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Sean doit convoyer une voiture à travers les Etats-Unis pour l'amener à sa propriétaire à Miami. Mais un trajet allant de Los Angeles jusqu'en Floride est long et très monotone, alors quand un auto-stoppeur du nom de Nick lui demande s'il peut profiter du voyage, Sean n'hésite pas longtemps à accepter, d'autant plus que le jeune homme propose de payer l'essence. Mais Nick n'est pas un simple voyageur, notre homme est en fait un chasseur de vampires, bien décidé à traquer les suceurs de sang qui peuplent le désert et attaquent les voitures passant sur leur territoire. Très vite, Sean se retrouve malgré lui entraîné dans une chasse aux vampires aux côtés de Nick et d'une jeune femme mordue par l'une de ces créatures de l'ombre.



Petite série B sans grande prétention, "les vampires du désert" est un film de J.S. Cardone, homme polyvalent dans l'univers cinématographique. Réalisateur de "8mm2" mais également du bon petit "wicked little things" (plus connu sous le nom de "zombies" en France), J.S. Cardone a aussi signé les scénarios des remakes de "le bal de l'horreur" en 2008 et de "le beau-père" en 2009 ainsi que de films moins médiatisés tels que "le pacte du sang" ou encore "JF partagerait appartement 2".

Comme vous en conviendrez aisément, revenir sur la filmographie de J.S. Cardone en 2010 peut susciter une certaine crainte quant à la qualité de ce film vampirique sorti en 2001 qu'est "the forsaken". Alors, bon film ou mauvais film? Pour le savoir, joignez-vous à moi dans cette rapide chronique et rendez-vous en bas de page pour le verdict!



La première chose qui marque lors du visionnage de "the forsaken", c'est que nous avons là un film de vampires à la frontière entre le teen movie et le road movie : quelque chose de peu commun pouvant faire la part belle à un scénario original mais qui peut également être une grosse déception si le dosage des deux registres est mal maîtrisé...
En effet, ce casting jeune dans l'ensemble (la plupart des acteurs ont fait leurs armes dans des séries pour ados) et cette longue traversée du désert en bagnole nous rappellent certains titres tels que les très agréables "une virée en enfer" ou encore "jeepers creepers" pour ne citer qu'eux.

"Les vampires du désert" s'inspire également énormément de films tels que "vampires" de John Carpenter (1997) et le génialissime "une nuit en enfer" de Robert Rodriguez (1996) de part ces paysages et ces motels bordant ces longues routes désertiques de l'Utah, du Nevada ou d'autres Etats américains aux paysages somptueux que nos suceurs de sang ont choisi comme territoires de chasse.



Mais les ressemblances s'arrêtent là, le film de J.S. Cardone n'atteignant à aucun moment la qualité des long-métrages précédemment cités. La faute tout d'abord à un manque cruel de rythme, le comble pour un film flirtant avec le registre du road movie pour camper son intrigue. En effet, le film est parsemé de nombreuses longueurs et l'action se résume à deux-trois pointes de vitesse et autres dérapages sur le bitume ainsi qu'à quelques attaques éclairs de vampires. Il faudra attendre le dernier quart d'heure du film pour enfin avoir une véritable scène d'action avec ses explosions, ses gunfights et ses éboulements de façades. Triste…

Mais les déceptions ne résident pas uniquement dans ce manque évident de rythme, l'ambiance elle aussi est mise à mal dans "les vampires du désert". A aucun moment le film ne suscite le moindre frémissement, le moindre effroi : tout est banal et prévisible. Même les scènes tournées de nuit auraient eu le même impact sur le spectateur si elles avaient été tournées de jour tellement l'ambiance y est neutre et peu oppressante. Un loupé donc de ce côté également : heureusement J.S. Cardone s'est rattrapé cinq ans plus tard avec son "zombies", bien plus sombre et inquiétant que "les vampires du désert".

Dernière grosse déception : l'interprétation plus que douteuse et approximative des acteurs et actrices jouant les vampires. Là encore, après les points négatifs sur le rythme et l'ambiance, l'aspect horrifique du film en prend un sacré coup.
Alors que nos deux héros principaux, Sean (interprété par Kerr Smith, vu dans "destination finale", "sexe intentions 3", "meurtres à la saint-valentin 2009" mais également dans la série "Dawson" dans la peau de Kack McPhee) et Nick (Brendan Fehr, vu dans "comportements troublants", "biker boyz" et également "destination finale"), sont suffisamment travaillés et réussissent à tirer leurs épingles du jeu, ce n'est pas le cas du côté de nos vilains vampires. Mous, peu futés et bien trop djeun'z à mon goût, ces vampires nouvelles génération ne sont pas convaincants pour un rond (notamment la vampire black, charmeuse et entraîneuse, qui est pathétique malgré une plastique de rêve…).



Pour ce qui est des effets spéciaux, il n'y a là pas grand-chose non plus à se mettre sous la dent mais le peu de scènes sanglantes se suffisent à elles-mêmes, bien que très brèves (extirpation d'un cœur, tranchage de gorge, headshoot…), le spectateur n'étant pas venu en premier lieu pour voir des débordements sanglants comme il peut en voir dans des registres autres que celui du vampirisme (ce registre horrifique n'étant pas réputé en premier lieu pour ses excès sanguinolents, ceux-ci se limitant bien souvent à des carotides sectionnées et des morsures, à l'inverse des films de zombies, de cannibales, de monstres ou encore de films volontairement trashs et gores…).
Par contre, notons que les passages où les vampires crament au soleil rendent bien à l'écran!

Dans les bons points, nous retiendrons surtout ce qui fait la force de nombreux road movies américains : la beauté des paysages (le désert à perte de vue et ses rochers façon Monument Valley rappelant les somptueux panoramas de l'Utah, du Nevada, de l'Arizona ou encore du Colorado), l'ambiance des motels en bord de route… Bref ce qui fait le charme de certaines grandes routes mythiques telles que la fameuse route 66 (que je conseille touristiquement parlant soit dit en passant).
On regrettera toutefois à nouveau ce côté très djeun'z du film préférant nous servir comme musique du métal (Soulfly entre autres) ou du pop rock plutôt que des airs de country ou autres musiques plus reposantes et gaies…

Au final, "les vampires du désert" ne restera pas dans les annales des films de vampires, le long-métrage de J.S. Cardone se rapprochant plus volontiers d'un téléfilm, la faute à un rythme mou, un casting plus que perfectible et une ambiance pas oppressante pour deux sous…
A voir si l'on est fan de films vampiriques, sinon passez votre chemin et arrêtez-vous plutôt à la rigueur sur "zombies" du même réalisateur (rien à voir avec les vampires mais bien plus réussi).








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