RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4.2
(6 votes)
Suite à l'explosion d'un petit bar miteux au fin fond du Texas envahi par des monstres hideux et cannibales, le barman de l'établissement et une belle blonde trouvent refuge dans une petite bourgade située non loin de là. Mais les créatures humanoïdes et carnassières ont déjà pris possession des lieux et dévorent quiconque se trouve sur leur passage. Nos deux survivants vont alors devoir faire équipe avec une bande de bikeuses, deux nains catcheurs et un directeur d'entreprise pour lutter contre ces monstres particulièrement voraces.



Après son bon petit direct-to-dvd "feast", John Gulager et son équipe de choc décident de se relancer dans l'aventure et nous concoctent une suite directe à ce premier essai qui s'était montré très divertissant.
Toujours dans cet univers très grindhouse où se mêlent humour, trash, gore et grand n'importe quoi, cette suite intitulée "feast 2 : sloppy seconds" se démarque totalement de son prédécesseur et vire intégralement dans le déjanté et le craspec. Un épisode que beaucoup pourraient assimiler à la suite de "cabin fever", même si ce dernier demeure nettement inférieur au film de John Gulager qui, ici, n'a pas lésiné sur les scènes sanglantes et trashs ainsi que sur le grand n'importe quoi de certaines situations, renforçant ce côté hilarant et jubilatoire que l'on retrouvait déjà à de nombreuses reprises dans le premier opus sorti trois ans plus tôt.

Bref, trêve de bavardages et lançons-nous immédiatement dans une petite analyse de ce fameux "feast 2" qui, malgré ses nombreuses qualités, réussira toutefois à diviser son public (bien plus que ce que ne l'avait déjà fait le premier volet).



Comme dit ci-avant, "feast 2" est la suite directe du premier opus (on y retrouve d'ailleurs le père du réalisateur, Clu Gulager, dans le rôle du barman mais également la belle blonde Jenny Wade). Le film commence alors par quelques flashbacks remontrant le bar exploser, la voiture de nos deux héros s'enfoncer dans le désert… Une première partie qui présente de nombreuses longueurs et peine à lancer le film. Alors que "feast" démarrait sur les chapeaux de roues avec ses présentations des personnages originales et rythmées mais également avec la mort surprise et directe de celui que l'on pensait être le héros du film, ce deuxième opus commence assez maladroitement et déçoit dans sa première partie. Tout ce qui faisait le charme et l'originalité du premier volet semble oublié (les présentations des personnages sont ici des flashbacks sur leurs vies, lents et chiants par moments, les dialogues sont sans grand intérêt et virent rapidement aux échanges de grossièretés gratuites…) mais heureusement, passées quelques dizaines de minutes, le film montre enfin ce qu'il a dans le ventre…

En effet, passées les 20-30 premières minutes du film qui présentent au final assez peu d'intérêt, "feast 2" nous plonge dans un summum de mauvais goût, de second degré, d'excentricité et de trash/gore, rapprochant volontiers le film de John Gulager d'un "plaga zombie zona mutante" ou encore d'un "toxic avenger 4 : citizen toxie", rien que ça!

Car notre équipe de choc a mis le paquet en termes de loufoquerie et de grand n'importe quoi dans cette suite! Gags débiles, situations grotesques, dialogues puériles et grossiers en veux-tu en voilà, "feast 2" est un véritable défouloir, un défilé de singeries et de scènes craspecs.

Je dis bien "craspec" car le trash et le gore sont deux ingrédients fondamentaux dans cet opus. Il suffit de s'arrêter brièvement sur la scène centrale du film présentant une dissection de l'un des monstres pour voir là un défilé de passages bien dégueulasses et puériles. Alors que nos amis ouvrent le corps de la créature, des geysers de sang, de vomi puis de sperme repeignent la pièce et éclaboussent dans la joie et la bonne humeur nos malheureux apprentis-chirurgiens! Sans oublier les gaz que dégage le cadavre de la bestiole au grand damne de nos amis… Une scène qui a elle toute seule annonce la couleur de la deuxième partie du film : gores, crades et poisseuses, les scènes qui suivront cette autopsie satisferont de nombreux fans de barbaques et tripailles mais également de trash bien barré! Certes, certains effets paraissent très perfectibles (notamment les viscères assez caoutchouteux) mais n'oublions pas que cette petite série B n'est pas doté d'un budget conséquent, ce qui renforce par ailleurs ce côté parfois très kitch fortement appréciable!



Outre le côté "graphique" du film, c'est également du côté du scénario qu'il faut se tourner pour comprendre que ce deuxième volet a plus d'un tour dans son sac. Alors que le premier opus était bâti sur un scénario simple (mais efficace!), celui de "feast 2" est plus fouillé.

Tout d'abord, la première chose qui frappe est que nous n'avons plus affaire à un simple huit-clos : nos rescapés sont lâchés dans les rues d'une petite bourgade infestée de créatures et vont aller de bâtiments en bâtiments afin de trouver le refuge adéquat. Une mise en situation qui permettra alors à nos petits groupes de rapidement se rencontrer et de s'allier contre l'ennemi.

Par ailleurs, les scénaristes s'en sont donnés à cœur joie et ça se voit : "feast 2" est l'exemple même de l'anti-humanité. N'hésitant pas à bafouer les valeurs morales américaines à tout moment et à faire l'apologie de l'antihéros, nos deux scénaristes nous confrontent à des personnages dépourvus de toute humanité (malgré ce côté très amical que dégagent certains) qui vont aller jusqu'à sacrifier l'un des leurs pour appâter les créatures ou encore tester une "catapulte de survie" en envoyant mémé valdinguer dans les airs! Que du bonheur!

Mais l'immoral atteint surtout son summum dans une scène où l'un des personnages principaux réussit à sauver un petit enfant des griffes des créatures avant de le jeter en l'air, le voir s'écraser la tête la première sur le sol puis se faire dévorer par une des bestioles affamées qui les coursait. Une scène choc et certainement la plus osée du film!

Ajoutez à cela quelques scènes bien barjes telles qu'un combat de nains catcheurs ou encore la confection d'une catapulte avec comme élastiques des soutifs et autres habits (histoire de dénuder par la même occasion quelques bikeuses…) et en guise de moteur une moto, et vous obtenez là un cocktail de grand n'importe quoi, de singeries en tout genre et de mauvais goût affirmé.



Mais n'oublions pas les personnages dans tout cela car ce sont quand-même eux qui font le show! Là aussi nous ne sommes pas en reste : alors que ceux-ci ne payaient pas de mine et frisaient même le ridicule dans la première partie du film, certains d'entre eux arrivent rapidement à se distinguer des autres de par leur loufoquerie. C'est le cas notamment de Lightning et Thunderbolt, deux nains catcheurs (clin d'œil à "zombie king and the legion of doom"?) et serruriers de métier qui n'hésitent pas à en venir aux poings si on les agace. On n'oublie pas également le gang des bikeuses armées jusqu'aux dents (rappelant fortement la punkette dans "le retour des morts-vivants"), ou encore le black capitaliste chef d'entreprise qui fera tout pour buter l'amant de sa femme!

Il est cependant assez dommage que l'on mette autant de temps à s'attacher aux personnages… Il faut en effet attendre les vingt dernières minutes pour commencer à en apprécier réellement certains (malgré que tous soient de véritables salauds au final : on n'en voudrait aucun pour ami au vu des crasses, des grossièretés et des piques qu'ils se lancent).

Reste toutefois intéressante la façon dont les scénaristes ont tissé des liens entre chaque groupe de personnages pour au final les faire se rencontrer et les faire s'entraider (contre leur gré bien souvent). Chacun est en effet animé par un sentiment fort (vengeance, trahison, haine, passion…) qui le pousse à aller dans une direction et non dans une autre, quitte à ce que cette volonté lui fasse faire des choses immorales. Des liens entre les personnages bien plus étroits et travaillés que dans "feast" premier du nom.

Pour ce qui est des monstres par contre, quelques regrets subsistent… Malgré que ceux-ci soient enfin mis dans la lumière (quoiqu'ils sont encore parfois bien flous, peut-être pour camoufler les quelques imperfections du design des créatures…), on regrettera que ceux-ci soient moins loufoques que dans le premier volet (ils baisaient sur le capot d'une voiture, se coinçaient le pénis dans les portes…) et soient au final des monstres tout ce qu'il y a de plus carnassiers et méchants… Reste toutefois la scène de la dissection et ses geysers de fluides en tout genre pour redonner ce petit côté dégueulasse de nos monstres que l'on aimait tant dans le premier volet de la saga.

Enfin, avant de finir, signalons un détail qui fait bien plaisir : exit les caméras parkinsoniennes qui floutaient chaque attaque et empêchaient de profiter du spectacle et du festin sanguinolent de nos affreuses créatures! Un bon point donc car c'était peut-être sur cet aspect que prêchait majoritairement le premier opus…

Alors certes, "feast 2" n'est pas exempt de défauts (première partie maladroite et ennuyeuse, monstres moins attrayants et amusants, personnages peu attachants…) et se démarque totalement de son aîné (plus craspec et loufoque), mais celui-ci réussit pleinement son contrat qui était de faire une suite grand-guignolesque, gore, trash et teinté de mauvais goût propre à l'univers grindhouse. Un film qui réjouira les amateurs de scènes très craspecs car ce dernier en contient à la pelle!








Du même réalisateur :

FEAST
PIRANHA 2 - 3D
FEAST 3