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Il arrive parfois dans la courbe "tromatique", que d'étranges métrages se perdent parmi les délirium indépendants acquis à la pelle par l'éditeur/producteur New Yorkais. Dark Nature a d'autant plus attiré ma curiosité qu'il s'agit du premier Blu Ray Troma d'un film non produit par le papa du Toxic Avenger. Jane a prévu de rendre visite à sa mère. Un petit séjour à la campagne avec ses deux enfants et son nouveau copain devrait permettre de resserrer (créer ?) des liens familiaux. Mais sa fille aînée traverse l'âge ingrat, et n'est pas prête à coopérer avec sa mère et son beau père. C'est donc dans une ambiance festive façon bal des croque-morts qu'ils arrivent au cottage de la mère. Là, ils retrouvent Magda et son petit copain à qui ils avaient donné rendez-vous. Mais pas de trace de mamie. Par contre, un entomologiste naturopathe taré zone dans les parages. Est-ce lui qui a flingué mamie ? Ou est-ce le gardien du cottage un peu fruste ? A moins que ce ne soit "l'insectopathe". Hé non ! C'est papi qui a déboité mémé. Et d'un grand coup de machine à écrire sur le coin de la tête. Mais ça Jane et les autres ne le savent pas. Pas plus qu'ils ne savent que papi s'est lui même fait dessouder par un tueur mystérieux. En revanche tout cela, le spectateur le sait, puisqu'il a vu la scène d'introduction. Commence alors une petite partie de "où t'es mamie ?"



Dès les premières minutes, Dark Nature apparaît comme un métrage à part. L'introduction établit très rapidement une atmosphère très lourde, pour la désamorcer tout aussitôt par des meurtres violents hors champ et muets. C'est ainsi que mamie se fait fracasser le bocal par papi à coup de machine à écrire, mais que au moment ou la machine frappe le crâne de ladite mamie, le plan passe en plan large extérieur. Au loin, par une fenêtre de la maison, on peu voir papi abattre la machine, et faire tomber une lampe. Le tout en silence. Ce qui a pour conséquence première de rendre le meurtre totalement indolore.

En revanche le réalisateur n'hésite pas à s'appesantir sur des éléments de détails pour ensuite les abandonner. Le tout sous couvert d'expérimentalisme. Alors c'est très bien de vouloir donner quelque chose de différent au public, mais si c'est pour se regarder les godasses, c'est quand même dommage. Car c'est bien là le plus grand défaut du film : son égoïsme. Le réalisateur nous promène à droite puis à gauche (et le terme "promener" n'est pas une vue de l'esprit, vu la quantité de kilomètres à pied que semblent parcourir les protagonistes) sous prétexte que ça n'a jamais été fait et que chacun fera son choix là dedans.

Le réalisateur définit son film comme un film d'auteur / éco-thriller... Le problème d'étiquetage, n'est en soit qu'un faux problème. Ça n'intéresse que les maniaques de la classification, les obsédés du rangement, les drogués du partitionnement. Les autres, les saints d'esprit, seront troublés quelques instants, puis se laisseront emporter par le rythme du film. Le problème étant qu'ici, de rythme il n'y a point. Le tueur est dévoilé au bout de 50 minutes, et les protagonistes passent leur temps à se promener en forêt ou en bord de mer sur fond de musique crispante.

Dans les faits, Dark Nature propose un contenu essentiellement basé sur un schéma "film d'auteur". La photo est crue, les protagonistes affublés de douleurs profondes qui font mal à l'âme, le tout soutenu par de long plans vides. Certes, j'exagère, mais à peine. Car après vision, il est fort difficile de résumer le film tant il brille par son absence de développement. Ce qui n'empêche aucunement la photo du film d'être très jolie – et pour le coup de complètement justifier le Blu-Ray, malgré quelques plans bruités.

Il est vrai, que, comme le souligne le réalisateur (sic), le film dispose de plusieurs degrés de lecture. Ainsi les spectateurs appréciant la capilodivision en format quadriforme pourront apprécier le discours sur la destruction de son habitat naturel par l'homme. Un discours d'autant plus actuel qu'une certaine compagnie a récemment caramélisé une grande partie des côtes américaines. Ainsi, l'un des personnages considère l'espèce humaine comme un cancer dont souffrirait mère nature. Ça ne vous rappellerait pas un film ?

Ainsi, le réalisateur aimerait prêter à son film le discours de ses protagonistes, mais ce n'est pas aussi simple. Ce n'est pas en filmant dans la forêt et trois bocaux d'insectes que l'on fait un éco-thriller. La première chose qui frappera le spectateur est l'artificielle complexité du script. Tout est évident, et ne provoque aucune surprise. Car si le tueur est dévoilé au bout de 50 minutes, le spectateur aguerri aura deviné son identité au bout de 15 minutes de film.

Étrange donc de constater que les références du réalisateur pour Dark Nature sont des films comme "Deliverance", "Long Week end" ou encore "Les Révoltés de l'An 2000". Car à ses inspirations il n'emprunte ni le côté agressif et irrévérencieux, ni l'action soutenue et poisseuse. Ici, le spectateur se retrouve plus face à un métrage qu'un David Fincher pété à la camomille et overdosé au Ken Loach aurait décidé de faire après avoir vu deux slashers et un giallo.

Rassurez-vous, tout n'est pas noir. Comme je l'ai dit, la photographie du métrage est tout à fait belle.
Mais pas seulement.
En effet Dark Nature propose un trio de MILF [1] du plus bel effet. Il est vrai que ce n'est pas véritablement un élément clé du film. Cependant, c'est un plus non négligeable. Pour ne rien gâcher, ni elles, ni le reste du cast ne se montre limité dans son jeu. L'interprétation des comédiens est plus que bonne, et ça fait plaisir.

Finalement, une ultime question se pose. Pourquoi Troma ? La réponse est simple : Troma récupère de temps en temps des métrages inclassables pour les éditer. Parce qu'ils sont inclassables et que personne d'autre n'en veut, ils peuvent donc se permettre d'éditer des films très différents (voir "Beg") et aux qualités contrastant avec les autres acquisitions de la firme "tromatique". Nul doute que Dark Nature plaira à certain, pour les mêmes raisons qu'il m'a déplu !

[1]MILF : Mother I'd Like to Fuck, littéralement "Maman que j'aimerai niquer". Ce terme est utilisé dans le porno pour désigner une catégorie de métrages mettant en scène des femmes d'âges moyens à la superbe plastique. En clair, c'est bien ce que ça veut dire !






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