caméra, après avoir réalisé le premier opus (et entre temps "Alien vs Predator" et "La Course à la mort") et participé aux scénarii des deux suivants. Quatrième volet de ce qui devait être une trilogie, premier épisode de la saga bénéficiant de la technologie 3D, et s'inspirant selon certains échos des jeux resident evil 5 et resident evil : Code Veronica, que vaut donc ce "resident evil Afterlife" ?

A vrai dire, c'est à peu de choses près la même chose que les précédents : quelques éléments des jeux introduits mollement et sans grande cohérence au milieu d'un gloubi-boulga d'action sans originalité ni surprise, et encore moins d'horreur. Si l'introduction est plutôt réussie, aussi bien visuellement qu'au niveau de l'ambiance, le reste revient vite dans ce qui est l'élément le plus représentatif de la saga au cinéma : l'action, souvent too much et régulièrement grotesque. Bref, le ton est vite donné, et la suite ne changera jamais de direction. Aussi, ne vous étonnez pas de ne pas voir plus de deux zombies pendant toute la première demi-heure, où l'on assiste simplement à l'attaque du complexe japonais d'Umbrella par l'armée d'Alice constituée à la fin de "resident evil Extinction". Le problème, c'est que toute cette action est incroyablement ringarde, alignant des séquences qui étaient déjà dépassées lors du premier film de la saga. Bullet time à outrance, abus de ralentis (on a même tout un combat comme ça !), cascades improbables...Ce resident evil ressemble bien plus à un sous-"Matrix" durant ces passages là qu'à autre chose...Visuellement, le film a donc une bonne dizaine d'années de retard, bien que quelques passages viennent relever le niveau, comme les zombies qui attaquent (enfin !) le toit d'un immeuble. Un retard que ne vient pas combler la bande sonore, reprenant généralement les tonalités métalliques et cette volonté de dépeindre un univers froid et high-tech déjà entendues dans les trois premiers films. De quoi concurrencer les "Saw" dans le genre "saga qui tourne en rond".

Mais Paul W.S. Anderson n'oublie néanmoins pas un point primordial : se foutre encore un peu plus les fans à dos. Si on ne s'habitue jamais vraiment au jeu étrange de Milla Jovovich, il faut bien reconnaître que la saga persiste sur un point crucial : celui de priver les personnages rescapés des jeux de tout charisme. Dès "resident evil Apocalypse", c'était Jill Valentine, incarnée par la jolie mais cruche Sienne Guillory, et Carlos Olivera, interprété par Oded Fehr (encore qu'à mon humble avis, on peut difficilement parler de charisme pour son personnage inintéressant dans resident evil 3 : Nemesis) ; dans "resident evil Extinction", Ali Larter ("Destination Finale" et la série "Heroes") incarnait une Claire Redfield aux antipodes du personnage des jeux, ce qui ne change pas dans cet épisode (où elle incarne une amnésique qui va peu à peu retrouver la mémoire, si ça c'est pas original !) et surtout Jason O'Mara campait un Albert Wesker si ridicule que les jeux ont dû se retourner dans leurs boîtes. Si l'acteur est ici remplacé par Shaun Roberts, il n'y gagne absolument pas en crédibilité, et ressemble à un méchant de film d'action fauché davantage qu'à l'un des personnages les plus charismatiques de l'univers vidéoludique. D'ailleurs, l'acteur semble calquer sa performance non pas sur son modèle virtuel, mais plutôt sur Hugo Weaving dans "Matrix". Mais surtout, Anderson vient ajouter l'un des héros les plus représentatifs de la saga sur consoles, si ce n'est le plus important : Chris Redfield. Si la présence du personnage éveillait particulièrement mon intérêt, je dois avouer que j'ai pris un sacré coup de froid en apprenant le nom de l'acteur : Wentworth Miller, le héros de la série "Prison Break". Et c'est sans aucune surprise qu'on assiste à rien de moins qu'un meurtre, Chris Redfield devenant ici un guignol au charisme équivalent à celui d'une courgette trop cuite...A côté d'Alice, Chris et Claire Redfield, on trouve les sidekicks classiques, entre le black cool (Boris Kodjoe, déjà vu dans "Starship Troopers 3 : Marauder), la fille sexy ou le traitre en puissance (Kim Coates, abonné aux séries télévisées après être notamment apparu dans "The Amityville Curse" ou "Silent Hill").

"Resident Evil" oblige, le film apporte de nouveaux éléments des jeux vidéos pour les introduire violemment sur grand écran. En plus de certains personnages, on note ici une volonté de reprendre des éléments principalement issus de resident evil 5 : on retrouve ainsi l'exécuteur Majini, qui faisait office de premier "boss" dans le jeu, et qui est ici le principal protagoniste d'un affrontement ringard au ralenti, et le comportement de Wesker est directement inspiré de son homologue dans le jeu. On trouve également des créatures semblables à celles infectées par le virus Uroboros des jeux (l'explication est différente dans le film, toujours bloqué au Virus-T), le tout servi avec des effets numériques souvent loupés...ce que la 3D renforce. Si l'impression de relief est constante, son effet le plus remarquable sera de renforcer le côté grotesque des scènes d'action et des effets spéciaux, dans une sorte de maelstrom soit trop flou, soit trop net. Surtout que bien souvent, les effets 3D accompagnent les effets bullet time dans des passages qui m'ont souvent fait sourire...

Film d'action hyper basique, "resident evil Afterlife" conserve les éléments qui ont fait, à mon désespoir, le succès des films : action non-stop, absence de violence, mise en scène ringarde et acteurs en roue libre. Et ça ne semble pas devoir s'arrêter en si bon chemin si on en croit le box office américain qui donne une nouvelle fois raison à Paul W.S. Anderson, qui a d'ailleurs pris soin de laisser l'histoire en suspend afin de laisser le champ libre à une inévitable suite. Espérons juste que d'ici-là, ils auront joué aux jeux...