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Un virus dévoreur de chair humaine se propage dans une usine conditionnant de l'eau en bouteilles. A quelques pas de là, dans un lycée, une fête se prépare et pas n'importe quelle fête : le grand bal de fin d'année! Une soirée où tous les jeunes seront présents et où les maitres mots seront alcool, danse, drague et sexe. Mais aucun de ces jeunes fêtards n'auraient pensé que l'eau distribuée à cette soirée contenait en fait un puissant virus capable de provoquer le pourrissement de la chair et l'exsudation des divers fluides du corps humain…



Au départ il y a eu "cabin fever", un petit film réalisé par Eli Roth ("Monsieur Hostel"…) en 2002 teinté d'humour noir et distillant quelques effets gores pas trop mal réalisés. Même si le film en soi n'était pas un chef d'œuvre (une qualité bien trop surestimée : le long-métrage est en effet bien moins gore que ce qu'il annonçait et le rythme est bien souvent très mou…), le public apprécia fortement les divers clins d'œil à des productions cultes telles que "evil dead", "the thing" ou encore "la nuit des morts-vivants".

C'est alors que sept ans plus tard vint au monde un petit frère du nom de "cabin fever 2 : spring fever". Une suite directe du premier opus dont la confection gardera certainement quelques secrets… En effet, la réalisation de cette suite inattendue avait été confiée à un certain Ti West (auteur du décevant "the roost" mais également de "house of the devil"…) mais la production a décidé, en fin de tournage, de refaire certaines scènes à l'insu du réalisateur, ce qui explique la volonté de Ti West de se dissocier de la production. Un genre d'information qui ne laisse pas présager de bonnes choses quant à la qualité de cette suite du film d'Eli Roth…

Maintenant que votre cher serviteur a laissé planer le doute vis-à-vis de la qualité générale du film de Ti West, celui-ci vous propose de lire ces quelques lignes pour vous faire une première idée de cette suite de "cabin fever".



Ne passons pas par quatre chemins et annonçons-le d'emblée : le scénario global est creux, voire même très basique, vu et revu (un virus véhiculé par de l'eau en bouteille va contaminer les jeunes d'un lycée lors du grand bal de fin d'année, provoquant alors la mise en quarantaine de l'établissement puis l'extermination des contaminés).
Parsemé de situations puériles (les dialogues sont dignes d'un "american pie" avec ses acteurs qui rêvent de "petite chatte" et de dépucelage comme le montre la présentation des deux acteurs principaux durant laquelle l'un d'eux, à la manière d'un "supergrave", donne des conseils à l'autre pour qu'il se bouge et se trouve une copine), le scénario reste très cul-cul même si celui-ci réussit toutefois à nous procurer certaines séquences trash fort originales (mais je reviendrai sur cet aspect en fin de critique).

Pire, le film est infesté d'incohérences (un agent d'entretien qui pisse dans le punch sans véritable raison / une fille qui, soudain, comme une envie de pisser, se met à pratiquer une fellation à l'un de nos héros qui n'a pourtant rien d'un Don Juan et ne semblait pas du tout intéresser la jeune fille quelques minutes plus tôt…) et, passez-moi le terme, s'avère être un véritable bordel scénaristique, des passages sans intérêt avec le film s'intercalant à divers moments comme pour essayer de combler des vides évidents (alors que la trame de base est l'infection d'un lycée par un virus, nous aurons droit par la même occasion à suivre des querelles amoureuses, les agissements incompréhensibles d'un agent d'entretien qui semble complètement déconnecté du monde qui l'entoure, les actions pas toujours très claires non plus d'un policier un brin con-con etc…).

Ajoutons à cela un rythme peu soutenu, voire très mou, du moins lors de la première moitié du long-métrage (ce qui nous rappelle sans mal l'un des principaux défauts du premier opus, le virus étant bien long à se montrer dans cette suite…) et vous obtenez là de très mauvaises bases pour camper le film, faisant redouter le pire quant à la qualité de ce "cabin fever 2 : spring fever".



Un scénario qui est donc le grand mal de cet opus : bancal, creux et bien trop long à nous plonger dans le vif du sujet, celui-ci ne semble vouloir se soucier que de l'humour, de la joyeuseté et du fun qu'il dégage.
Car en effet, la première chose qui ressort du film de Ti West est cette volonté de faire avant tout une suite humoristique mais, à l'inverse de son aîné, c'est plus l'humour grandguignolesque qui prime ici et non l'humour noir, un choix qui déplaira à bon nombre de fans du premier volet. Exit donc la subtilité et la finesse de certaines situations que nous avions pu constater dans le film d'Eli Roth et place à un humour très jeune, bien lourdingue par moments et tombant souvent à plat, la faute à des dialogues révélant un manque évident de maturité (de nombreux passages au début ne tournant qu'autour du cul et de la drague).

Les personnages eux-mêmes semblent paumés dans ce cirque sur pellicule. Certains ont des agissements incompréhensibles (l'agent d'entretien semble visiblement ne pas aimer les jeunes d'aujourd'hui mais de là à pisser dans le punch il y a quand-même des limites…), tandis que d'autres semblent là uniquement pour remplir quelques pages de script (les fameuses querelles amoureuses commencent rapidement à nous chauffer les oreilles). Nous ne compterons pas également certains personnages pathétiques, notre cher Winston en tête (tiens Monsieur Giuseppe Andrews : un rescapé de l'aventure "cabin fever"! T'aurais mieux fait de rester chez toi écoute…) qui visiblement semble être un policier totalement crétin, au langage banlieusard et aux activités un peu floues…

Passés les quelques clins d'œil explicites à "the crazies" ou encore à "Carrie", que reste-t-il à mentionner concernant le scénario et les personnages? Pas grand chose en fait, tout a été dit ci-avant et, comme vous avez pu le remarquer, les qualités ne sont pas légion dans le film de Ti West… Passons donc immédiatement au point fort du film, à savoir le côté gore et trash qu'il entretient relativement bien!



Car il faut bien le reconnaitre, le point fort de cette suite de "cabin fever" réside dans cet esprit gore et trash. Pas question ici de rester hors-champs et de faire dans l'implicite : c'est saignant, c'est craspec, c'est pervers… Bref, voilà peut-être le seul bon point du film qui sauvera celui-ci du néant absolu.

Le virus met peut-être du temps à se pointer mais dès qu'il fait ses premières apparitions le film commence enfin à décoller de l'aéroport de l'ennui pour nous amener vers le pays du trash (avec ses flots de pus, d'urine, de sperme et de vomi en guise de bienvenue sur ces nouvelles terres!).
On notera en premier lieu que de nombreuses scènes mêlent habilement trash et sexe sans aucune retenue (d'où l'intérêt peut-être d'avoir sorti le film directement en dvd) : un pénis évacuant un liquide viral semblable à du pus, une fille recrachant dans le lavabo du sperme fraichement recueilli quelques secondes plus tôt, une strip-teaseuse dégueulant sur le client qu'elle était en train de chevaucher, un jeune obsédé se tapant une fille à l'obésité morbide dans une piscine avant que celle-ci ne parte en morceaux… Sur ce point donc, pas de déception : le spectateur en aura pour son argent!

Outre le côté trash, les effets sanglants sont également de la fête (une fausse couche bien saignante, un accident d'autobus sanguinolent façon "l'écorché", un crane enfoncé à coup d'extincteur rappelant un certain "irréversible"…), ceux-ci étant également utilisés pour montrer explicitement (et souvent en gros plan) les modifications corporelles dues au pourrissement de la chair perpétré par le virus : ongles pourris (que l'un des héros tentent de recoller à la super glue), pustules ou déchaussement de dents…

Certains pourront voir ici ce défilé de scènes gores et trash comme de la provocation gratuite (le manque de finesse et les faiblesses du scénario n'arrangeant en rien cette impression) mais qu'importe, certaines scènes sont suffisamment originales pour mériter que l'on s'y attarde le temps de deux paragraphes…

Enfin, autre bon point (décidément on finit en fanfare!) : les génériques du film sous forme de dessin animé avec comme fond une musique joyeuse et relaxante.

Au final, cette suite de "cabin fever" n'est pas très élogieuse et ne vaut que pour le côté craspec, gore et trash de sa deuxième partie. Mis à part cela, tout n'est que désillusion et le fan du premier volet d'Eli Roth (pourtant pas un chef d'œuvre lui non plus mais agréable et divertissant) regrettera de se retrouver devant un film plus axé djeun's avec son lycée peuplé de jeunes écervelés (remplaçant la menaçante forêt du premier volet qui rappelait par ailleurs le cultissime "evil dead") et son humour lourdingue (exit l'humour noir de "cabin fever").
Une déception donc…