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Seule représentante de la loi sur une base située en plein cœur de l'Antarctique, Carrie Stetko enquête sur le premier homicide perpétré dans cette région isolée et glaciale du Globe. En effet, un homme a été retrouvé mort au pied d'une falaise et, aussi curieux que cela puisse paraitre, le cadavre ne possède aucun équipement de survie et aucun sac (de provisions ou de matériels propres à une expédition de ce type) n'est retrouvé à ses côtés… Mais d'où peut bien provenir cet homme retrouvé à plusieurs dizaines de kilomètres de la base la plus proche? Et surtout que faisait-il dans ce "no man's land"? Autant de questions que se pose Carrie Stetko mais auxquelles elle ne trouve pas de réponse. Mais rapidement, la jeune femme va croiser le chemin du tueur qui, armé d'un piolet, compte bien augmenter son nombre de victimes.



Sorti discrètement au cinéma en 2009, "whiteout" est un thriller polaire réalisé par un certain Dominic Sena à qui l'on doit entre autres les films "kalifornia", "60 secondes chrono" et "opération espadon", ainsi que de nombreux clips vidéo de la chanteuse Janet Jackson. Une production Joel Silver qui, contrairement à de nombreuses autres (les sagas "matrix", "fatal weapon" ou "predator" mais également les deux premiers volets de "die hard", "les rues de feu", "commando", "Roméo doit mourir", "la maison de cire 2005", "gothika"…), peine à séduire malgré quelques atouts indéniables.
Analysons de suite ce film et voyons ensemble le pourquoi du comment d'un si mauvais accueil par la presse française spécialisée mais également par une majorité de spectateurs.

Avant toute chose, précisons que "whiteout" est à l'origine un comic book créé par Greg Rucka et Steve Lieber narrant les péripéties d'une femme flic et d'une enquêtrice britannique au beau milieu de l'Antarctique. Il y a quelques années maintenant, Dominic Sena, en grand admirateur de ce comic book, avait tenté d'acheter les droits d'adaptation de celui-ci mais en vain… Jusqu'au jour où il apprit que Joel Silver, avec qui il avait déjà travaillé sur "opération espadon", détenait les droits d'adaptation de "whiteout" et cherchait un réalisateur pour mettre sur support audiovisuel l'œuvre de Greg Rucka et Steve Lieber. Comme l'on pouvait s'y attendre, Dominic Sena s'est montré fort intéressé auprès du producteur de grand renom et celui-ci accepta de lui confier les rênes du projet.



C'est certain, il est toujours difficile d'adapter un livre sur écran, alors quand on lit dans une interview que notre cher réalisateur "se fait le film dans sa tête" depuis 5 ans, nous sommes en droit de nous dire que le résultat devrait être à la hauteur des attentes du public (notamment ceux ayant dévoré le comic book à sa sortie). Hé bien non, contre toute attente, alors que le comic book avait reçu un accueil chaleureux, le film de Dominic Sena, lui, déçoit par sa fadeur, sa simplicité et ses longueurs.

Car il faut bien le dire, on s'ennuie beaucoup durant ce film. Les séquences d'action sont rares (on retiendra surtout la première apparition du tueur au piolet qui pourchasse notre chère Carrie : très intense, rapide et violente) et les dialogues souvent trop longs et peu intéressants. Heureusement, le film passe relativement vite. Comment cela se fait-il? Je n'en ai fichtrement aucune idée mais une chose est sûre : on n'a pas vu le temps passer que le film est déjà terminé (terminé aussi vite qu'il a commencé ceci dit en passant).

Le manque de rebondissements se fait cruellement ressentir tout au long du film, laissant place à une histoire des plus simples, bourrée d'incohérences (les portes ne sont décidément pas très solides dans ce film…), de flashbacks inutiles (je ne sais plus combien de fois nous revoyons la même scène où Carrie se fait cogner dessus par un malfrat, histoire de nous montrer que la jeune femme est toujours persécutée par ses vieux démons) et d'idées saugrenues (on nous parle de terrorisme, de trafic d'armes et de vol de diamants : on combine le tout et on en fait une intrigue des plus bancales! C'est si simple d'être scénariste de nos jours…).



Mais le gros problème, outre ce manque de punch et de rebondissements, c'est que le film ne procure aucune sensation! C'est malheureux à dire mais on ne ressent rien à la vue de "whiteout"… Alors que l'histoire se déroule dans un lieu peu commun et ô combien isolé (des kilomètres de désert blanc à perte de vue), inquiétant (n'importe qui peut se cacher avec le blizzard et les tempêtes de neige quotidiennes, sans parler des cachettes idéales que sont les bases désaffectées environnantes) et hostile (des températures avoisinant les -50/-60°C), le réalisateur ne réussit que très peu à tirer profit de ce contexte idéal (comme l'avait fait un certain John Carpenter en 1982…) et à créer un climat de terreur entre les gens isolés dans leur base perdue au milieu de nulle part, à la merci de n'importe quel malade trainant dans les parages.

Car on sursaute peu dans "whiteout" (on dénombre deux apparitions surprises de notre tueur au piolet et c'est tout) et la peur semble être le cadet des soucis de Dominic Sena qui préfère essayer de nous fourguer son histoire de terrorisme à deux balles (c'est le cas de le dire) plutôt que de nous faire palpiter dans des scènes de courses-poursuites haletantes. C'est fort dommage…

Fort dommage en effet car le casting était prometteur. La belle Kate Beckinsale (la saga "underworld", "pearl Harbor", "aviator", "Van Helsing", "motel"…), dans la peau d'une Carrie Stetko tourmentée mais battante, est encore une fois remarquable (on se souviendra surtout de cette scène où elle n'a guère le choix que de se faire amputer de deux doigts si elle veut empêcher la gangrène de se développer : une séquence forte où Kate Beckinsale nous fait part d'une impressionnante prestation).
De même, on retrouve aux côtés de Kate Beckinsale un Tom Skerritt certes vieilli mais toujours plaisant dans ses prestations ("la guerre est aussi une chasse", "M.A.S.H.", "alien, le huitième passager", "dead zone", "top gun", "la relève", "les larmes du soleil"…), ici dans la peau d'un docteur posé, sage et délivrant de précieux conseils à la jeune Carrie.

Passés ces deux personnages du haut de tableau, le reste du casting ne brille pas autant et s'avère tout juste passable : c'est le cas notamment d'un Gabriel Macht ("en territoire ennemi", "bad company", "la recrue", "love song", "the spirit"…) peu intéressant dans son rôle de belle gueule (qui ne semble là que pour nous mettre sur une fausse piste de romance avec la jolie Kate).
Déception également du côté de notre tueur au piolet : maladroit (il louperait un éléphant dans un couloir ce con…), très bête (il continue d'utiliser son piolet alors qu'il a quasi à ses pieds le flingue de Carrie Stetko qu'il vient de désarmer) et peu charismatique, celui-ci ne fera pas l'unanimité dans l'assemblée de spectateurs ça c'est sûr!



Reste toutefois, malgré un scénario bâclé et une moitié de casting très moyenne, une petite consolation : l'Antarctique. Alors certes le film a été tourné au Canada (plus précisément dans le Manitoba, une province canadienne) mais les décors, sans être exceptionnels pour autant, sont très attrayants. On sent parfaitement cette isolation permanente, cette détresse pouvant émaner de ces lieux reculés du Monde.
Les tempêtes de neiges sont également les bienvenues, avec ce système de cordage que cela implique (une corde, à laquelle on s'attache par mousqueton, relie les divers bâtiments d'une base afin de pouvoir se rendre de l'un à l'autre sans être emporté par une tempête) et qui fera l'objet d'une scène de course-poursuite bien sympathique.

Mentionnons pour finir cette critique que la musique du film est signée John Frizzell ("le pic de Dante", "alien la résurrection", "souviens-toi l'été dernier 2", "mrs. Tingle", "13 fantômes", "le vaisseau de l'angoisse", "stay alive", "the woods", "les châtiments", "legion"…), peut-être pas un gage de qualité mais le minimum est là. On regrettera toutefois quelques passages où la musique aurait été la bienvenue, notamment lors de panoramas polaires…

Au final, ce "whiteout" est une déception. Certes, les paysages sont là et la majeure partie du casting principal est de bonne facture, mais le scénario ne suit pas, ce dernier s'enlisant dans une monotonie incroyable (peu de rebondissements, des longueurs navrantes…) et dans des incohérences désolantes.

Décidément, pour qui aime les thrillers comme moi, l'année 2009 n'aura été qu'une pâle désillusion en termes de sorties ciné/dvds ("les cavaliers de l'apocalypse", "waz" ou encore ce "whiteout" ne resteront pas dans les annales…).








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