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XVIème siècle, Angleterre. Un capitaine sanguinaire et courageux du nom de Solomon Kane extermine les ennemis de la cour d'Angleterre avec son armée de guerriers. Alors que personne ne semblait en mesure de l'arrêter, leur épique marche dévastatrice va s'arrêter net lors de l'attaque d'une forteresse païenne. Les uns après les autres, les hommes de Solomon Kane sont exterminés par des créatures démoniaques jusqu'à ce qu'il ne reste plus que leur chef de troupe. C'est alors que Solomon Kane se retrouve face à un envoyé du Diable venu s'emparer de son âme corrompue. Ayant réussi à lui échapper, le redoutable guerrier part se cacher du monde des Ténèbres dans un monastère où il décide de racheter ses péchés en renonçant à la violence. Mais cette quête de rédemption, cette nouvelle vie de paix, va être mise à l'épreuve lors de son retour en Angleterre. Dévastée, obscurcie par les multiples incendies criminels, la grande île n'est plus qu'un champ de bataille, endeuillée par les nombreux assauts et meurtres sauvages perpétrés par des guerriers sanguinaires et autres monstres et sorcières commandés par un seigneur malfaisant. Sur sa route, Solomon Kane va faire la connaissance d'une famille puritaine, les Crowthorn, qui vont tomber dans un guet-apens. Avant de mourir, le chef de famille va demander à Solomon Kane de retrouver sa fille Meredith, enlevée par les hordes de barbares dans le but d'en faire une esclave. Une quête qui lui permettrait de racheter ses péchés, mais qui pourrait également lui faire perdre une bonne fois pour toute son âme, Solomon Kane ayant alors renoué avec ses instincts de tueur sanguinaire pour retrouver la jeune fille et pénétrer dans le royaume du seigneur machiavélique qui a pris possession des contrées avoisinantes.



"Solomon Kane" ou comment faire un film épique en essayant de se rapprocher le plus possible d'un blockbuster mais avec un manque de budget évident. Attendu par les fans de Robert E. Howard (à qui l'on doit surtout la création de Conan le barbare), le film narrant les aventures de ce capitaine anglais arrive enfin dans les salles obscures en décembre 2009.
Réalisé par Michael J. Bassett (réalisateur de "la tranchée" et surtout du bon petit "wilderness"), "Solomon Kane" est un long-métrage faisant partie du registre de l'heroïc fantasy, un registre au contenu très inégal, allant des très bonnes surprises ("le seigneur des anneaux", "Conan le barbare", "l'histoire sans fin", "willow"…) aux films médiocres ("donjons et dragons", "l'attaque du griffon"…), en passant par quelques films passables et n'ayant d'intéressant que quelques passages au final assez vite oubliés ("Conan le destructeur", "conquest", "le monde de Narnia"…).
Le film de Michael J. Bassett se classe volontiers dans cette troisième catégorie, la faute à un scénario trop prévisible, des dialogues creux et une fin plus que bâclée. Loin d'être mauvais sur toute la ligne, "Solomon Kane" mérite tout de même que l'on passe rapidement en détails ses quelques qualités (aussi peu nombreuses soient-elles) mais bon, vous voilà d'emblée prévenus de ce qui va suivre dans ces quelques paragraphes!

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Très manichéen dans son approche (comme bon nombre d'heroïc fantasy), "Solomon Kane" tire malheureusement sur des ficelles scénaristiques trop évidentes. Malgré une histoire intéressante (un valeureux guerrier sanguinaire décidé à racheter ses péchés en cessant toute violence après être passé tout prêt de la mort finit par revenir à ses anciennes habitudes de guerriers pour sauver la fille d'une famille puritaine avec qui il a lié une forte amitié), on regrette certains passages trop prévisibles, dont notamment les péripéties de la deuxième partie du film censées être des surprises pour le spectateur mais qui, pour une grande partie d'entre nous, n'auront pas l'effet escompté.

De même, l'histoire devient vite monotone au fil des minutes et sombre rapidement dans le déjà-vu, même si certaines références sont plutôt récentes (on pense souvent à des films tels que "Van Helsing" ou encore "Underworld 3 le soulèvement des lycans" par exemple). Alors que le premier quart d'heure (ainsi que la bande annonce de très bonne qualité, soit dit en passant) nous laisse présager un agréable film bourré de bonnes idées (la scènes des monstres dans les miroirs qui choppent les hommes de Solomon Kane un par un / l'envoyé du Diable et son design rappelant le dessin animé "Taram et le chaudron magique" / les quelques scènes de combats d'entrée de jeu…), le film de Michael J. Bassett accumule rapidement les scènes de combats à répétition sans trop rien apporter de neuf (sur toutes les scènes de combats épiques du film, seuls quelques passages retiendront réellement l'attention du spectateur, sans trop rien transcender pour autant…).

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Car c'est bien cela que l'on regrette au final : les scènes de combats d'épées et autres haches. Longuettes pour certaines, pas assez brutales pour d'autres (nous sommes très loin de la violence et de la sauvagerie d'un "pathfinder" ou d'un "300" par exemple), les nombreuses scènes de combat demeurent assez peu convaincantes au final, malgré la bonne immersion que le réalisateur nous procure ici (hop, je prends ma caméra et je me place au cœur du champ de bataille). Autre aspect qui nuit à certaines de ces scènes de barbarie : l'attitude de Solomon Kane qui, parfois, semble se faire chier sur le champ de bataille et ne montre que peu d'intérêt à ce qui l'entoure (hop j'en embroche un, puis deux, hop un coup de pistolet par ci, un autre par là…).

Autre regret (peut-être bien plus frustrant celui-ci) : la fin du film. Sans vous raconter celle-ci, je ne peux que vous avertir qu'elle est très loin d'être reluisante. Expéditive et bâclée de manière honteuse, la scène finale entre Solomon Kane et son ennemi juré ne fera l'objet d'aucun réel affrontement physique et ne durera que quelques dizaines de secondes tout au plus… Enorme déception qui laissera au final une énorme amertume chez le spectateur. Car il faut bien le dire : sans cette fin pitoyable, nous serions arrivés au générique de fin avec certes en mémoire les défauts flagrants du film mais avec aussi l'impression d'avoir tout de même assisté à un bon petit divertissement, sans plus. Alors que cette fin honteuse laissera de tels regrets que l'on en oublierait presque les quelques petites qualités du film…

Car des qualités, "Solomon Kane" en possède également, même si celles-ci sont loin de faire basculer la balance en sa faveur... A commencer par un casting remarquable avec quelques têtes bien connues : Max Von Sydow ("l'exorciste", "Conan le barbare", "dune", "le bazar de l'épouvante", "minority report"…) et Pete Postlethwaite ("au nom du père", "usual suspects", "Romeo + Juliette", "le monde perdu", "amistad"…), tous deux impeccables dans leurs rôles respectifs.
Dans la peau de Solomon Kane, on retrouve un James Purefoy ("le phare de l'angoisse", "resident evil", "chevalier", série "rome"…) plutôt à l'aise dans ce rôle même si on lui reprochera quelques scènes approximatives (son insouciance lors de certains combats mais également sa difficulté à jouer la tristesse et le désespoir lors des quelques rares scènes censées être émouvantes même si l'homme reste un dur à cuire !RIRES).
Enfin, on notera la présence de Rachel Hurd-Wood ("Peter Pan", "american haunting"…) dans le rôle de la jeune Meredith ainsi que de Mackenzie Crook (Ragetti dans la saga de "pirates des caraïbes") dans le rôle d'un homme d'Eglise malsain.

Dommage que ce très bon casting donne lieu à des dialogues insipides, creux et sans réel intérêt… Un autre point faible du film en l'occurrence.

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Par contre, tout comme le personnage principal en quête de rédemption, le film de Michael J. Bassett tente de se racheter de ses péchés et de ses erreurs en nous offrant une image de qualité (teintée de noir, de gris et de bleu sombre) et des décors lugubres et sales à souhait (même si certains sont parfois un peu vides). La noirceur des paysages et cette pluie incessante (je savais qu'il pleuvait souvent en Angleterre mais à ce point-là…) ajoutent un réel plus à ces décors dévastés, ces maisons brûlées, ces villages détruits dont les corps des villageois gisent sur le sol recouvert de boue ou sont pendus à des arbres.

Les ennemis de Solomon Kane ne sont pas en reste non plus et témoignent aisément que nous sommes bel et bien dans de l'heroïc fantasy : démons, monstres, sorcières, Faucheuse du Diable… Un véritable défilé de sales gueules qui vont mener la vie dure à un Solomon Kane prêt à tout pour sauver la jeune Meredith et ainsi sauver son âme (têtes coupées, gorges tranchées, membres sectionnés…)! Par ailleurs, n'oublions pas de souligner la beauté des costumes, parfaitement ancrés dans l'époque élisabéthaine (XVIème siècle en l'occurrence).

Malgré le manque de budget évident pour ce genre de production, Michael J. Bassett s'en sort plutôt bien sur l'aspect visuel et tout ce qu'il comporte (décors, maquillages, effets spéciaux…). Malgré que les effets spéciaux soient plutôt de bonne facture, on regrettera peut-être leur faible nombre ou leurs trop brèves apparitions (je pense notamment au monstre final) mais bon ne chipotons pas non plus!

Au final, malgré un très beau visuel et un casting prometteur, "Solomon Kane" s'avère assez moyen, la faute à des ficelles scénaristiques trop évidentes, des dialogues creux et une fin bâclée. Un film que je ne conseille qu'aux amateurs d'heroïc fantasy. Pour ce qui est de le voir au cinéma, je préfère vous le déconseiller et vous invite plutôt à le découvrir le temps d'une location lorsque le film sera disponible sous format laser.