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Après avoir perdu sa coéquipière lors d'une enquête, le lieutenant profiler Alex Cross décide de se mettre en congé pendant quelques temps. Mais huit mois après les faits, celui-ci se retrouve confronté à un criminel qui vient de kidnapper la fille d'un sénateur. Rapidement, Alex Cross se rend compte que l'homme n'a que faire de l'argent : ce qu'il désire plus que tout c'est réaliser le "crime du siècle". Et pour prouver ses talents de kidnappeur, il défie Alex Cross, grande figure de la police américaine, de le retrouver et de mettre à mal son plan. Aidé de l'agent secret chargé de la protection de la jeune fille du sénateur, Alex Cross aura fort à faire avec ce ravisseur fort intelligent et particulièrement joueur qui tisse doucement mais sûrement une toile dans laquelle nos deux compères vont tomber.



Après "le collectionneur", Morgan Freeman réendosse le costume du lieutenant de police et profiler Alex Cross dans cette nouvelle adaptation cinématographique de l'univers de James Patterson. Réalisé cette fois-ci par un certain Lee Tamahori (à qui l'on doit le succès planétaire "l'âme des guerriers", l'épisode James Bondien "meurs un autre jour" ou encore "XXX2"), ce deuxième volet des aventures d'Alex Cross rejoint son aîné "le collectionneur" dans la catégorie "thriller psychologique". Délaissant le côté horrifique, mais plus rythmé et plus inventif que le précédent opus, ce fameux "along came a spider" (titre original) demeure une très bonne surprise, dépassant même sur plusieurs points son aîné.

Voyons rapidement ce qui ressort de ce thriller mouvementé et ô combien jouissif qu'est "le masque de l'araignée".

Pourvu d'un scénario diablement efficace, riche en péripéties et en surprises, le film de Lee Tamahori est un thriller comme on en fait bien trop rarement. En effet, il est impossible de s'ennuyer devant cette histoire pleine de rebondissements qui vous tiendra en haleine du début à la fin : après un enlèvement mené de mains de maître, notre brillant kidnappeur se permet de défier Alex Cross, grande figure de la police, et un jeu du chat et de la souris prend rapidement place, entremêlé de capotages, de tentatives d'évasion, de traques acharnées (on pense notamment à une course effrénée de cabines téléphoniques à cabines téléphoniques renvoyant directement à un certain "die hard 3") et de courses aux indices plus ou moins susceptibles de faire avancer cette enquête mouvementée.



Contrairement à l'opus précédent, il est difficile (pour ne pas dire quasi impossible) de deviner le dénouement final de l'enquête (en effet, "le collectionneur" avait comme défaut regrettable de posséder une VF peu travaillée qui trahissait notre kidnappeur), tellement les indices se succèdent sans pour autant dévoiler le fin mot de l'histoire, les fausses pistes demeurant efficaces tout au long du film.
Lee Tamahori nous offre ici un thriller coup de poing au tempo très dynamique, sans temps mort et dont les défauts, plutôt mineurs et très peu nombreux au final, ne nuisent en aucun cas à l'histoire.

Comme principal défaut justement, on peut mentionner la présence de quelques passages un peu tirés par les cheveux (comme cette scène où Alex Cross parvient à trouver le mot de passe d'un ordinateur comme par magie ou encore cette dérangeante impression que l'on a, dans ce film, d'être face à des gamins dotés d'une intelligence incroyable, de vrais surdoués…).

Alors que "le collectionneur" laissait apparaitre une atmosphère de peur et d'horreur (un kidnappeur masqué, les cadavres retrouvés accrochés à des arbres, les victimes enfermées dans des souterrains glauques, sales et humides…) tout en insistant sur le profil du tueur (son caractère, ses intentions, son côté "dérangé"…), "le masque de l'araignée", lui, insiste bien plus sur ce côté psychologique du kidnappeur (également bien développé dans l'opus précédent) mais fait place à l'action et non au registre horrifique pour camper l'enquête d'Alex Cross. Exit donc les cadavres et les lieux lugubres : place à un kidnapping rythmé, parsemé de fausses pistes et de retournements de situation. Une atmosphère totalement nouvelle pour Alex Cross.



Encore une fois, le casting est à la hauteur de nos attentes dans ce volet avec à nouveau en tête d'affiche un Morgan Freeman (que l'on ne présente plus) toujours aussi sagace, calme, réfléchi et lucide. A ses côtés, on retrouve l'actrice Monica Potter (femme de Nicolas Cage dans le film d'action "les ailes de l'enfer" mais également vue dans "bulletproof", "saw" ou encore dans "la dernière maison sur la gauche 2009") dans la peau d'un agent secret sensible, parfois maladroite (dû à une expérience encore bien maigre dans le métier), mais sachant se montrer courageuse, entreprenante et fin limier, trouvant alors en la personne d'Alex Cross le parfait coéquipier pour cette délicate enquête.

D'autres têtes connues viennent se joindre à la galerie des personnages, à commencer par l'acteur canadien Michael Wincott ("the crow", "Robin des Bois, prince des voleurs", "Alien, la résurrection", "1492 : Christophe Colomb"…) dans la peau de Gary Soneji, le brillant kidnappeur de la petite Megan Rose : un être machiavélique, rusé et provocateur (une personnalité des plus intéressantes pour le profiler Alex Cross). Dylan Baker ("les dernier des Mohicans", "happiness", "harcèlement", "requiem for a dream", "spiderman 2", "spiderman 3"…) vient lui aussi prêter main forte au casting en jouant le rôle d'un policier peu amical et prétentieux que le spectateur aura tendance à prendre en grippe dès le début du film (un peu comme l'était le chef de police dans "le collectionneur").
Enfin, "la masque de l'araignée" sera également l'une des premières apparitions du jeune Anton Yelchin (qui joue ici le rôle de Dimitri : un jeune surdoué pour l'informatique qui partage une énorme complicité avec la jeune Megan Rose et aidera involontairement nos amis de la Police à connaitre le véritable motif du kidnappeur de la fillette) qui commence à percer depuis quelques années dans le Monde du cinéma ("cœurs perdus en Atlantide", "alpha dog", "Star Trek 2009", "Terminator renaissance"…).

Un casting de très bonne facture donc même si on pourra reprocher aux enfants d'être un brin trop intelligents (le jeune crac en informatique qui réussit à sortir de la maison de son père, le président russe, en évitant toutes les caméras de surveillance et les vigiles / la jeune qui réussit à échapper à son ravisseur suite à une diversion inventive…).



Au final, "le masque de l'araignée" réussit à gommer la principale imperfection de "le collectionneur" qui était d'être bien trop prévisible par moments. Ici, nous avons droit à un scénario inventif, parsemé de rebondissements et de fausses pistes, abandonnant le registre horrifique que pouvait parfois laisser apparaitre le précédent épisode des aventures d'Alex Cross, au profit d'une trame un brin plus psychologique et d'un scénario plus inventif.

En attendant peut-être un jour, après "kiss the girls" et "along came a spider", une adaptation du dernier écrit de James Patterson mettant en scène le profiler lieutenant de police Alex Cross…








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