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Le conte Dracula fait l'acquisition de l'abbaye de Carfax à Londres par l'intermédiaire du notaire Renfield. Après avoir jeté un sort au malheureux notaire pour en faire son bras-droit, le conte Dracula décide de partir pour Londres, en quête de sang neuf. Arrivé sur les lieux, il fait la connaissance de la famille Seward et plus particulièrement de l'une des filles du docteur Seward : Lucy, une belle brune au charme irrésistible. Malgré ses maladresses et son esprit légèrement tordu, le conte Dracula va tout de même se mettre en chasse mais attention : le Docteur Seward, malgré qu'il soit toujours à côté de la plaque, garde sans cesse un œil sur sa chère enfant et a même demandé de l'aide au professeur Van Helsing, un théoricien farfelu, pour la protéger du suceur de sang! La nuit va être longue pour notre pauvre conte Dracula qui ne cesse de cauchemarder et de se prendre la tête avec son bras-droit depuis qu'il est arrivé en Grande-Bretagne…



Mel Brooks! Voilà un nom à retenir dans le registre de la parodie! En effet, notre cher réalisateur-producteur a souvent fait preuve de beaucoup de talent pour parodier des classiques du cinéma, tous registres confondus : l'horreur et le fantastique ("Frankenstein junior", "Dracula, mort et heureux de l'être"), la science-fiction ("la folle histoire de l'espace"), l'aventure ("sacré Robin des Bois"), le western ("le shérif est en prison") ou encore l'Histoire ("la folle histoire du Monde") et bien d'autres registres encore (on peut citer également "la dernière folie de Mel Brooks"…).
Même si ce "Dracula, mort et heureux de l'être" est loin d'être son meilleur film, il faut bien avouer que celui-ci divertit énormément de part son très bon casting, ses péripéties multiples, ses situations grand guignolesques et cette faculté qu'a eue Mel Brooks à suivre littéralement l'œuvre de Dracula en la tournant de manière dérisoire.

"Dracula, mort et heureux de l'être" date de 1995, soit 3 ans après l'adaptation du roman de Bram Stoker par Francis Ford Coppola, film dont s'inspire bien-entendu Mel Brooks. Mais ce n'est pas le seul film qui rentrera dans la moulinette parodique du génial réalisateur. En effet, le "Nosferatu" de Friedrich W. Murnau, le "Dracula" de Tod Browning avec Bela Lugosi, "le cauchemar de Dracula" de Terence Fisher avec Christopher Lee (splendide séquence où notre Dracula farfelu fait un cauchemar dans lequel il boit du vin et mange une cuisse de poulet en plein soleil! Peut-être même la meilleure scène du film!) et même "le bal des vampires" de Roman Polanski (pour la scène du bal où Dracula nous offre une danse endiablée avec Mina) font partie des sources d'inspiration de Mel Brooks!



Autant être franc dès le départ, le film de Mel Brooks est certes moins jubilatoire que certains autres titres de sa filmographie ("sacré Robin des Bois", "la dernière folie de Mel Brooks" ou encore le grand "Frankenstein junior") mais réussit tout de même à enchaîner avec plus ou moins d'efficacité gags sur gags et jeux de mots sur jeux de mots. Car oui, il est vrai, certains passages peuvent sembler, comme pour "sacré Robin des Bois", un peu lourds (gags à répétition, lourdeurs du personnage de Renfield qui ne cesse son comportement idiot…) et d'autres séquences voulues amusantes peuvent faire l'effet d'un pétard mouillé mais il faut bien avouer que dans l'ensemble le film tient rudement bien la route, le mérite revenant au casting impeccable et à ce grain de folie généré notamment par le splendide duo Mel Brooks / Leslie Nielsen.

Qui d'autre que Leslie Nielsen ("le bal de l'horreur", "y'a-t-il un pilote dans l'avion?", "creepshow", "y'a-t-il un exorciste pour sauver le monde?", "le détonateur", "scary movie 3", "scary movie 4", "super heros movie", la saga des "y'a-t-il un flic…") aurait pu jouer ce rôle d'un Dracula maladroit et gaffeur avec cette attitude toujours décontractée? Et ce que l'on peut dire, c'est que l'acteur s'en sort vraiment bien! Alors certes, certains de ses gags tombent à l'eau ou s'avère un peu lourdingues par moments (mais bon c'est un peu une habitude que l'on connait de ce brillant acteur : à trop vouloir en faire, il génère parfois quelques gags loupés mais le résultat final est bien souvent réussi, en référence à sa saga culte des "y'a-t-il…").
Mais là, en conte Dracula, c'est tout simplement jouissif! Imaginez le puissant vampire transylvanien glisser sur une crotte de chauve-souris et dévaler un escalier les quatre pattes en l'air en guise de première apparition dans cette parodie de Mel Brooks! Et que dire de sa transformation en chauve-souris (cf photo) : on prend la tête de Leslie Nielsen, on la copie-colle sur un corps de chauve-souris et on le fait voler en zigzagant! Effet ridicule garanti! RIRES!!!
Certaines autres séquences valent également leur pesant de cacahuètes : Dracula qui se lèche les babines d'un air idiot et contemplatif à la vue d'un saignement de Renfield, les scènes d'hypnose de Dracula qui s'avèrent être constamment un échec (mon dieu que c'est bête! RIRE!) ou encore son ombre qui, contrairement à un Nosferatu, ne reste pas en place une minute!



Mais les autres personnages ne sont pas en reste, à commencer par un Mel Brooks irrésistible lui aussi dans le rôle d'un professeur Van Helsing ayant terriblement de mal à communiquer dans la langue anglaise ("un fompireuuuh!") et discutant de théories totalement bancales et ridicules! On appréciera notamment cette scène d'autopsie ou, un par un, ses élèves tombent dans les pommes à la vue des diverses opérations qu'il effectue avec le "plus grand" professionnalisme (mon dieu que les bruitages sont géants à ce moment, surtout le fracassage du crâne au maillet qui donne l'impression que l'on a brisé un vase! RIRES).
Peter MacNicol ("sos fantômes 2", "les valeurs de la famille Addams", "Bean", "rupture mode d'emploi"…) interprète quant à lui le rôle de Renfield, un personnage complètement décalé, mais qui malheureusement fait souvent chou blanc dans ses scènes lui étant consacrées (on retiendra surtout une scène de conversation avec le conte Dracula en prison mais surtout la scène du thé avec le docteur Seward où il ne peut s'empêcher d'avaler tous les insectes passant à sa proximité en raison du sort que lui a jeté le conte Dracula), la faute à des lourdeurs dans son comportement trop excessif…
N'oublions pas aussi le personnage du docteur Seward joué par Harvey Korman ("Huckleberry Finn", "la coccinelle à Mexico", "la folle histoire du Monde", "la famille Pierrafeu"…) : un père de famille constamment à côté de la plaque, très influencé par les théories bidons de Van Helsing et ne connaissant comme remède au mal et à la folie que les lavements successifs perpétrés par ses employés dans son asile d'aliénés!

En fait, seul le personnage de Jonathan Harker, le fiancé de Mina (la seconde fille du docteur Seward) interprété par Steven Weber ("jf partagerait appartement", "farmhouse", "reefer madness"…) semble avoir été laissé un peu de côté par Mel Brooks (on retiendra tout de même cette scène tirée par les cheveux où celui-ci reçoit des hectolitres de sang en pleine figure après avoir enfoncé un pieu dans le corps d'une Lucy vampirisée, le tout sous le regard d'un Van Helsing qui se cache pour ne pas abîmer ses vêtements!).

Enfin, le casting féminin est lui aussi remarquable : Amy Yasbeck ("pretty woman", "Junior le terrible", "sacré Robin des bois", "the mask"…) jouant une Mina sexy, coquine et brillante danseuse et Lysette Anthony ("krull", "dans la peau d'une blonde", "allo maman ici Noël", "Dr Jekyll and Mrs Hyde"…) dans le rôle d'une Lucy remarquable dans son petit rôle de vampire. Des actrices très sexys et aux rondeurs admirables soit dit en passant (hum hum… Donc ça c'est fait…).



Mais le plus important est que l'on ne s'ennuie pas une seconde dans cette parodie farfelue : les dialogues font mouche de nombreuses fois et les situations sont souvent dérisoires au possible (les théories de Van Helsing, le docteur Seward paumé, un Dracula perturbé par son métabolisme modifié suite à la délectation de sang neuf et qui perd la notion du temps et fait des cauchemars…).
Ajoutez à cela des décors réussis, des costumes d'époque magnifiquement réalisés et une musique collant parfaitement au film et à l'époque ciblée (superbe musique lors du bal notamment) et vous obtenez là une parodie de film fantastique très réussie!

Au final, malgré quelques lourdeurs et autres gags faisant l'effet d'un pétard mouillé, ce "Dracula, mort et heureux de l'être" est un très bon divertissement pour qui aime les parodies au cinéma et le mythe de Dracula de Bram Stoker bien entendu. Leslie Nielsen est remarquable comme à son habitude dans ce rôle farfelu du conte transylvanien! Un film qui fout une claque remarquable à "un vampire à Brooklyn" de Wes Craven avec Eddie Murphy sorti la même année!








Du même réalisateur :

FRANKENSTEIN JUNIOR