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Nous sommes en 2139. La Terre a été ravagée par de terribles guerres atomiques, la population s'est réunie dans de grandes cités dont la plus importante est Mega City One. Ces densités de population très élevées permettant la mixité sociale rendent le climat des villes peu favorable. Guerres de gangs, vols, bombardements et autres tabassages des forces de l'ordre : le taux de criminalité semble démesuré. Afin de palier à ce climat et pour faire régner l'ordre, des juges patrouillent dans les artères de ces mégalopoles sur des motos volantes appelées les "tribuno-glisseurs". A la fois policiers, jurés et bourreaux, ces hommes représentent la Loi et n'hésitent pas à utiliser la manière forte pour que celle-ci ne soit pas bafouée. Parmi ces "justiciers", Judge Dredd est le plus redouté par les criminels de Mega City One : véritable guerrier en armure, ce dernier n'hésite pas à tuer pour faire respecter l'ordre en clamant haut et fort "Je suis la Loi". Suite à un coup monté pour faire basculer la hiérarchie suprême, le juge Dredd est accusé du meurtre d'un journaliste et est envoyé purger une peine dans un pénitencier loin de Mega City One, de l'autre côté de la Terre de Malédiction, vestiges de l'ancienne civilisation réduite à néant suite aux nombreuses guerres atomiques. Ayant parvenu à s'échapper puis aidé par Herman Ferguson, un voyou de pacotille, et par son ancienne collègue le juge Hershey, Judge Dredd va découvrir de bien terribles secrets sur sa vie et va devoir combattre un criminel du nom de Rico qui compte bien mettre la ville de Mega City One à feu et à sang.



Adapté de la bande dessinée éponyme, "Judge Dredd" est un film de science-fiction réalisé par un certain Danny Cannon (on connait de lui entre autres les films "souviens-toi l'été dernier 2" et "phoenix" mais il est également réalisateur/scénariste de nombreux épisodes des séries "les experts" de Las Vegas, Manhattan et Miami) dans lequel on retrouve notre cher Sylvester Stallone ("Rocky", "Rambo", "F.I.S.T.", "cliffhanger", "demolition man"…) dans la peau de Dredd, ce fameux juge qui fait régner la justice à coups de poing et d'armes à feu.

Petit échec en salles, ce film se refera une seconde jeunesse, comme bien souvent, lors de sa sortie VHS (et plus tard dvd). Alors pourquoi un si mauvais accueil? Hé bien, mettez votre casque, bouclez votre ceinture et embarquons immédiatement dans cette critique pour voir cela de plus près!



"Judge Dredd" peut faire partie de ces films que l'on nomme les "post nuke" : des long-métrages nous peignant un Monde post-apocalyptique dans lequel des communautés de barbares sèment la terreur et qui ont connu un grand essor dans les années 80 après le culte "mad Max 2". Paysages dévastés par la guerre atomique (comme le témoigne ce que l'on appelle ici la Terre de Malédiction), barbares vivant reclus dans ce monde de perdition (la fameuse famille de cinglés, "Angel et fils", dont l'un d'eux n'est plus qu'un amas de chair rafistolé avec de la ferraille et des circuits électroniques) et atmosphère futuriste presque omniprésente : nombreux sont les éléments ici nous renvoyant directement au post nuke.

Et pour représenter ce monde futuriste, l'équipe du film n'a pas eu d'autres choix que de faire appel à des effets spéciaux de qualité (d'autant plus que plus de dix ans avant est sorti un certain "blade runner" qui a posé les bases à un niveau déjà très élevé…). Et, même si l'on n'atteint pas non plus des sommets, il faut bien reconnaitre que les effets spéciaux sont plutôt bien foutus pour la majeure partie d'entre eux et que ceux-ci n'ont pas pris énormément de rides (si on les compare par exemple à ceux du "cinquième élément", certes bien meilleur, sorti deux ans plus tard). On n'échappera pas à une séquence de course-poursuite en véhicules volants (ici des sortes de motos) où zigzags entre les gratte-ciels, explosions et vitesses folles sont au rendez-vous. De même, les armes de nos juges témoignent bien de cette avancée dans les décennies (nous sommes en 2139) et de cette montée du progrès technologique : les armes ne répondent que si elles reconnaissent l'ADN de l'utilisateur ou sa voix, celles-ci se déclenchent non pas en appuyant sur un bouton mais en demandant le type de munitions souhaitées… N'oublions pas non plus notre fameux robot qui sera le garde du corps de l'infâme Rico : un gros tas de ferraille issu de la guerre atomique remis en service après un séjour de plusieurs années dans un bazar de Mega City One. Bref, vous l'aurez aisément compris, tout est là pour nous faire passer un agréable moment visuellement parlant.



Oui, je dis bien "visuellement parlant" car pour ce qui est du script, ça se gâte un petit peu, sans grande gravité cependant. En effet, le gros reproche que l'on puisse faire à ce fameux "Judge Dredd" est l'interprétation plutôt moyenne de certains acteurs et quelques dialogues un brin niant-niant…
Malgré un scénario plutôt satisfaisant dans l'ensemble (ni trop simple ni trop fouillé : bref un divertissement sans prise de tête mais que l'on regarde cependant sans avoir l'impression d'être pris pour un c**), il est dommage de voir certains jeux d'acteurs très approximatifs. C'est le cas malheureusement de Sylvester Stallone dans la peau du juge Dredd qui plonge parfois le film dans le comique à la limite du ridicule : sa démarche en fera rigoler plus d'un (hé, Rambo, enlève donc le balai que t'as dans l'c ** !), tout comme certaines de ses réactions où tantôt il joue le gros dur et tantôt le petit rigolo (je pense notamment à ce passage où il est prisonnier de notre famille de barbares en pleine Terre de Malédiction).

Pourtant le casting était plutôt prometteur : aux côtés de Sylvester Stallone on retrouvait entre autres la charmante Diane Lane ("outsiders", "rusty james", "cotton club", "intraçable", "jumper"…) dans le rôle du juge Hershey, Jurgen Prochnow ("la forteresse noire", "dune", "le flic de Beverly Hills 2", "twin peaks", "l'antre de la folie", "house of the dead", "Da Vinci Code"…) dans la peau du machiavélique juge Griffin (rôle qui lui va comme un gant), ou encore ce cher Max Von Sydow ("l'exorciste", "Flash Gordon", "Conan le barbare", "dune", "le bazar de l'épouvante", "minority report"…) dans le rôle du juge suprême (encore une interprétation convaincante pour celui que l'on ne présente plus au fil des années).

Notons également la présence de Rob Schneider ("Pinocchio", "animal! l'animal"…) aux côtés de Sylvester Stallone dans la peau du sympathique criminel plein de bonne volonté malgré qu'il ne cache pas une frousse d'enfer! Bref le bon rigolo du film (même si celui-ci nous fera plus doucement sourire que rigoler aux éclats…) qui permet de donner, comme bien souvent, un petit côté humoristique non déplaisant au film, sans faire dans le sur-jeu et le lourd. Enfin, on peut citer pour finir ce petit tour de casting l'acteur Armand Assante ("la taverne de l'enfer", "fatal instinct", "striptease", "american gangster"…), ma fois plutôt bien ancré dans son personnage de l'infâme Rico…



Malgré ces quelques faiblesses dans les dialogues et l'interprétation parfois hasardeuse et maladroite (volontaire???) de Sylvester Stallone (qui d'ailleurs sera nommé aux Golden Raspberry Awards, plus connus sous le diminutif de Razzie Awards, du pire acteur pour ce film…), on ne reprochera pas grand-chose quant au rythme plutôt bien maintenu du film. En effet, les scènes d'action sont bien réparties avec tous les ingrédients nécessaires à celles-ci (explosions, courses-poursuite, fusillades, combats à mains nues…), la menace bien présente est multiple (les guerres de gang, les pirates déjantés de la Terre de Malédiction, Rico et son robot garde du corps, le juge Griffin qui joue double jeu tout au long du film…) et on ne reprochera que cette fin trop vite bâclée (un combat final à mains nues rapidement expédié à mon goût et peu imaginatif / ces fameux clones que l'on ne voit finalement pas beaucoup…).

Enfin, finissons par quelque chose qui me tient à cœur ici : la bande originale de "judge Dredd"! Alan Silvestri ("retour vers le futur", "predator", "abyss", "qui veut la peau de Roger Rabbit", "Forrest Gump", "Van Helsing"…) n'a plus grand-chose à prouver et encore une fois ses compositions font mouche, celles-ci collant parfaitement aux diverses séquences du film et donnant une intonation parfois bien prononcée à certains passages rythmés. Une musique très "grand spectacle" qui, avec cette touche d'humour et ces SFX de bonne qualité, fait la Hollywood Touch!

Au final, ce "judge Dredd" est un film de science-fiction très divertissant faisant la part belle à l'action et aux effets spéciaux peu vieillis encore aujourd'hui. Il faut bien reconnaitre que Sylvester Stallone casse un peu le personnage de la bande dessinée en sur-jouant son rôle de Judge Dredd (quelle démarche ridicule! Et que dire de ses fringues moulants et de certaines de ses tirades cons-cons!) mais au final cette petite touche humoristique plaira à nombreux d'entre nous qui viennent voir le film de Danny Cannon en premier lieu pour se détendre et non pour le comparer systématiquement, scènes par scènes, au matériau d'origine.
Pas un grand film de science-fiction mais un bon divertissement!








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