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Dave Lizewski est un ado préférant se gaver de comics et rigoler avec sa bande de potes plutôt que de flirter avec les filles de son âge, certain qu'il ne plait pas à la majeure partie d'entre elles. Mais, malgré cette vie de geek bien pantouflarde et reposante dans laquelle il semble finalement se plaire, une chose l'insupporte plus que tout : la criminalité et la délinquance qui ne cessent de s'accroitre dans sa bonne ville de New-York. Bien décidé à y mettre un terme, il décide alors de se créer une double vie : il veut devenir un super-héros et combattre le crime une fois la nuit tombée! Il s'achète alors un costume sur Internet, se choisit une arme et un nom : Kick-Ass! S'ensuivent alors de nombreux entraînements intenses (sauts en longueur, courses, exercices de souplesse…) jusqu'au jour où il est enfin prêt : il décide alors de se confronter à deux loubards qui le rackettent depuis quelques temps déjà. Une bagarre qui ne se passe pas du tout comme l'aurait imaginé notre jeune ami dans son beau costume vert qui va alors s'en prendre plein la gueule pour pas un rond : tailladé au couteau puis renversé par une voiture, le malheureux finit aux urgences. De retour parmi les siens après de longues opérations, sa vie semble avoir basculé : la fille sur laquelle il fantasmait depuis belle lurette, Katie, le remarque enfin, à la grande surprise de ses deux potes. Plus fort et plus fougueux que jamais, il décide de se relancer dans la bataille contre le crime et va s'allier à deux autres illuminés déguisés en super-héros eux aussi, un père et sa fille aux surnoms respectifs de Big Daddy et Hit Girl, bien plus organisés et entraînés que l'apprenti Kick-Ass. Tous trois vont alors avoir à faire auprès du parrain de la mafia new-yorkaise, Frank D'Amico. La bataille peut commencer!



Très médiatisé depuis le début de l'année 2010 (magazines, radios, télévision et bien-sûr Internet), il est clair que le phénomène "kick-ass" n'est pas passé inaperçu dans nos contrées. Après "mystery men" et "super heros movie", c'est donc au tour du film de Matthew Vaughn (à qui l'on doit notamment "layer cake" et "stardust, le mystère de l'étoile" mais qui fut également producteur sur "arnaques, crimes et botanique" et "snatch") de faire son entrée dans le registre des films de super-héros comiques.

Vendu comme un film de super-héros pour adolescents au vu de la bande-annonce un brin puérile, le film de Matthew Vaughn trouvera également aisément son public parmi des tranches d'âges plus élevées. En effet, le côté teen movie est clairement affiché dès l'introduction du film (où nous sommes plongés dans une école avec tous ces adolescents déambulant dans les couloirs dont notre jeune Dave qui fantasme sur des paires de seins à la manière d'un "american pie" ou d'un "supergrave") mais ne prédomine en aucune façon dans le long-métrage, "kick-ass" étant également un film purement fantastique, inventif, ultra rythmé dans ses scènes d'action et parfaitement assumé dans son second degré.



Et c'est d'ailleurs le côté inventif qui plait d'emblée dans le film de Matthew Vaughn. Parti des bases d'un comic créé par Mark Millar (scénariste de comics écossais ayant fait ses preuves chez 2000 AD Comics avant de rejoindre DC comics) et John Romita Jr, notre cher réalisateur nous plonge dans un film où le réel (un adolescent dans sa vie de tous les jours, en proie à ses tracas quotidiens et à une certaine timidité envers la gente féminine) côtoie l'irréel (notre cher Dave va devenir un super-héros et va faire connaissance d'autres super-héros œuvrant dans l'ombre et sortis tout droit de ses comics) avec une souplesse exemplaire, n'hésitant pas à mélanger divers registres pour arriver à ses fins (le teen movie, le film fantastique et plus particulièrement de super-héros, la comédie, la parodie, l'action pure et dure allant même jusqu'à l'ultraviolence par moments…).

Une histoire qui, malgré une base plutôt simple, révèle rapidement son ingéniosité de part quelques rebondissements bienvenus et quelques bonnes idées par-ci par-là qui évitent de tomber dans une production bateau où tout est prévisible et déjà-vu. Un film qui commence comme un classique teen movie mais qui rapidement se transforme en un véritable défouloir où effets spéciaux, scènes d'action spectaculaires, bagarres, explosions et gun-fights se mêlent à la fête pour notre plus grand plaisir dans un rythme très bien maintenu du début à la fin, le tout saupoudré par une bande originale fracassante et, à la manière d'un "kill Bill", ô combien variée (on reconnaitra entre autres la musique entêtante de "28 jours plus tard" ou encore un morceau d'Elvis Presley entre deux morceaux de rock énergisants).

Un film comme dit avant qui n'hésite d'ailleurs pas à verser dans l'ultraviolence au vu de certaines scènes de bastonnades bien crues (égorgement, jambe arrachée, head-shoots…) et très rythmées. Mark Millar, le créateur de Kick-Ass (et également producteur exécutif du film), himself aurait demandé à ce que ce côté violent et vulgaire (on ne compte plus les gros mots) soit l'une des valeurs sûres de ce film qui se démarque encore plus de la concurrence grâce à sa classification 13 ans et + (certes cette classification peut paraitre légère au vu des films que certains d'entre nous regardent mais elle n'est pas si commune dans ce genre de production) attribuée pour ce côté très "bourrin".



Le casting n'est lui-même pas en reste et s'avère même fort judicieux. Dans la peau de notre héros, on retrouve un certain Aaron Johnson (quasi inconnu en France, celui-ci est apparu notamment dans "l'illusionniste" où il incarnait le jeune Edward Norton) très à l'aise dans son rôle d'adolescent perdu entre ses histoires de cœur et sa vie nocturne de super-héros maladroit (Hé oui Kick-Ass c'est lui!) qui lui cause de nombreux soucis, aussi bien avec la vermine grandissante de New-York mais également dans sa vie privée.

A ses côtés, on retrouve deux personnages totalement décalés : un père et sa fille dont l'unique occupation semble être de flanquer des déverrouillées aux vilains méchants peuplant la ville de New-York. Désireuse de faire régner la Justice une fois la nuit tombée, notre petite famille s'habille en super-héros, s'arme de calibres de haute technologie et se font appelés Big Daddy et Hit Girl. Un duo tonitruant et ô combien déjanté (il faut voir le père de famille tirer à bout portant sur sa gosse de 12 ans pour tester l'efficacité d'un gilet pare-balles ou encore cette manie qu'ils ont tous les deux à se poser des colles sur l'artillerie lourde ou légère! Des vrais accros de la gâchette!) campé par un brillant Nicolas Cage (et ça fait du bien de le revoir enfin en forme!) et une très pétillante et vive Chloe Moretz (que l'on verra notamment dans le remake du film suédois "morse" où elle incarne une vampire de 12 ans). Cette dernière, qui a préféré troquer précocement ses poupées contre des flingues, réussit même au final à voler la vedette au personnage de Kick-Ass grâce à ce personnage hystérique de Hit Girl qui, à la manière d'un Léon, parvient à dégommer à trois reprises toute une bande de mafieux aux gros bras et armés jusqu'aux dents, le tout dans des scènes ultra-rythmées et très violentes (ça c'est de la baston!) où elle saute dans tous les sens et virevolte d'un ennemi à l'autre avec une agilité décourageante pour ses assaillants.

Enfin, notons la présence de Mark Strong ("Oliver Twist", "stardust, le mystère de l'étoile", "sunshine", "Babylon A.D.", "mensonges d'Etat"…) dans le rôle du vilain parrain de la mafia new-yorkaise Frank d'Amico (encore une fois, c'est un sans faute pour l'acteur qui nous la joue viril et sans pitié pour ceux qui le prennent pour un con) ainsi que le jeune Christopher Mintz-Plasse (le fameux Fogel dans "supergrave" mais vu également dans "l'an 1 : des débuts difficiles" aux côtés de Jack Black…) dans le rôle de son fils, Chris d'Amico, véritable enfant de 17 piges pourri gâté qui rêve de suivre les pas de son père et décide alors de lui donner un coup de main pour capturer Kick-Ass en se déguisant à son tour en faux super-héros : Red Mist (sorte de punk super-héros conduisant un bolide du tonnerre).



Film de super-héros oblige, les effets spéciaux sont au rendez-vous mais ne sont pas aussi présents que dans un "Spider-Man" ou un "X-men" et se voient rapidement voler la vedette par des scènes de baston et de gun-fight (bazooka, mitraillettes…) en veux-tu en voilà!
La raison? Bah ici nos super-héros n'ont aucun pouvoir surhumain (donc exit les vols dans le ciel, les boules de feu et j'en passe…) et agissent plutôt comme un Batman, la maladresse en plus pour certains (Kick-Ass et Red Mist).

Par contre, les costumes sont vraiment sympas, notamment celui de Big Daddy rappelant inévitablement "Batman" (pour la panoplie dans son ensemble) et "phantom of the paradise" (pour le casque).

Au final, "kick-ass" est une réussite et parvient à mixer le teen movie, la comédie et le film de super-héros avec une souplesse remarquable. Montage dynamique et musclé, personnages totalement décalés, musique endiablée : "kick-ass" saura plaire et trouvera facilement un public, c'est certain!








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