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Réalisation
Freddie Francis

Scénariste
John Elder

Date de sortie
1968

Genre
Vampires

Tagline


Cast
Christopher Lee
Rupter Davies
Veronica Carlson
Barbara Ewing
Michael Ripper


Pays
Angleterre

Production


Musique
James Bernard

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.1
(13 votes)
Un village d'Europe Centrale vit encore dans la terreur du vampirisme depuis qu'une jeune femme fut découverte exsangue dans le clocher de son église. Une année passe après que Dracula ait été anéanti et Monseigneur Muller, en visite de routine, constate que les paroissiens persistent à déserter le lieu de culte. Décidé à combattre les superstitions, il entreprend d'exorciser le château du vampire, accompagné du prêtre local, à la foi faiblissante. En chemin, ce dernier, épuisé, se laisse distancer et, suite à une frayeur, fait une chute bénigne, causant un flot de sang qui atteint les lèvres de Dracula, emprisonné dans la glace du torrent.



Troisième incursion de la Hammer ayant pour personnage principal le comte Dracula, mais qui voit Terence Fisher ne plus être aux commandes (il ne le sera d'ailleurs plus jamais) et cela marque à l'évidence un tournant dans la représentation du célèbre prince des ténèbres.
A partir de cet opus, Dracula va " s'humaniser". Fini la créature uniquement guidée par son instinct, par son animalité, il sera dorénavant soumis à des considérations et des travers qui guident la vie des hommes. En l'occurrence ici, le désir et la vengeance contre l'archevêque, coupable d'avoir placé une immense croix sur la porte de son château. Le film tourne entièrement autour de cette vengeance et plus autour de l'inextinguible soif de sang de comte.

En quelque sorte Freddie Francis casse le mythe "Fishérien" du Dracula instinctif pour le remplacer par une autre vision de celui-ci, plus inséré dans la société, plus charmeur, plus "violent" et plus érotique aussi.



L'autre grand changement par rapport aux deux précédents opus se situe au niveau de la violence graphique, due au tournant que marque l'année 1968 sur les moeurs, la censure et le cinéma d'horreur. Avec " Rosemary's baby" et surtout "La nuit des morts-vivants", le cinéma d'épouvante ne sera plus l'apanage quasi unique de la Hammer.
Dès ce métrage, le sanguinolent et le gore vont faire leurs véritables apparitions dans les productions de la firme, l'érotisme sera de moins en moins suggestif aussi.

La scène d'ouverture en est d'ailleurs significative et donne le ton de ce qui va suivre. Une femme est retrouvée morte, vidée de son sang, à l'intérieur de la grande cloche d'une église. La représentation visuelle des effets sanglants sera au diapason (pieu enfoncé dans le coeur avec geyser de sang, mort du comte empalé sur une croix avec force plan sur la plaie béante etc.), l'érotisme lors des scènes de morsure est renforcé (et par là même perd de sa suggestion ?). Voir la magnifique séquence où Christopher Lee parcourt la nuque et les lèvres de la sublime Veronica Carlson avant de la mordre, celle-ci se pâmant comme rarement dans des positions et des moues qui en disent long.



Si, le scénario est d'une pauvreté affligeante et recèle une énorme ficelle à sa base (mais pourquoi Dracula ne fait-il pas enlever la croix qui barre l'entrée de son château par un de ses serviteurs ? Ca irait plus vite, non ?), le métrage est magnifique que ce soit dans ses décors ou dans sa photographie (Francis étant tout de même un grand chef opérateur). Il est tout autant réussi dans sa description des personnages principaux et secondaires. Il possède aussi l'atout non négligeable, outre la présence de Christopher Lee, de nous faire découvrir Veronica Carlson, dont la beauté et le charisme feront battre bien des coeurs.

Outre le géant Christopher Lee, dont il serait vain de résumer une filmographie longue comme le bras d'un géant, on croise donc la doucereuse Veronica Carlson. Celle-ci aura hélas une carrière relativement courte, On al retrouvera cependant dans deux autres productions Hammer "Le Retour de Frankenstein" en 1969 et "Les horreurs de Frankenstein" en 1970, mais aussi dans une parodie du film de vampires "Les temps sont durs pour Dracula"
(1974) et dans un autre film de Freddie Francis "The ghoul" en 1975.

Le rôle de monseigneur Muller est tenu par Ruppert Davies que l'on croisera dans d'autres productions horrifiques des années 60 et 70, telles que "Le cercueil vivant", "Les 13 financées de Fu Manchu" ou "Le grand inquisiteur".
On notera aussi et comme souvent la somptueuse musique de James Bernard et la photographie toujours classieuse d'Arthur Grant.



Plastiquement irréprochable (et même " novateur" pour la Hammer, au travers de l'utilisation de filtres rouges et jaunes, lors des apparitions de Dracula), plus sanglant, plus érotique, doté d'acteurs convaincants, " Dracula et les femmes" reste pourtant inférieur au diptyque "Fishérien". La série des Dracula continuera pratiquement jusqu'à la fin des productions Hammer et jusqu'à épuisement.