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Huit femmes ont été kidnappées par un mystérieux individu qui se fait appeler Casanova. Certaines d'entre elles ont été retrouvées mortes, accrochées à un arbre au beau milieu de la forêt, violées avant d'être abandonnées aux animaux sauvages. Quand il apprend que sa nièce a disparu, l'inspecteur de police Alex Cross décide d'enquêter sur ces mystérieuses disparitions, persuadé que la malheureuse est entre les mains de celui qu'il finit par appeler "le collectionneur". Aidé par une femme ayant réussi à lui échapper et désirant secourir les autres femmes encore captives, Alex Cross va traquer ce fameux Casanova et tenter de mettre la main dessus avant qu'il ne fasse d'autres victimes.



Désireux de surfer sur la vague des gros thrillers des années 90, "le silence des agneaux" et "seven" en tête, le réalisateur Gary Fleder (connu du grand public en 1995 grâce au très remarqué "dernières heures à Denver" qui a remporté deux prix au festival du film policier de Cognac) se voit confier les rênes d'une adaptation d'un roman à suspense de James Patterson intitulé "Kiss the girls". Un livre nous plongeant au cœur d'une enquête policière menée par l'inspecteur-psychologue Alex Cross dans laquelle ce dernier est confronté à un kidnappeur de femmes surnommé Casanova.

Mais "Kiss the girls" n'est pas le seul roman de James Patterson narrant les exploits de l'inspecteur-psychologue Alex Cross. En effet, trois livres en tout verront le jour et l'un des deux autres, intitulé "Along came a spider", sera également adapté au cinéma dans le film au titre français "le masque de l'araignée", avec toujours dans le rôle du profiler Alex Cross l'irremplaçable Morgan Freeman.

"Le collectionneur" fait partie de ces "petits" thrillers qui réussissent à se démarquer de nombreuses autres productions grâce à une dose suffisante d'originalité, un rythme convenable et un casting de bonne facture.
Certes, nous ne sommes pas en face d'un "seven" (d'ailleurs, les deux films n'ont en points communs que Morgan Freeman et le fait d'être tous deux des thrillers américains) mais le film de Gary Fleder, qui d'ailleurs prendra goût à ce registre par la suite (référence à ses thrillers "pas un mot" avec Michael Douglas, Brittany Murphy et Sean Bean, puis "le maitre du jeu" avec Gene Hackman, John Cusack, Dustin Hoffman…), est suffisamment travaillé pour mériter d'être vu par quiconque aime cette catégorie filmique qui parfois délivre de bien bonnes surprises et de bons moments de frissons.



Partant d'une idée de base originale (un homme kidnappe des femmes afin de les posséder, corps et âmes, pour lui tout seul mais également dans le but de se sentir aimé en retour par ses captives), "le collectionneur" nous plonge dans une enquête policière aux péripéties bien orchestrées et aux scènes d'actions bien dosées.

Le timing de l'enquête est également un paramètre intéressant et bien exploité dans le film. En effet, Alex Cross sait d'emblée qu'il doit retrouver rapidement la cachette de Casanova car d'autres femmes sont encore séquestrées à ce jour (dont sa nièce) et que leur vie ne tient peut-être qu'à un fil (en effet, deux corps ont déjà été retrouvés dans la forêt…). L'enquête doit donc avancer rapidement, les policiers n'ont pas le choix : main basse sur les indices, les photos des scènes de crimes et tout ce qui s'ensuit…
Puis, bouleversement de situation : l'une des femmes captives réussit à s'échapper. Alex Cross se demande alors comment peut réagir Casanova suite à cela : pense-t-il qu'elle va se souvenir de l'endroit où elle était séquestrée et qu'elle va lui ramener fissa les flics à sa porte? Se sent-il démasquer? Va-t-il alors liquider une par une ses "proies" pour effacer toute trace de ses méfaits et disparaitre dans la nature? Ou va-t-il tout simplement tuer deux-trois de ses captives pour calmer sa colère d'avoir perdue sa favorite? Le temps est véritablement compté à présent pour Alex Cross et ses collègues qui comprennent que la vie des autres femmes séquestrées et toujours vivantes peut soudain basculer…

Bon, citons tout de même d'emblée les deux défauts majeurs du film de Gary Fleder :

1/ Certains pourront reprocher à la VF de dévoiler l'identité du fameux Casanova près d'une heure avant la fin du film, la faute à une maladresse du doubleur français qui ne change pas suffisamment sa voix quand il fait parler le kidnappeur et la personne qu'il est dans la vie courante (non, je n'en dirai pas plus, vous n'avez qu'à voir le film!).
Cependant, n'ayant pas tous les mêmes perceptions des choses, il est tout à fait possible que cette similarité dans les voix ne vous frappe pas d'emblée et ainsi ne vous gâche point le dénouement final. Pour être sûr de ne pas être déçu, mieux vaut regarder la VOSTFR.

2/ On reprochera également au scénario d'être parfois trop prévisible (certains rebondissements marchant relativement bien, d'autres pas du tout, la faute à des ficelles bien trop identifiables et des perches qu'il est difficile de ne pas voir par moments…).

Des défauts quand-même un peu gênants pour un thriller…



Concernant le casting, on retrouve comme dit précédemment notre cher Morgan Freeman ("la rue", "miss Daisy et son chauffeur", "Robin des bois, prince des voleurs", "seven", "Danny the dog", "deep impact", "amistad", "million dollar baby", "batman begins", "the dark knight, le chevalier noir"…) dans la peau d'un policier, deux ans après son rôle de détective dans le film de David Fincher "seven". Encore une fois, l'acteur est remarquable : à lui tout seul il porte le film vers le haut, de part sa prestation toujours aussi convaincante de policier sagace, réfléchi et au bon fond. Le public aime ses personnages policiers qu'il incarne au cinéma (tout comme de nombreux autres personnages également, dans "Danny the dog" ou encore "Robin des bois, prince des voleurs" par exemple…), on s'y attache toujours autant à chaque fois, un brillant acteur.

Mais "le collectionneur" sera également le premier grand succès public de l'actrice "thrilleresque" Ashley Judd ("heat", "le droit de tuer?", "le voyeur", "double jeu", "crimes et pouvoir", "instincts meurtriers", "bug"…). Interprétant le rôle d'une femme séquestrée par Casanova et réussissant tant bien que mal à lui échapper pour ensuite venir en aide à Alex Cross dans ses investigations, la belle et jeune actrice américaine (connue également pour ses flirts avec Robert De Niro et Matthew Mc Conaughey : la chance qu'ils ont! RIRES! Mais bon ceci est une autre histoire…) nous fait part d'une prestation très convaincante.
En effet, Ashley Judd parvient à nous interpréter un rôle complexe, un personnage aux multiples facettes : alors que l'on nous peint en début de film une jeune femme brillante et forte dans la vie (interne à l'hôpital en journée, celle-ci fait du kick-boxing les soirs pour se défouler et apprendre l'auto-défense), sa vie tourne rapidement au cauchemar après avoir croisé le chemin de celui qui se fait appeler Casanova (elle va alors être séquestrée durant quelques jours, rendue docile et faible par des produits que lui injecte le kidnappeur). Parvenue à lui échapper, celle-ci restera sous le choc (spasmes, visions…) durant de nombreuses heures (d'autant plus qu'elle culpabilise de s'être sauvée seule et d'avoir laissé les autres femmes séquestrées entre les griffes du kidnappeur) pour enfin se battre, rebondir et aider Alex Cross dans son enquête, persuadée qu'elle peut aider les jeunes femmes qui sont toujours captives.
Une grosse performance dont nous fait part l'actrice américaine dans le film de Gary Fleder.

De même, on appréciera le personnage de Casanova, aux méthodes si peu communes par rapport aux vilains méchants de nos thrillers favoris. L'homme collectionne les femmes, s'entoure d'une sorte d'harem qu'il chouchoute, nourrit mais qu'il garde cependant séquestré dans des souterrains, à l'abri des regards indiscrets, et qu'il drogue au fil des journées afin de les rendre dociles et non réfractaires à ses envies sexuelles. Une image qui trahit par ailleurs totalement le personnage auquel il s'identifie : en effet, jamais Casanova n'aurait usé de telles manières pour attirer la gente féminine dans ses appartements.
Un malade, certes, mais cependant à l'intelligence remarquable, sachant brouiller les pistes et donner du fil à retordre aux enquêteurs.



Au final, "le collectionneur" est un bon thriller comme on espère en voir un peu plus souvent. On retiendra plus particulièrement une sympathique et intéressante galerie de personnages portée entre autres par Morgan Freeman et Ashley Judd. Dommage cependant que le twist final puisse être gâché par ce doublage approximatif de la version française et que certains passages soient un peu trop prévisibles…

Un film à voir, tout comme sa pseudo-suite "le masque de l'araignée".