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Le docteur Frederik Frankenstein (prononcé "Frankenstine"), grand spécialiste de la médecine, consacre sa vie à la recherche et donne également des cours en faculté. Un jour, cet éminent homme de sciences apprend qu'il vient d'hériter de l'ancienne demeure de son grand-père décédé, le baron Victor Frankenstein, dont il refusait jusqu'alors d'entendre parler, ne partageant pas du tout ses points de vue et trouvant ses travaux ridicules et abracadabrants ("ce qui est mort est mort, mon grand-père avait un esprit malade" dit-il). Frederik Frankenstein se rend toutefois en Transylvanie afin de voir la bâtisse dont il a hérité et rencontre là-bas le petit-fils du serviteur de son défunt grand-père, Igor (prononcé "Aïgor"), avec qui il va finalement reprendre les travaux du baron Victor Frankenstein après avoir trouvé ses écrits…



Quatrième film de Mel Brooks ("les producteurs", "le shérif est en prison", "Dracula, mort et heureux de l'être", "la folle histoire de l'espace", "la folle histoire du Monde", "la dernière folie de Mel Brooks", "sacré Robin des Bois"…), "Frankenstein junior" sera un triomphe au box-office, permettant alors (avec "le shérif est en prison") à son géniteur de devenir l'un des grands noms de la parodie de genre.

Pour information, le scénario de "Frankenstein junior" est signé Gene Wilder ("Bonnie and Clyde", "Charlie et la chocolaterie 1971"…), acteur ayant déjà joué auparavant dans "les producteurs" de Mel Brooks et à qui notre roi de la parodie donnera le rôle principal du docteur Frederik Frankenstein. Le scénario définitif sera obtenu suite à la coopération Brooks/Wilder, un scénario qui bien-entendu, quand on connait le génie de Mel Brooks, a dû être revu à la hausse en termes d'absurde et d'humour.

Parodie oblige, "Frankenstein junior" satisfera sans souci les amateurs des deux premiers volets des années 40 (à savoir le "Frankenstein" de 1931 et "la fiancée de Frankenstein" de 1935) qui s'amuseront à revoir des passages parodiés des dits opus. On retrouve en effet quelques passages cultes des films frankensteiniens : la scène de la petite fille Maria, le passage où le monstre terrorise Elizabeth (qui garde d'ailleurs le même nom ici) ou encore la scène où le serviteur du docteur Frankenstein pique un cerveau anormal pour ne citer que quelques passages du "Frankenstein" de 1931 de James Whale, ou encore la rencontre entre le monstre et un aveugle issue quant à elles de "la fiancée de Frankenstein" (on notera également un sympathique clin d'œil à cet opus quand la compagne de Frederik Frankenstein arbore la même coiffure extravagante que celle de la fiancée du monstre en 1935). Bien-entendu, cette liste ci-avant est fort réduite : votre dévoué rédacteur vous laissera retrouver plein d'autres clins d'œil comme notamment ceux faits à "King Kong" avec la scène où Frederik Frankenstein montre son monstre en spectacle ou encore à "le fils de Frankenstein" avec le passage du bras articulé du policier).



Mais ce qui surprend quand on regarde "Frankenstein junior", c'est que le film n'est pas une simple parodie du mythe de Frankenstein initié par Mary Shelley et mis une première fois sur longue pellicule par James Whale. Non, c'est bien plus que cela : le film de Mel Brooks est un véritable hommage aux classiques de la Universal.
En effet, malgré les désaccords de la Fox (qui produira le film), Mel Brooks décide de tourner son film en noir et blanc, dans le plus grand respect des œuvres dont il fait la parodie. Par ailleurs, notre réalisateur de génie va aller jusqu'à reprendre les mêmes accessoires du laboratoire du film de 1931!

Le film de Mel Brooks, contrairement à ce que beaucoup en disent, n'est cependant pas exempt de défauts mais ceux-ci sont relativement bien corrigés de temps à autres.
Prévisible par moments, "Frankenstein junior" réussit toutefois à certains moments à créer la surprise chez le spectateur (notamment sur la fin).
Par ailleurs, on peut reprocher au film d'être parsemé de quelques longueurs évitables. Mais là encore, certaines scènes arrivent toujours à point donné pour dynamiser l'ambiance (l'exemple de la superbe scène du spectacle où notre cher docteur fait des claquettes en chantant avec son monstre, idée complètement dingue mais ô combien géniale).



Mais n'oublions pas que le film de Mel Brooks est avant tout une comédie horrifique, une parodie des grands classiques du mythe de Frankenstein et son monstre. Et qui dit parodie dit forcément humour : et de l'humour il y en a pas mal dans "Frankenstein junior"!
Un humour annoncé dès les premières minutes du film où l'on retrouve notre cher Frederik Frankenstein en plein cours de médecine (anatomie du cerveau et explication du fonctionnement du système nerveux) qui s'extase devant ses expériences et assainie son malheureux cobaye humain de coups pour voir ses réactions.

Alors certes, quelques gags peuvent s'avérer quelques fois lourds (comme dans "Dracula, mort et heureux de l'être" pour citer une autre des grandes parodies de films d'horreur de Mel Brooks) mais on ne peut que se réjouir face à la diversité des registres comiques utilisés ici.

En effet, Mel Brooks utilise ici les 4 piliers fondamentaux du comique dans son œuvre : le comique de situation, le comique de mots (de nombreux jeux de mots et plaisanteries sont orchestrés par notre cher serviteur Igor entre autres et certains personnages utilisent des langages amusants comme ceux du monstre ou encore de Frau Blücher, l'ancienne amante de Victor Frankenstein), le comique de geste (là encore Igor nous amuse avec sa démarche cagneuse et ses mimiques) et la satire (Mel Brooks se moque ouvertement des professions de chercheur et de policier tout au long de son film).

Ajoutons à cela le grand intérêt que porte Mel Brooks au comique de répétition (faisant notamment partie du comique de mots), registre qu'il ne délaisse pas non plus dans "Frankenstein junior" (par exemple : la scène où Frederik Frankenstein et sa nouvelle compagne tentent de comprendre à multiples reprises comment fonctionne un passage secret, ou encore le hennissement des chevaux apeurés à chaque fois que l'on prononce le nom de Frau Blücher) et bien entendu la parodie (voir avant pour plus d'informations sur les principaux passages parodiés) avec notamment l'excellente scène de l'ermite aveugle (joué par Gene Hackman, soit dit en passant) qui brûle notre pauvre monstre à plusieurs reprises.



Mais que serait un bon scénario sans un bon casting? Et de ce côté-ci, là non plus nous ne pouvons qu'être enthousiasmés. Dans la galerie des personnages, nous retrouvons une grande partie de ceux des deux volets de Frankenstein des années 40 (le docteur et son serviteur, le monstre, Elizabeth, la petite fille, l'ermite aveugle…), joués par des acteurs et actrices remarquables.

Nous avons droit ici à un Gene Wilder ("Bonnie and Clyde", "les producteurs", "Charlie et la chocolaterie 1971"…) étonnant dans son rôle de savant excentrique, hystérique et quelque peu libertin, tout comme un Peter Boyle ("taxi driver", "F.I.S.T.", "la mutante 2", "double détente"…) interprétant brillamment un monstre calme et maladroit comme l'était celui de l'époque mais sachant parfois être bien déjanté (il faut le voir chanter dans le spectacle donné par Frederik!).

Les rôles féminins ne sont pas en reste non plus avec la belle Teri Garr ("rencontres du troisième type", "l'étalon noir", "dumb and Dumber"…) dans la peau de la chaude et envoûtante Inga, Madeline Kahn (vue dans "Nixon" mais également dans les films de Mel Brooks "le shérif est en prison" et "la folle histoire du Monde"…) qui interprète une très bo-bo Elizabeth et enfin Cloris Leachman ("le grand frisson", "la coccinelle à Mexico", "scary movie 4", "inglorious basterds"…) dans la peau de la très mystérieuse et peu amicale Frau Blücher qui s'enflamme dès que l'on parle de son ancien amant, Victor Frankenstein.

Mais le personnage dont tout le monde se souviendra après avoir vu le film de Mel Brooks est sans conteste Igor (prononcé Aïgor!), le serviteur de Frederik Frankenstein. Drôle, sans gêne (il aime se mêler de tout) ni complexe (il n'hésite pas à draguer la fiancée de son maître et sa maîtresse malgré sa bosse et son visage disgracieux), on s'amuse à la simple vision de son physique tout simplement horrible (voûté, celui-ci possède une bosse dans le dos se baladant de gauche à droite, des yeux ronds comme des billes et toujours ce regard de vicieux).

Au final, ce "Frankenstein junior" demeurera le plus grand film de Mel Brooks et l'une des plus grandes parodies de films d'horreur.
Image en noir et blanc, respect des personnages d'antan, utilisation de certains éléments du décor d'autrefois, musique rappelant les vieux films de la Universal…. Bien plus qu'une parodie des deux premiers épisodes de Frankenstein des années 40, celui-ci en est également un véritable hommage!
Un film à voir et à revoir! Du grand Mel Brooks!








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