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A la Saint Valentin, les jeunes filles japonaises offrent des chocolats au garçon dont elles sont sous le charme. Keiko a jeté son dévolu sur le beau Jyugon. Mais ce dernier reçoit un chocolat de Monami, une nouvelle élève, qui ne le laisse pas insensible. Cette dernière cache un terrible secret : c'est un vampire. Découvrant qu'elle a une rivale, Keiko n'hésite pas à aller se battre contre Monami mais elle fait une grave chute durant la querelle et meurt. Coup de bol, son père est un savant fou qui va redonner la vie à sa fille. La "Frankenstein Girl" va alors se livrer à un combat sans merci contre la "Vampire Girl", le pauvre Jyugon se trouvant malgré lui au beau milieu de cette bataille entre monstres…



Le cinéma "gore", inventé en 1963 par Herschell Gordon Lewis et son "Blood Feast", a connu son apogée en 1992 avec le culte "Braindead" de Peter Jackson. Il fallait ensuite se tourner vers les sorties VHS puis DVD pour pouvoir s'abreuver de films où les hectolitres de sang étaient présents, et notamment vers les films allemands, ceux d'Olaf Ittenbach par exemple ("The Burning Moon", "Premutos", "Legion of the Dead"), qui jouaient dans la cour du film ultra gore, malsain et dérangeant. On citera également des titres comme "Das Komabrutale Duell", "Anthropophagous 2000", "Infantry of Doom" ou bien encore "Barricade". Le Japon s'est également engouffré dans cette vague gore. Dans les années 80, le pays du soleil levant nous avait déjà servi la saga des "Guinea Pig" dont certains épisodes versaient dans le Grand-Guignol total ("Guinea pig 4 : mermaid in a manhole" par exemple). Par la suite, on a vu débarquer bon nombre de films grand-guignolesques, où l'humour se mariait particulièrement bien avec l'aspect gore, comme dans "Stacy", "Wild Zero", "Junk" ou autre "Ichi the Killer". Le gore japonais se montrait en effet bien plus fun que le gore allemand, et dans ce sens, renvoyait aux titres cultes du genre, à savoir les "Bad Taste", "Toxic Avenger" ou autre "Re-animator". Les années 2000 virent d'ailleurs apparaître une nouvelle vague de cinéma gore japonais, qui ne reculait devant aucun délire et s'autorisait quasiment toutes les extravagances possibles. Du cinéma déjanté, ultra fun, dynamité par une imagination débordante, qui fera la joie des aficionados aimant la barbaque et la tripaille. Parmi les meilleurs titres, impossible de ne pas citer "The Machine Girl", "Samouraï Princess", "Meatball Machine", "Robo-geisha" et le déjà culte "Tokyo Gore Police". Le réalisateur de ce dernier titre, à savoir Yoshihiro Nishimura, qui est aussi le grand spécialiste des effets spéciaux gore, a décidé de remettre le couvert en 2009 et a réalisé ce Vampire Girl Vs Frankenstein Girl, assisté par Naoyuki Tomomatsu, le réalisateur de "Stacy" justement ! Rien que le titre du film laisse rêveur. Y'a pas à dire, ils sont vraiment fous ces Japonais !



Vampire Girl versus Frankenstein Girl situe son action dans un drôle de lycée, où tous les élèves semblent bien atteints du ciboulot. De nombreux clans évoluent au sein de l'établissement et on trouve, par exemple, le gang des tailleuses de veines (qui s'entraînent à se lacérer les bras à coup de cutter pour participer au grand tournoi du coupage de veines !!!!) ou bien le gang des Ganguro (des japonaises idolâtrant la culture africaine, qui se maquillent en Black et ne vivent que pour appartenir au peuple le plus cool de la Terre !!!).

Les professeurs ne sont pas en reste, tel celui qui prend un malin plaisir à confisquer toutes les boites de chocolats à ses élèves, à les espionner la nuit et qui n'hésite pas à dire à Keiko qu'elle devrait se prostituer ! N'oublions pas le sous-proviseur, père de Keiko, et qui cache derrière son apparente respectabilité sa véritable nature, celle d'un savant fou voulant dépasser le docteur Frankenstein, n'hésitant pas à faire enlever des élèves pour les démembrer, les recoudre et essayer de leur redonner la vie ! Pour l'aider à mener à bien ses basses besognes, on trouve l'infirmière de l'école, Melle Midori, bombe sexuelle en puissance et serial killer à ses heures perdues.

Pour finir le tableau, le gardien de l'école, un bossu, semble avoir un rôle à jouer dans l'histoire mais lequel ? Réponse vers la fin du film. Bref, un monde fou, fou, fou, bien trash, qui nous procurera bien du plaisir devant notre écran, les deux réalisateurs s'en donnant à cœur joie dans la surenchère et le refus de s'imposer des limites. Du Tex Avery live en somme !



C'est dans ce monde loufoque que va évoluer Jyugon, un jeune garçon pris en sandwich par les deux plus jolies filles du lycée. D'un côté, on a Keiko, qui s'habille de manière assez surprenante, petite fille à son papa un brin délurée. De l'autre, Monami, nouvelle élève au sourire charmeur, qui s'avèrera être un vampire millénaire. Notre jeune fille aux longues dents peut se promener dehors en plein jour mais trop de soleil l'affaiblit, elle passe donc le plus clair de son temps à l'infirmerie de l'école. Ce trio amoureux va donc être au centre du scénario et les situations les plus folles attendent nos trois adolescents. Le film tire vers la comédie sentimentale mais se joue des premiers émois, du désir naissant, de la naïveté du premier rendez-vous de façon hilarante et bien amenée. Les acteurs sont très bien choisis et donnent une dimension humaine à l'histoire, et plus particulièrement l'actrice Yukie Kawamura, qui, malgré sa nature vampirique, s'avère touchante et sensible dans certaines séquences romantiques, tout en se révélant sans aucune pitié lorsque la soif de sang se fait ressentir. Un casting solide donc, qui va vite se faire malmener par tous ces personnages pittoresques.

Dans cette ambiance juvénile romantique, le surnaturel et le gore vont donc faire son entrée. Les séquences délirantes et ultra sanglantes vont s'enchaîner de manière intensive, s'autorisant tous les excès. Epluchage d'un visage à partir d'un bout de peau, arrachage de la peau d'un visage par un crane encore vivant, démembrements de toutes les parties du corps, expériences scientifiques sur les pauvres étudiants rappelant la folie créatrice du docteur Herbert West dans "La fiancée de ré animator", et j'en passe, le tout dans des gerbes de sang qui n'en finissent pas de jaillir des artères perforées, inondant tout sur leur passage, même l'écran de la caméra ! Du gore cartoonesque comme seuls les Japonais savent le faire ! Rien n'est pris au sérieux ici, on voit même les trucages parfois, mais on s'en fout royalement tant le spectacle est décérébré, dynamique, bordélique et donc totalement jubilatoire !



Le film se conclura par le combat de titans tant attendu, le duel des monstres, le clash entre la Vampire Girl et la Frankenstein Girl. Keiko, ayant fait une chute mortelle, a en effet pu bénéficier du talent de son drôle de papa savant fou, qui a su mettre à profit la nature exceptionnelle du sang de Monami pour parvenir enfin à ses fins et à pouvoir redonner la vie à un être décédé et reconstruit par lui-même. La nouvelle Keiko est une vraie créature de Frankenstein, possédant les bras de la gagnante du tournoi de coupage de veines et les jambes d'acier de la reine du sprint chez les Ganguro. Recousue de partout, Keiko n'en reste pas moins très sexy et possède une force décuplée, ainsi que la possibilité de jouer avec ses membres. Elle peut, par exemple, se planter un bras sur la tête et le faire tourner telle une hélice d'hélicoptère pour se mettre à voler dans le ciel ! Du délire total, je vous le disais !

Vampire Girl vs Frankenstein Girl possède aussi parmi ses points positifs une durée normale (1h26 environ), ce qui fait qu'on n'a pas le temps de s'y ennuyer. Au final, le film se révèle être une petite bombe made in Japan, divertissante, drôle, dynamique et terriblement gore, qui comblera d'aise les fans du "Braindead" de Peter Jackson. Super sympa à regarder entre potes ! Ca fait du bien par où ça passe et ça vous redonne la banane pour la journée !

Disponible en dvd et Bluray chez Elephant Films :






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