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Summer, une jeune adolescente un brin voyou, décide de partir à la recherche de son père qu'elle n'a jamais connu. En chemin, elle tombe sur un jeune homme du nom de Tom qui lui propose de l'héberger pour la nuit. Après une nuit mouvementée entre les deux tourtereaux, Tom refuse de laisser repartir Summer et l'oblige à rester dans sa modeste demeure, en compagnie de sa mère et lui. Face à la réticence de la jeune fille, Tom se voit contraint d'en venir à la manière forte et, avec l'aide de sa mère, assomme Summer d'un violent coup derrière la tête. Quand cette dernière se réveille, elle est ligotée dans la cave de la maison, au milieu de belles plantes vertes. A côté d'elle se trouve attachée à une chaise une jeune fille mourante, déshydratée, gémissant de douleur... Séquestrée par Tom et sa mère, Summer est loin d'imaginer que le pire reste à venir : en effet, le père de famille, que Tom craint énormément, va bientôt revenir dans son foyer…



"Summer's blood" est un petit survival sorti en 2009 en France sans grande publicité. Essayant d'attirer le spectateur grâce à son actrice vedette qui n'est autre que la jeune et jolie Ashley ‘Twilight‘ Greene ("twilight – chapitre 1 : fascination" et ses suites, "warrior"…), "Summer's blood" tente de s'imposer dans le registre du survival, un registre maintes fois exploité ces dernières années. Mais une star montante du cinéma de genre en tête de casting ne suffit pas à faire un film et ce "summer's blood" en est la preuve même.

La première chose que l'on comprend aisément dès la première demi-heure du film de Lee De Marbre (grand inconnu), c'est que celui-ci se veut choquant, veut montrer un spectacle dérangeant et ce par tous les moyens possibles, tout en restant dans une certaine crédibilité. Pour cela, divers thèmes viennent se confronter dans ce long-métrage dans le simple but de faire frémir le spectateur : nous avons alors droit à une famille de serial killers qui, comme si cela ne leur suffisait pas d'être malfaisant, sont en plus totalement dérangés et font même preuve d'inceste (le fils qui embrasse farouchement sa mère, le père qui caresse les cuisses de sa fille…). Ajoutons à cela un shérif dont la seule préoccupation semble de vouloir se taper la mère (très aguicheuse) de Tom, puis un conducteur qui prend un malicieux et dégoutant plaisir à prendre des auto-stoppeuses à condition qu'elles lui fassent une turlute dans sa voiture, une mécanicienne un peu chaudasse sur les bords et enfin un père de famille très porté sur les prostituées et qui n'hésitera pas à liquider des proches (mais je n'en dirai pas plus) et vous avez là la parfaite galerie de personnages décalés tels que l'on pouvait en voir dans "the devil's reject", "écorché vif", ou encore le "mum and dad" britannique de Steven Sheil auquel le film de Lee De Marbre se rapproche énormément.

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Mais cessez tout de suite de saliver suite à ces quelques lignes! RIRES! En effet, malgré ces personnages et ce contexte de folie, le gros problème du film de Lee De Marbre et qu'il n'arrive pas à décoller. Alors que l'introduction pouvait promettre de bonnes petites choses, le film plonge progressivement le spectateur dans le plus profond ennui (un peu à la manière du film "les proies" de Gonzalo Lopez-Gallego).
Toutes cette galerie de personnages décalés s'avère au final assez fade et ce grain de folie présent chez la mère et son fils disparait soudainement, ne laissant la place plus qu'à un scénario bâclé, chiant, prévisible et qui peinera à maintenir en haleine le spectateur malgré des scènes souhaitées choquantes par le réalisateur mais qui n'arrive jamais à atteindre un niveau suffisamment élevé dans la folie de ses personnages. Dingues, ils le sont tous dans cette famille c'est sûr, mais le souci est que ce film sort peut-être trente ans trop tard : pour ce qui est des familles complètement tarées, on a déjà vu mieux, beaucoup mieux…

Même chose pour les péripéties. On ne peut pas dire que le film en manque, malgré son scénario assez platonique, mais là encore ces quelques séquences d'action (la venue du père d'Amber qui recherche désespérément sa fille, séquestrée par Tom / l'enlèvement de Jessie la mécanicienne / le pétage de plomb du père de famille) sont bien trop brèves et se font engloutir les unes après les autres par le restant du scénario doté d'une monotonie et d'un ennui remarquables.

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Les personnages eux-mêmes ne sont pas ceux que l'on aurait espéré en lisant le résumé du film (ou même le script je parie!). Trop passifs, manquant d'intonation dans la voix (doublage français exécrable pour certains personnages), parfois très cul-cul (mon dieu que l'acteur jouant Tom est mauvais, et l'actrice jouant la mère est encore pire : un vrai légume obnubilé par la virilité de son mari et très maman-poule avec son vilain fils), le casting se révèle fort décevant. Seul l'acteur Stephen McHattie ("la baron rouge", "New York ne répond plus", "la secrétaire", "a history of violence", "300", "kaw", "watchmen"…) dans le rôle du père de famille réussit à faire passer ce grain de folie que l'on attendait tant (dommage car on ne le voit apparaitre qu'au bout de 1h05 pour 1h25 de film, ça fait léger quand-même…).

Les dialogues ne sont pas fameux non plus, on frôle le crétinisme. La palme revient sans conteste à notre chère Ashley Greene qui n'est vraiment pas aidée avec ses répliques ridicules ("pauvre con t'es complètement ravagé mais moi tu ne vas pas me tuer aussi facilement j'te préviens!", "si ça continue moi aussi je vais finir par mourir!"…). Il est également amusant de voir comment le comportement d'une personne peut changer aussi vite : notre chère Summer devient du jour au lendemain très attentionnée ("Tom, je pourrais être ta favorite" dit-elle avec une voix mielleuse exécrable) vis-à-vis d'un Tom qui, lui, ne voit même pas qu'elle est en train de se foutre de sa gueule pour mieux le manipuler et se sauver.

De même pour cette pauvre sotte de Jessie (la mécanicienne sexy) qui, pendue par les bras dans la cave de nos maboules, crie, se débat sauvagement et menace ses tortionnaires avant de, soudainement (en une fraction de seconde même!), prendre une voix gentillette, tournant ainsi la séquence en dérision (tout commence par un méchant et vociférant "Mes potes vont vous retrouver et là vous allez pleurer votre mère! Va te faire foutre et t'approche pas de moi : tu fais encore un pas et j'te jure que j't'arrache les yeux avec les dents!" pour soudainement changer d'intonation pour donner un calme et presque sensuel "Ok je ferai ce que vous voudrez, j'suis un super coup, vous le regretterez pas" (Ridicule nan? Et c'est juste un petit échantillon de la qualité des dialogues! RIRES !!!).

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Alors que reste-t-il d'intéressant dans ce film? Des scènes sanglantes? Non (sauf une giclée de sang en plein visage lors d'un tir en pleine tête). Une musique entraînante? Même pas. Une fin décapante? Mouais, un petit brin de sauvagerie dans les dernières minutes mais pas de quoi fouetter un chat. Une morale alors, un message? Si on veut, disons que ce film veut nous montrer à quel point la famille c'est sacré. Une bien curieuse façon de le montrer, un second degré sympathique mais qui malheureusement ne bénéficie pas d'une bonne réalisation…

Nan, en fait, les trucs biens dans ce film, ce sont 1) L'introduction de l'auto-stop, 2) La plastique de certaines actrices et 3) Le charme fou que dégage Ashley Greene dans la séquence du bar, au tout début du film.

Au final, ce "Summer's blood" ne restera pas dans les annales du survival. Un film qui ne parvient pas à emmener le spectateur suffisamment loin dans la folie, la faute à des personnages peu travaillés, des dialogues dérisoires, un scénario mince et un tempo mis à mal par des séquences momolles à souhait. Un film à oublier…








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