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Réalisation
Elio Quiroga

Scénariste
Elio Quiroga

Date de sortie
2007

Genre
science-fiction, post nuke

Tagline


Cast
Silke
Omar Muñoz
Pepo Oliva
Carola Manzanares
Nadia De Santiago


Pays
Espagne

Production


Musique
Alfons Conde

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.4
(5 votes)
Une poignée de survivants d'une planétaire guerre nucléaire se terrent dans une sorte de grand bunker remplis de dédales obscurs. Quelques adultes, un enfant et une adolescente tentent d'y survivre dans l'ordre et la discipline collective. Evitant de se rendre autant que faire se peut dans les zones interdites où vivent "les étrangers", des êtres humains rendus malades par les retombées radioactives. Mais ils ne devront pas oublier "les invisibles"qui surgissent pendant "les heures froides".



Le cinéma fantastique espagnol continue à nous étonner par sa propension à révéler des réalisateurs ayant un avenir prometteur. C'est à n'en pas douter le cas ici avec Elio Quiroga,qui livre un premier long après avoir fait ses armes dans divers courts-métrages. Il en est à la fois le réalisateur, le scénariste et l'un des producteurs. Il livre par ailleurs un film qui s'éloigne fortement des traditionnelles ghost story dont nous ont abreuvés, souvent avec talents, les cinéastes hispaniques de cette dernière décennie, les Balaguero, Amenabar et autre Bayona.

Film de science-fiction humaniste sur fond de "post-apocalypse" avec quelques touches d'épouvante et d'horreur. Huis-clos sombre et cafardeux, triste dans sa lucidité sur le genre humain et d'un rare pessimisme, "The dark hour" distille tout le long un climat d'après fin du monde quelque part entre "le jour des morts-vivants", "Malevil" et "L'échine du diable".

Dès le départ, on sait que l'on va assister à quatre journées du groupe à la manière d'un compte à rebours et par le biais d'une incrustation faisant défiler les jours à rebours. Jour 4, jour 3, jusqu'au jour 0. Cela n'annonce en général rien de bon pour les personnages.



Le métrage s'ouvre sur Jesus, un enfant de huit ans en train de se filmer avec un caméscope, puis de nous présenter ses rares compagnons. Et l'on se rend vite compte de la situation précaire de cette petite communauté qui semble regrouper une grande partie de scientifiques de haut niveau.
Néanmoins, depuis neuf ans, ils se sont organisés du mieux qu'ils le pouvaient. Armes, nourritures, électricité, eau, éducation des deux enfants, hiérarchie, segmentation des tâches, système d'alarme, une société en miniature recréée dans le but de survivre et qui sait ? d'attendre des jours meilleurs.

La première partie va dès lors avec tact et application nous décrire non seulement le quotidien routinier de ces personnes, mais aussi leurs angoisses, leurs espoirs, leurs relations et pour finir leurs déchirements inévitables. Le portrait psychologique de chacun des personnages est peut-être la grande force du film, en tout cas il permet une identification du spectateur à la situation. Sans jamais plonger dans le pathos, dans les effets faciles et les dialogues à l'emporte-pièce, Quiroga retient l'intérêt et donne envie de poursuivre cette histoire avec lui et les survivants.

Assurément, c'est déjà un petit miracle que la communauté ait survécu aussi longtemps dans un espace si étroit, sans s'entredéchirer. Mais la promiscuité va bientôt marquer le début de la fin pour les résidants des bas-fonds. C'est à cette explosion que nous convie le réalisateur en montrant les quatre derniers jours des présupposés derniers survivants de l'humanité.



Le dernier Eden, terme approprié par l'emploi des prénoms des survivants ( Jésus, Judas, Maria, Magdalena ) sur terre va imploser sous les coups conjugués des rapports internes et de la menace externe.

La menace externe se sont ces "étrangers" qui petit à petit se rapprochent de leur antre et qui reçoivent l'appui lors de l'heure froide ( d'où le titre original ) des "invisibles", sortes de spectres qui répandent un froid intense partout où ils passent.
C'est sous cette menace qui de jour en jour se renforce, qu'un des hommes va sombrer d'abord dans le mensonge, dans les faux-semblants, puis dans la folie, faisant par ricochet imploser le cadre fragile de leurs derniers espoirs.
En quatre jours, tout ce qu'ils ont construit va s'écrouler aussi facilement qu'un château de cartes, rappelant la fragilité des rapports humains et la rapidité avec laquelle l'homme redevient un animal.

Si techniquement le réalisateur choisit une ambiance lugubre et glacée, il y associe de nombreux jeux de lumière et d'ombres, parvenant ainsi à créer un climat pesant et claustrophobe et ce malgré un budget que l'on sent limité. Peu de décors au final, mais un vrai talent de mise en scène et une direction d'acteurs remarquable notamment dans les personnages enfantins. Les séquences purement fantastiques donnent la part belle à la suggestion, les infectés, les invisibles nous sont montrés sans ostentation et de manière courte, ce qui n'empêche en rien ces scènes d'être efficaces et parfois effrayantes.



Si cet étonnant petit film prend le parti de nous conter son histoire au travers, principalement, des yeux de Jésus, un enfant âgé de huit ans, c'est probablement afin de nous montrer l'imbécillité de toute guerre, chose inaccessible à la compréhension de Jésus.
D'ailleurs, le réalisateur prend le pari de ne pas nous en dire trop sur ce qui a pu amener ce groupe à trouver refuge dans ce bunker bétonné sans âme. On saura qu'il y a eu une guerre entre deux camps , on saura par l'entremise d'une télévision diffusant en boucle les mêmes programmes ad nauséum, que l'ennemi a procédé à des expériences inhumaines et inoculé au camp opposé un virus redoutable transformant les habitants en infectés proches du zombie.
Pour le reste on ne saura presque rien , un choix à l'évidence voulu afin de laisser libre cours à l'imagination du spectateur pour mieux le percuter et le rendre groggy lors des ultimes images du film d'un rare pessimisme, totalement inattendu et qui permet de donner un tout autre sens à ce que l'on vient de voir. Un des plus triste twist du cinéma fantastique, sans aucun doute.

Un long-métrage qui aurait à l'évidence mérité une sortie en salle, mais hélas le style, le rythme et une certaine intelligence dans le propos ne sont semblent-ils pas compatibles avec les distributeurs.

Un film au scénario malin et cohérent, diablement bien mis en scène,s'appuyant sur ses personnages avant tout, et se permettant même quelques réflexions sur l'Homme, la guerre et l'histoire, " The dark hour" est une réussite.
Une réussite noire, pessimiste, mais qui reflète hélas la part la plus sombre de notre humanité.

Pas certain que cela plaise à tout le monde, mais il serait pourtant dommage de ne pas y jeter un oeil, ne serait-ce que pour l'étourdissante séquence finale.

Disponible en DVD chez M6 Vidéo depuis le 4 Mai 2010.




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