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Une famille de citadins décide de passer des vacances à la campagne, dans un petit village nommé Nilbog, véritable trou du cul du monde avec ses 26 habitants perdus au beau milieu des champs et des forêts. L'occasion pour nos quatre amis de se ressourcer et de se reposer, loin des bruits de la ville et de toute pollution. Mais cette petite bourgade est en fait un village peuplé d'affreux Goblins, créatures surnaturelles qui transforment les humains en végétaux afin de pouvoir ensuite les dévorer… Aidé par le fantôme de son grand-père, le jeune Joshua va essayer de sauver sa famille des griffes de ces monstres sortis tout droit des Enfers. Mais la tâche ne va pas être si facile pour notre jeune héros qui va se retrouver confronté à une vilaine sorcière qui n'est autre que la reine des Goblins. Nos amis réussiront-ils à lutter contre ces hordes de créatures hideuses prêtes à tout pour les transformer en végétaux?



Difficile de s'atteler à une critique telle que celle de ce fameux "troll 2", fausse suite du film "troll" de John Carl Buechler. Oui, j'ai bien dit "fausse" car le long-métrage dont il est question ici n'a de point commun avec le premier opus que le titre. Et encore, même le titre est mensonger : point de Troll ici (c'est le comble quand-même!), ceux-ci étant remplacés par des Goblins (ou Gobelins, c'est vous qui voyez), de vilaines créatures végétariennes qui vivent en communauté et ont la faculté de transformer les humains en végétaux pour pouvoir les dévorer ensuite.

Réalisé par un certain Claudio Fragasso (sous le pseudonyme Drake Floyd, petit cachotier va!) que l'on connait notamment pour ses nombreuses collaborations avec son ami Bruno Mattei pour lequel il était un scénariste habituel ("l'autre enfer", "virus cannibale", "les rats de Manhattan"…), même si notre brave homme a également réalisé quelques films de son côté ("zombie 4 : after death", "au-delà des ténèbres"…), "troll 2" est également coécrit par une autre tête bien connue : Joe d'Amato ("blue holocaust", "anthropophagous", "horrible"…).

Bon, on ne va pas passer par quatre chemin et annoncer d'emblée la couleur : "troll 2" est une ânerie comme vous n'en verrez que très peu dans votre vie, une série Z sans réel intérêt essayant de surfer sur l'originalité de "troll" sorti en 1986 pour se faire une petite place au chaud (même si la production Charles Band qu'était "troll" n'a pas reçu un accueil chaleureux partout où il est passé…). Pour vous donner une idée de la qualité de "troll 2", je peux vous dire qu'à l'instant où j'écris ces quelques lignes (nous sommes le 11 janvier 2010 et il est exactement 22h), le film de Claudio Fragasso se situe à la 56ème place du flop 100 de l'IMDb (Internet Movie Database) avec pas loin de 10000 votes en sa défaveur, c'est dire quand même!



Car oui, rien ne sauve cette série Z venue tout droit de nos chers voisins transalpins qui nous ont pourtant habitué à bien mieux, même en termes de série Z (personnellement, j'ai beaucoup aimé et rigolé devant "virus cannibale" pour rester dans le "domaine Fragassiesque"!).

Bon, commençons par discuter du scénario (si le cœur vous en dit toujours après mon intro peu habituelle… Mais bon faut dire les choses telles qu'elles sont et à www.horreur.com on n'aime pas l'hypocrisie! RIRES!). Ecrite sans grande volonté de la part de notre cher duo Fragasso / d'Amato d'enthousiasmer son spectateur, l'histoire ne surprend guère, enchaînant les bêtises et autres situations dérisoires et absurdes les unes après les autres.

Dès le début du film, on sent la connerie pointer le bout de son nez. Une histoire nous est contée par le fantôme d'un grand-père dans laquelle un jeune garçon nommé Peter (il faut voir l'air ahuri du jeune homme qui semble tout droit sorti de "Robin des Bois") tente d'échapper à de méchants Goblins. Arrivent alors au bout d'1min22 seulement les premières images chocs du film : notre jeune Peter gambade dans la forêt (ah non pardon, il tente de s'échapper en courant, désolé…), poursuivi par des créatures hideuses (car oui les maquillages sont très moches! Ah non, excusez-moi, ce sont des masques de carnaval recyclés pour l'occasion…) qui peinent à rattraper notre brave bonhomme, trainant leurs grosses bedaines et se gênant les uns les autres pour courir (on se croirait devant une scène où nos irréductibles gaulois attaquent en masse le camp retranché romain de Babaorum!), le tout sous une musique méga rythmée pour l'occasion! Du lourd en perspective! Et ça ne fait que commencer!



En effet, la suite du film n'est pas mieux et la seule chose que l'on peut dire, c'est que l'intro n'est pas mensongère et reflète magnifiquement ce qui va suivre dans ce film bas de gamme qu'est "troll 2". Entre les incohérences et autre absurdités (le père qui prévient son collègue de boulot la veille de son départ qu'il s'en va en vacances / les acteurs qui n'arrivent pas à rester immobiles lors d'une séquence où le fantôme du grand-père a stoppé le temps pour que Joshua puisse sauver sa famille à temps / les Goblins qui traversent les miroirs / Joshua qui réussit à se téléporter…), en passant par les scènes de grand n'importe quoi (un jeune homme transformé en pot de fleurs / la scène ridicule de spiritisme menée par l'inexpérimenté et puéril Joshua ayant pour but de joindre le fantôme de papy Seth…), "troll 2" est un véritable défilé de bêtises en tout genre où le trop peu de scènes amusantes, voire même originales (le passage où Joshua n'a pas d'autre alternative que de pisser sur la nourriture empoisonnée posée sur la table où ses parents festoient pour éviter que ceux-ci ne se transforment en légumes ou autres plantes vertes / la scène coconne où une sorte de gourou Goblin rassemble ses fidèles dans une vieille bâtisse pour critiquer les humains…), ont bien du mal à se mettre en valeur (et n'y arrivent pas d'ailleurs! Celles-ci, aussi peu nombreuses soient-elles, seront rapidement oubliées au fur et à mesure que les minutes passent…).

Les personnages ne sont pas en reste non plus, la galerie étant suffisamment gratinée pour ne pas nous ennuyer et ainsi assister à l'un des plus gros nanars (voire même navets pour certains) que nous puissions admirer à l'heure actuelle. Au programme, nous avons droit à un spectre maladroit (alors qu'il essaye de rester discret pour ne parler qu'à Joshua, ce con arrive à se tromper de chambre et à se faire remarquer) et tueur de Goblins (et il ne rigole pas attention!), un jeune héros tête à claque en la personne de Joshua, une mère de famille passive au possible (Joshua pisse sur la bouffe et celle-ci sort à sa fille "Joshua est un enfant ultra sensible"), un père à la ramasse tout au long du film (quel mou-mou celui-là, mériterait de se faire bouffer tiens!), le copain de la sœur de Joshua et sa bande de potes tout droit sortis de la "crétin académie" (mention spéciale au débilos à lunettes, Arnold, qui va essayer de parlementer avec les Goblins!) et surtout Creedence la reine des Goblins qui surjoue du début à la fin (yeux ronds, voix ténébreuse ridicule et mimiques en veux-tu en voilà, on se croirait devant un personnage maléfique stéréotypé de dessin animé).

Pour ce qui est des dialogues, le constat est le même : c'est alarmant. Comme nous pouvions nous y attendre, les textes ne volent pas bien haut et prêtent parfois à rire (le jeune Joshua qui s'écrit soudain "Nilbog, si on le lit à l'envers ça fait Goblin : c'est leur royaume!" / ou encore la réplique d'Arnold qui voit une jeune fille en train carrément de crever et qui sort "Qu'est-ce qui se passe? Mais elle suffoque on dirait?"…).
Omis le fait que les acteurs semblent la plupart du temps réciter un texte appris quelques minutes avant le "ça tourne!" de Claudio, l'intonation dans la voix n'est pas présente et nombreuses sont les mimiques excessives dans leurs jeu d'acteur. Et je ne parle pas de la VF désastreuse pour certains personnages…



Finissons la critique de cette connerie cinématographique comme il se doit en parlant des Goblins à proprement parlés. Comme mentionné rapidement en début de chronique, les Goblins n'ont strictement rien à voir avec les Trolls du film de John Carl Buechler. Masques ridicules pour certains (on aperçoit parfois l'acteur dessous!), coussins sous les vêtements pour donner l'illusion de la grosse bedaine pour d'autres, voix ridicules pour tous (bah oui comme ça y'a pas de jaloux), ces Goblins nous font plus rire qu'autre chose (et finalement, vu la débilité du film, c'est pas si mal ainsi : au moins on reste cohérent avec l'ensemble de l' "œuvre"…). Ah, et j'oubliais, ils ont aussi tous une verrue en forme de trèfle sur la peau! (pour du lourd, c'est du lourd!).

Le reste des effets spéciaux n'est pas terrible non plus : des maquillages très grossiers (le jeune transformé en plante ressemble plus à un tas de plastique peint qu'à autre chose) en passant par des scènes faciles et dépourvues d'effets spéciaux (on recrache un liquide verdâtre face à la caméra en gesticulant ou on répand une sorte de mélasse verdâtre parterre pour ensuite y mettre nos Goblins pour faire croire qu'ils viennent de dévorer un humain) et vous avez là un ensemble de scènes souvent kitchs mais qui peinent à convaincre…

Imaginez maintenant une bande de créatures hideuses aux voix débiles qui vous menacent avec des cuillères (référence à la photo) et des mets culinaires de couleur verte fluo (boissons, sandwichs, puddings, gâteaux et gelées) et vous avez là les terribles monstres de "troll 2"! Bah oui, parce que nos monstres sont végétariens et ne peuvent vous dévorer que s'ils vous ont fait avaler ou manger au préalable une mixture verte qui vous transforme en végétal!

SPOILER : Hé oui, le pire ennemi et la meilleure arme contre nos Goblins n'est autre que la viande, ainsi Joshua parviendra à les repousser en leur montrant et en mordant à pleines dents dans un sandwich jambon / salami, nos Goblins étant allergiques au cholestérol! FIN DU SPOILER

Au final, "troll 2" est tout simplement (et vous l'aurez aisément compris si vous avez lu ma critique) un énorme nanar en puissance (certains iront même jusqu'à dire que c'est un navet mais bon c'est vrai que l'on s'en rapproche énormément également) où tout n'est qu'absurdité. Un grand n'importe quoi que nous sert le duo Fragasso / d'Amato mais qui émerveillera peut-être (sûrement devrais-je dire) les amateurs de nanars et de grosses séries Z.
En ce qui me concerne, il y a nanar et nanar, là c'est vraiment trop con… Moi j'appelle cela une ânerie!
David il est bon public mais faut pas non plus le prendre pour un con!

en
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