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Suite à un accident d'avion transportant une arme bactériologique, les eaux d'une petite bourgade située au cœur du Middle-West se retrouvent contaminées. Très rapidement, le virus se transmet aux habitants, rendant ceux-ci totalement fous, violents et sanguinaires. Ayant compris d'où provenait ce syndrome de folie furieuse contracté par les habitants de sa commune, le shérif David Dutton va essayer coûte que coûte de sauver les personnes non infectées en les écartant de l'eau incriminée mais également des personnes contaminées par le virus, devenues de véritables machines à tuer. Mais ceci est sans compter l'intervention de l'Armée qui va mettre la ville en quarantaine, n'hésitant pas à exécuter toutes personnes tentant de s'enfuir, par "simple précaution", afin que le virus ne se propage pas au-delà des limites de la ville… Rapidement, les groupes se forment : les habitants inquiets et paniqués qui sont parqués comme des bêtes dans des espaces grillagés, quelques survivants tentant de fuir et sauver les quelques personnes qui peuvent encore l'être, les contaminés qui n'hésitent pas à massacrer tout ce qui a le malheur de se trouver à leurs portées, et enfin l'Armée qui, perdue au milieu de tout ce monde, tire des rafales de balles sur tout ce qui bouge et sillonne les environs à la recherche de contaminés.



"Et un remake de plus! Un!" s'écriait-on lors de l'annonce d'une nouvelle version de l'œuvre de George A. Romero de 1973 intitulée "the crazies" ou plus couramment chez nous "la nuit des fous vivants".
Le genre d'annonce qui fait toujours peur de nos jours malgré que cette volonté de faire des remakes soit devenue monnaie courante depuis quelques années maintenant… En effet, il suffit de voir ce qui a été fait entre autres (et la liste est longue) sur les remakes de "the omen", "fog" ou encore (et certainement le pire à ce jour) "psychose" pour comprendre cette crainte de beaucoup d'adorateurs (voire même d'amateurs tout simplement) du cinéma de genre vis-à-vis de ces "remises au goût du jour" de certains classiques.

Avant de commencer à parler de ce remake 2010 de "the crazies", revenons rapidement sur la filmographie de George Andrew Romero (qui d'ailleurs est producteur exécutif sur "the crazies" version 2010, soit dit en passant), celui que l'on appelle couramment le papa des morts-vivants au cinéma. Ce réalisateur de génie est surtout connu pour sa fameuse trilogie (qui n'en est d'ailleurs plus une aujourd'hui, malgré des suites fort moins appréciables que n'importe lequel des trois premiers opus) des morts-vivants qui recense l'emblématique "la nuit des morts-vivants" (1968), l'indétrônable "le crépuscule des morts-vivants" (ou plus communément "zombie" ou "dawn of the dead", 1978) et le petit dernier "le jour des morts-vivants" (1985). Des films qui connurent tous des remakes ou pseudos-remakes d'ailleurs! Mais que reste-t-il donc d'intéressant dans la filmographie de George A. Romero? Et bien on peut penser tout d'abord au très bon "Martin" (1977) ou encore au cultissime film à sketches "creepshow" (1982)… mais également à ce fameux "the crazies" (1973) dont il est question ici aujourd'hui!



Sorti quelques temps après la guerre du Vietnam, alors que les américains sont en perte de confiance vis-à-vis de leurs forces armées, "the crazies" vient en rajouter une petite couche avec cet aspect antimilitariste en nous montrant des soldats tueurs, pilleurs et démunis de tout acte réfléchi.
Une œuvre phare dans la filmographie de George A. Romero dans laquelle beaucoup trouvent des liens très étroits avec la fameuse trilogie zombiesque, des similitudes telles que le titre se verra d'ailleurs appelé "la nuit des fous vivants" (en référence bien-entendu au chef-d'œuvre de Romero "la nuit des morts-vivants" tourné cinq ans plus tôt en noir et blanc). Cependant, force est de constater que, contrairement aux trois opus de sa saga zombiesque qui se regardent toujours avec autant d'admiration, "the crazies" a pris quelques rides par-ci par-là et accuse un peu le poids des années (notamment au niveau de son rythme…). Faire un remake pouvait donc s'avérer être une idée intéressante cette fois-ci, le film pouvant avoir en effet besoin d'un petit dépoussiérage (c'est cependant extrêmement rare que je pense cela, la plupart des films remakés à ce jour n'en ayant à mes yeux pas besoin).

Réalisé par un certain Breck Eisner (à qui l'on doit notamment le film "sahara" sorti en 2005 avec Matthew McConaughey et Penélope Cruz), "the crazies (2010)" reprend les mêmes grandes lignes que l'original (rien de plus normal pour un remake me direz-vous) tout en y apportant une certaine fraicheur.

En effet, on peut véritablement parler de "fraicheur" quand on regarde ce remake de 2010. La première chose qui marque d'emblée dans le film de Breck Eisner, c'est le rythme bien plus soutenu que celui de son prédécesseur. Scènes d'action en veux-tu en voilà et attaques de contaminés bien plus brutales que celles vues dans le métrage de 1973, on ne s'ennuie pas une seule seconde devant cette resucée de "la nuit des fous vivants". De même, le suspense joue pour beaucoup également dans la vivacité de "the crazies (2010)" : présentant bien plus de passages inquiétants et frissonnants que l'œuvre originale, ce dernier réussit à tenir en haleine son public du début à la fin.



Malheureusement, si certains points sont améliorés par rapport à la version de 1973, d'autres sont par contre délaissés. Ainsi, afin de conserver un rythme fort soutenu et ainsi d'éviter ce qui pourrait être vu comme des temps morts, les dialogues sont revus à la baisse : on ne s'attarde plus sur les relations entre les chercheurs et les soldats ou encore sur l'origine de ce virus par exemple.
"The crazies (2010)" s'avère donc bien moins fouillé, même si l'aspect antimilitarisme demeure bien présent dans le film de Breck Eisner. Là encore on se demande qui sont les véritables monstres dans le film : les contaminés sanguinaires et violents dépourvus de raison ou bien ces soldats cachés derrière leurs masques à gaz tels des faucheuses qui parquent les gens dans des grands enclos, tirent sur des innocents, séparent des familles et n'hésitent pas à obéir aux ordres sans réfléchir?

De même, on peut reprocher au film de Breck Eisner d'être parfois bien trop prévisible, même si certains effets de surprise font l'effet escompté! Enfin, on dénote quelques passages irréalistes (la facilité qu'a notre shérif à échapper aux soldats / certains contaminés qui semblent avoir toute leur tête ou presque…), ce qui a toujours le don d'en énerver plus d'un et de faire froncer des sourcils…

Pour ce qui est du casting, celui-ci tient bien la route à notre grande surprise et s'avère convaincant. Timothy Olyphant ("une vie moins ordinaire", "scream 2", "60 secondes chrono", "die hard 4", "hitman"…) est très bon dans son rôle de shérif courageux, intrépide et parfait amant, tout comme Radha Mitchell ("pitch black", "silent hill", "solitaire", "Melinda et Melinda", "neverland"…) qui joue une épouse paniquée et déboussolée ou encore Joe Anderson ("les ruines"…) dans le rôle de l'adjoint débrouillard et fidèle à son chef.

Plus de 35 ans séparant les deux films, il semble assez logique de se retrouver en face de contaminés plus terrifiants visuellement parlant. En effet, bien que la folie soit bien montrée dans chacun des deux opus (on comprend parfaitement le titre "la nuit des fous vivants" : ils s'agrippent à tout ce qu'ils voient et font preuve d'une extrême violence), les traits physiques ont par contre été repensés et revus à la hausse (normal au vu des technologies contemporaines…). Ainsi, nos contaminés fous furieux ont des visages transformés : veines bien apparentes, yeux jaunâtres et rougeâtres, regard vide et teint grisâtre, ceux-ci rendent fort bien à l'écran.

Autre point intéressant : nos contaminés sont bien plus présents que dans le film original de George A. Romero (qui avait également pour deuxième but de critiquer la société et l'Armée, et non pas seulement de se focaliser sur les contaminés : en 2010 le but n'est plus vraiment le même, étant en pleine période de films de contamination / action avec en leader "28 jours plus tard"). On retiendra plus particulièrement quelques scènes brutales les mettant en valeur telles que la bagarre dans la salle du médecin légiste, une attaque surprise dans un Lavomatic, une séquence de vengeance de deux contaminés dont le shérif avait tué le père de famille (LA scène du film même si celle-ci demeure en contradiction avec le postulat de départ : en effet, ici les infectés semblent avoir quasi toute leur tête et agissent de manière réfléchie…), la scène emblématique dans l'hôpital où un contaminé enfourche chaque patient allongé sur son lit (cette séquence sera d'ailleurs reprise pour l'affiche américaine du film) ou encore le final dans une sorte de grand garage où nos héros vont avoir à en découdre avec des infectés très tenaces…



Ajoutez à cela une bande son parfois grinçante, collant parfaitement à l'ambiance, et une jolie photographie (les rues désertées, dégradées, faisant penser à des films tels que "28 jours plus tard", "le livre d'Eli"…) et vous obtenez là un sympathique remake dépoussiérant un "the crazies" qui avait pris quelques rides avec le temps, même si le résultat se laissait encore bien regarder il faut bien l'admettre!

Au final, voilà un remake qui mérite d'être salué (profitez-en c'est assez rare que je dise cela)! Plus oppressant, plus brutal et doté d'un rythme plus soutenu que l'original, "the crazies (2010)" n'en demeure pas pour autant un incontournable de ces dernières années, la faute à de nombreuses petites pertes scénaristiques par rapport à l'original (ablation des relations entre l'Armée et les chercheurs, critique de la société moins apparente, passages prévisibles…) au profit de ce côté plus axé action. Un film certes moins intelligent que le film de Romero mais bien divertissant au final!








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