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Ed et Hannah, un couple de jeunes anglais, doivent rejoindre leurs amis Jack, Jill, Lorrie et Matt à la ferme de Blackstock, un gîte à la campagne. Après quelques errements et erreurs d'itinéraire, ils les y retrouvent. Toutefois à leur arrivée, personne n'est là pour les accueillir. Seuls sont disposés sur les tables de nombreux mets et victuailles dont des tourtes magnifiques, du moins en apparence… Ce n'est que le lendemain qu'ils font la connaissance de madame Obadiah, la propriétaire/cuisinière de la maison de campagne. Cette dernière semble être l'unique habitante du cru, mais bientôt, les jeunes gens se rendent bien compte qu'ils ne sont pas les seuls au sein de ce vaste cottage britannique…



S'il y a bien une chose que je déteste par-dessus tout, c'est d'avoir la sensation de perdre mon temps. C'est ce qu'il vient de m'arriver une fois de plus avec ce slasher britannique fauché et insipide. Pourtant, j'avais juré qu'on ne m'y reprendrait plus. Alors pourquoi ai-je commis l'incroyable bévue d'avoir perdu 1h20 de mon existence une énième fois ? Tout simplement parce qu'à Horreur.com on a le sens du sacrifice pardi ! On ne chronique pas que des chefs-d'œuvre, loin de là ! Alors trois, peut-être quatre fois par an, on prend notre courage à deux mains, notre écarteur de paupières à la "Orange mécanique", on désactive la touche avance-rapide de notre télécommande car ce serait trop tentant et, c'est muni d'une thermos de café bien corsé que l'on commence le visionnage de ce que l'on appelle chez nous une "grosse purge".

Alors la "grosse purge" c'est quoi ? me direz-vous, vous les avides de connaissances cinéphiliques. Eh bien c'est d'abord un film rempli de clichés. Et de ce côté, Gnaw n'est nullement avare, bien au contraire. On commence par le script pas original pour deux sous : six amis vont à la campagne, dans un cottage (précisément et réellement dans le Sussex oriental au manoir des Tudors appelé "Peaks Manor") pour un week-end qu'on présume de sexe, d'alcool et autres activités oisives et se retrouvent confrontés à un psychopathe arborant un masque fait de peau de bête qui va les décimer un à un. Ensuite, ça passe par les sempiternels stéréotypes inhérents à ce genre de production concernant les personnages aussi creux et interchangeables qu'ils sont remplaçables à l'envi. On a pêle-mêle : le geek de service peureux, asthmatique de surcroît, la fille pseudo gothique qui n'a pas confiance en elle mais qui en fait est hyper courageuse, le couple qui ne pense qu'à forniquer et qui ne tardera pas à périr très vite, la grande gueule abjecte qu'on a envie de voir mourir rapidement et côté méchant, un croquemitaine muet à la forte respiration manquant totalement de personnalité, avec sur le visage, une peau de mouton du plus bel effet. Mais comment fait-il pour voir avec et surtout comment fait-il pour ne pas remarquer qu'il a l'air ridicule avec ça sur la tronche !? Quant à madame Obadiah, la vielle cuisinière, il faut vraiment avoir cinq ans d'âge mental ou bien habiter dans une grotte et ne jamais avoir vu ce type de film pour ne pas deviner quel rôle elle a ici et qui elle est vraiment…

Ce qui fait également le sel de la "grosse purge", ce sont les poncifs relatifs aux éléments de l'intrigue. Ainsi, parmi les scènes éculées (eh non ce n'est pas une insulte !), il y a notamment celles où l'on s'efforce de faire plein de bruit (ou on fait exprès d'en faire c'est pas possible autrement !) quand on ne doit surtout pas en faire, celle où l'on a dix mille occasions d'achever le tueur qui met du temps à trépasser car comme tous les autres tueurs, il est très résistant et on le laisse se relever afin de prendre la fuite, celles où l'on utilise la voiture qui ne démarre jamais quand on en a besoin, tout comme le téléphone portable n'a jamais de réseau quand il le faut, ah la technologie, ma bonne dame, ce n'est plus ce que c'était ! Je vous passe le coup du personnage qui cachait son jeu depuis le début et le twist final qu'on voit arriver une demi-heure avant, afin de ne pas vous achever tout de suite.

Côté score, ce n'est pas mieux puisque l'on a alternativement une affreuse berceuse et un mystérieux "la-la-la" sorti de nulle part. Ajoutons à cela une musique maladroite lors des scènes de sexe et vous aurez une idée du niveau de la bande-son.

Si on parlait des acteurs maintenant ? Vous ai-je dit qu'ils n'étaient pas terribles ? Non ? Bon ben je vous l'affirme bien haut, ils ne sont pas géniaux, mais pas si catastrophiques que ça dans la mesure où ce n'est pas non plus une pièce de Shakespeare dans laquelle ils jouent ! Ils font plutôt penser à des amateurs et compte tenu de leur Curriculum vitae, on pourrait le présumer. Pensez donc, Hiram Bleetman, incarnant Ed, un des deux jeunes ne pensant qu'au coït est le seul à avoir déjà œuvré dans le film de genre, avec "The zombie diaries" (déjà un chef-d'œuvre, nan je déconne !) et surtout, la vieille peau qui interprète madame Obadiah, n'a fait que deux films avant celui-ci ! C'est dire la carte de visite impressionnante des membres de la distribution ! Un véritable vivier pour l'Actor's Studio ! LOL

Pour ce qui est du gore, pas grand chose non plus à se mettre sous la dent. C'est un peu léthargique de ce côté-ci aussi. Pas mal de hors-champ et de suggestion à l'horizon avec juste des viscères exposées çà et là sans plans de plein front. Pas flamboyant. A sauver peut-être : la séquence de l'arrachage de langue et encore, ce n'est pas très original, on a largement vu mieux dans le genre, mais bon "faute de grives, on mange des merles" comme le dit l'adage ! En clair : il vaut mieux se contenter de ce que l'on a sous la main (en l'occurrence ici ce sont les yeux) quand on ne peut pas faire autrement !

Gregory Mandry, le réalisateur aurait ainsi dû rester là où il était, c'est-à-dire à la direction du théâtre Lost Youth en Angleterre au lieu de se lancer dans la grande aventure cinématographique en s'immisçant d'emblée dans le genre slasher. Car même si ses influences sont bonnes ("Massacre à la tronçonneuse" pour ce qui est des cousins outre-Atlantique et "Sweeney Todd pour les spécialités locales, notamment en ce qui concerne les tourtes…), il n'a pas encore les épaules assez larges pour réaliser un bon film. Ce n'est pas mal filmé, certes, et ce petit anglais a un certain savoir-faire, mais si l'on prend en compte tout ce qui a déjà été dit à la décharge de ce métrage et que l'on y ajoute un manque criant d'originalité voire la fadeur concernant l'humour noir utilisé (ce qui est un comble si l'on pense à l'humour so british caractérisant les films en provenance de la sérénissime mais ô combien perfide Albion !), tout comme les tentatives ratées de faire de la dramaturgie, on a un énième direct-to-video insignifiant qui finira dans un vide-grenier ou au pire calera votre dernière bibliothèque Ikea !

Au final, Gnaw, que l'on ne doit pas confondre avec "Gnaw, food of the gods 2" (suite plus ou moins officielle de "Soudain les monstres" et connu chez nous sous le charmant titre "La malédiction des rats") de 1989 et encore moins avec "Gnaw - A glimpse at the zombie apocalypse" sorti également en 2008, devrait plutôt être retitré "gnangnan" tellement on s'ennuie ferme pendant son visionnage. Pour votre culture, sachez que "gnaw" chez nos amis amateurs de thé signifie : "ronger" au sens propre et figuré ou bien "mordre" ou encore "mâcher". Vous vous coucherez moins idiot ce soir en sachant cela, n'est-ce pas ? En tout cas, vous saurez qu'il faut éviter ce film à tout prix car il ne vaut même pas votre considération, tellement c'est indigent. Préférez-lui par exemple "Cold prey" et "Dead snow" qui, même s'ils viennent de Norvège, contrée a priori, loin d'être le pays des films de genre mais qui commence à gagner ses galons, valent beaucoup mieux que ce navet pour développer votre culture "slasheresque" (ah néologisme, quand tu nous tiens !). Et surtout vous n'aurez pas comme moi envie de dire : "Gregory, rends-moi mes 1h20 petit enc… ; sinon je te noie une deuxième fois !".

Le film est également sorti en DVD et Blu-Ray sous le titre "Cannibal kitchen".






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