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Un groupe pharmaceutique est sur le point de créer un sérum dans le but de guérir des cancers et d'immuniser contre l'Alzheimer. Afin d'arriver à leurs fins, des tests ont été faits sur divers animaux dont des anacondas. Génétiquement modifiés, les serpents ont grossi à une vitesse folle et sont placés dans des vivariums sécurisés pour y être étudiés. Mais les deux reptiles réussissent à s'échapper du laboratoire et se réfugient dans la forêt avoisinante. Accompagnés d'Amanda, une brillante scientifique chargée du bien-être animalier et de la sécurité du personnel du laboratoire, des chasseurs sont alors lancés à la poursuite des deux bestioles, affamées et sur le point de pondre…



Les films de serpents sont devenus légion de nos jours et les doigts de nos mains ne suffisent plus à les énumérer : entre les "boa", "python", "python 2", "boa versus python", "king cobra" ou encore "megasnake", il n'est cependant pas bien difficile d'en isoler les bons divertissements. En effet, les films d'agressions animales contemporains se limitent à des sorties direct-to-video et seuls quelques long-métrages parviennent à sortir la tête de l'eau et à se montrer dans nos salles obscures plutôt que de jouer la discrétion dans les bacs d'un hypermarché.

Alors que les films d'attaques animales perdaient de la vitesse à la fin du 20ème siècle, un certain "anaconda" vit le jour en 1997 dans les salles de cinéma. Surfant sur le film d'aventure, le long-métrage de Luis Llosa fit de nombreux heureux avec son serpent géant, vorace et vif menant la vie rude à un casting certes très hétérogène mais plutôt convaincant dans son ensemble (Jennifer Lopez, Jon Voight, Owen Wilson, Jonathan Hyde, Eric Stoltz et Ice Cube notamment). Un film qui relancera le genre et permettra à certains titres de tenter également leur chance au cinéma, des plus réussis ("lake placid" et "peur bleue" tous deux sortis en 1999 par exemple…) aux moins gâtés ("bats la nuit des chauves-souris" entres autres pour rester dans cette année 1999…).

Un petit succès tel que celui qu'a connu "anaconda" implique forcément de nos jours une ou plusieurs suites, bien souvent inférieures au matériau original. Et "anaconda" ne désobéit pas à la règle : une première suite verra le jour en 2004 (bah oui on a quand-même attendu 7 ans…) puis une deuxième en 2008 pour finir sur une troisième en 2009 (dont je ne parlerai pas ici). La première, intitulée "anacondas : à la poursuite de l'orchidée de sang", s'avère être un bon divertissement aux effets spéciaux réussis en grande partie, même si, il faut le reconnaitre, le film souffre énormément de la comparaison avec son aîné. La deuxième suite, dont nous allons parler ici et qui est intitulée "anaconda 3 : l'héritier" (titre français très moche, tiré de la traduction de "offspring" signifiant "descendance" ou "progéniture"), est quant à elle un film misant bien plus sur l'action et les scènes sanglantes que ses prédécesseurs, au détriment de la qualité des effets spéciaux (bien moins réussis ici) et d'un scénario solide (on ne peut faire plus simple ici : même constat affligeant que dans la majeure partie de ce genre de productions à la Nu Image…).



Car oui, ce qui dérange dans ce troisième volet de la saga, c'est ce scénario vu et revu, propre aux films d'agressions animales de bas étage. On prend un serpent génétiquement modifié et on le fait s'échapper d'un laboratoire pour qu'il aille manger du bonhomme dehors. Apparaissent alors nos chers mercenaires (le black courageux, le crétin, le réservé, le macho, la femme hargneuse… bref l'équipe de choc quoi!) qui vont aller traquer l'animal dans la plus grande discrétion car bien-entendu il ne faut pas que les médias l'apprennent (bah oui, parce que nous avons un millionnaire crapuleux qui se cache derrière tout ça)…

Rien de nouveau donc dans cette histoire d'animaux dangereux. Heureusement, notre réalisateur (qui au passage a été directeur de photographie sur les deux "jeepers creepers") a l'habitude des films d'action ("mercenary" avec Steven Seagal entre autres…) et va dynamiser un peu tout ça. Et en effet, force est de constater que l'on ne s'ennuie pas devant ce troisième opus très rythmé : notre serpent apparait dès le début du film et commence déjà son carnage dès les premières minutes. Au bout d'une vingtaine de minutes, nous avons déjà un laboratoire dévasté et rempli de cadavres décapités, démembrés, boyaux à l'air… Bref, notre serpent ne fait pas dans la dentelle pour la plus grande joie du spectateur (c'est d'ailleurs amusant ce malin plaisir qu'il a à arracher des têtes à tout va! RIRES!) et nous sommes bien content que notre reptile aille se promener avec son copain dans la nature!

Il est cependant assez dommage que le film subisse une sacrée perte d'énergie dans son dernier tournant : la fin est assez molle et ennuyeuse (trop de traque silencieuse où il ne se passe rien et où le spectateur n'a même pas droit à un petit frisson gratuit…). On aurait préféré une fin bien plus dynamique comme l'était celle du premier volet avec sa course au serpent dans la vieille bâtisse, les pièges tendus etc… L'énergie dégagée durant tout le film nous faisait oublier ce manque de scénario pourtant si évident mais une fois l'action absente, le film redevient bien triste et sans intérêt, comme le témoigne cette fin totalement en inadéquation avec les 70 premières minutes du film.



Comme dit avant, le casting est des plus stéréotypés : d'un côté nous avons nos chers scientifiques craintifs, apeurés et qui semblent avoir le fond de culotte bien souillé, et en face nous avons nos mercenaires, nos chasseurs de serpents, qui n'ont peur de rien et tirent sur tout ce qui bouge mais très peu sur les serpents finalement (des poules, des rats, des bagnoles voire même sur rien…). Entre ces deux mondes, nous avons une jeune scientifique brillante et courageuse (comme dans 90% de ce type de production quoi! Et bien-entendu elle est canon…) qui veut à tout prix avertir la population environnante et arrêter nos deux reptiles en liberté tandis que, agissant dans l'ombre, nous avons le gros méchant millionnaire qui souhaite que l'on règle cette affaire sans ameuter les foules, quitte à y perdre deux-trois gars au passage (bah oui ce sont les risques du métier quoi!).

Dans ce casting (de rêve…), nous retrouvons ce bon vieux David Hasselhoff (vu dans la série "les feux de l'amour" où il incarne un beau médecin durant 6 saisons, puis dans la série "k2000" durant 4 saisons et enfin "alerte à Malibu" durant 10 saisons, mais vu aussi dans les films "star crash", "dodgeball"…) qui a laissé tomber les blondes à forte poitrine en bikini pour venir jouer les chasseurs antipathiques et grande gueule et entraîner son groupe de mercenaires dans une traque au serpent de 18m de long. A ses côtés, on retrouve une jeune actrice quasi méconnue, Crystal Allen, dans le rôle d'Amanda, une scientifique très professionnelle dans son travail qui, étrangement, manie très bien les arts martiaux (quand elle se déchaîne, mieux vaut ne pas être en face!) pour quelqu'un de son statut (un personnage qui se dégrade au fur et à mesure que le film avance).
Ajoutons également au casting une tête bien connue : John Rhys-Davies ("les aventuriers de l'arche perdue", "Indiana Jones et la dernière croisade", "Allan Quatermain et les mines du roi Salomon", "le temple d'or", "waxwork", "stargate, la porte des étoiles", la saga "le seigneur des anneaux"…) qui nous fait l'honneur de venir interpréter le méchant millionnaire très proche de ses sous et hypocrite.



Et les effets spéciaux qu'en est-il?
Hé bien, ma fois, notre serpent a pris un léger coup de vieux par rapport aux volets précédents, même si celui-ci reste tout à fait convenable face aux reptiles rencontrés dans d'autres productions du même genre. Alors que les gros plans sur la tête des serpents sont plutôt réussis, on déplore par contre ce côté peu réaliste dans leurs mouvements (quand ils rampent, on a l'impression qu'ils flottent, et je ne parle pas des séquences où ils gobent une victime : le corps ne se dilate même pas…).
Notons également deux choses nouvelles : la première (plutôt sympathique) est la présence d'un dard en bout de queue permettant de transpercer les proies (bah oui : c'est du "snake made in genetic and serum"), tandis que la deuxième (ridicule quant à elle) est cette curieuse habitude qu'ont les serpents de crier (oups, là ça fait mal…).

Mais ce qui marque surtout dans cet opus, c'est cet aspect très sanglant (bah oui pour camoufler les autres défauts : scénario, casting, serpent…). Et là, le spectateur en aura pour son argent : décapitations, membres arrachés, poitrines transpercées, gobage de corps entiers, constrictions, jets d'acide en pleine figure, geysers de sang… Tout semble mis en place pour contrer les effets d'un scénario raté et trop ordinaire.
Mais, alors que les maquillages sanguinolents et les prothèses sont bien réalisés, les trucages numériques, quant à eux, sont bien trop souvent mal faits (les geysers de sang numérisés ou encore les transpercements de poitrines sont de qualité très moyenne…).

Au final, ce troisième opus de la saga "anaconda" se tourne plus volontiers vers le film d'action que le film d'aventure (exit la forêt amazonienne et autres espaces hostiles et place à une forêt des plus banales, avec ses fermes et ses granges à proximité… un environnement bien moins hostile!), laissant place à des scènes de fusillades et à des passages assez sanglants, au détriment d'un bon scénario, d'un casting réussi et d'un serpent aussi bien réalisé que dans les opus précédents.
Reste toutefois un divertissement honnête où l'action et le gore permettent de faire oublier les grosses lacunes de ce troisième épisode. Comme quoi les cache-misères ça peut servir!








Du même réalisateur :

ANACONDA 4 : SUR LA PISTE DU SANG