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Alors que la guerre a éclaté aux Etats-Unis, une bande de déserteurs réussit à trouver refuge dans un bâtiment abandonné. Mais alors que nos cinq jeunes amis pensent être à l'abri de toute menace, voilà qu'ils découvrent que la base dans laquelle ils se trouvent s'avère être une sorte de laboratoire dans lequel des manipulations génétiques avaient lieu. Très vite, nos chers déserteurs vont faire la connaissance d'organismes génétiquement modifiés vivant entre ses murs et ayant soif de sang frais…



David DeCoteau. A la simple évocation de son nom ou de l'un de ses pseudonymes (Victoria Sloan, Richard Chasen, Jack Reed, Joseph Tennent, Ellen Cabot…) dans un générique et certains fuiraient le dvd ou la VHS comme la peste. Une réputation médiocre qui semble ne plus vouloir se détacher du réalisateur et qui se montre de plus en plus tenace et forte avec le temps.
En effet, alors que David DeCoteau nous a, durant plusieurs longues années, offert des scream queens parfois bien sympathiques à l'écran (on pense bien évidemment à Linnea Quigley, la punkette délurée et exhib' du très bon "le retour des morts-vivants" de Dan O'Bannon, qui a également joué dans une bonne flopée de films de DeCoteau tels que "nightmare sisters", "ma prof est une extraterrestre", "deadly embrace", "the killer eye"…), son penchant pour les films fantastiques dévoilant de manière excessive des beaux mâles tous beaux tous chauds en énerve plus d'un.

"Creepozoids", pure série B des années 80, fait partie des films les plus connus de David DeCoteau (avec entre autres "dreamaniac", "deadly embrace", "brotherhood", "speed demon", "leeches" sans oublier les volets des Puppet Master et "frightening"). Souvent surnommé "l'Alien du pauvre", ce petit film nous plonge dans un huit-clos où un petit groupe de cinq personnes tente de survivre à un monstre génétiquement modifié mais également à d'autres mutants tels que des rats ignobles et voraces ou encore un bébé difforme cannibale… "Que de joyeusetés!" me direz-vous. "Hé bien oui, sur le papier c'est sympa…" vous répondrai-je.



Car "creepozoids" est tout de même un film très moyen, souvent brouillon même, mais qui se laisse toutefois suivre pour deux raisons : la réalisation est plutôt dynamique (on ne s'ennuie pas et les dialogues, bien que simplistes, vont droit au but) et le film dure un tout petit peu plus d'une heure (évitant ainsi, comme bon nombre de petites séries B fantastiques des années 80, une demi-heure de remplissage sans grand intérêt).

Niveau scénario, on ne peut pas dire que nous ayons entre les mains une œuvre originale. Véritable plagiat au rabais de "alien, le huitième passager", "creepozoids" va même jusqu'à repomper certaines idées du film culte de Ridley Scott (le design de la bestiole, le mort à table…), sans jamais arriver ne serait-ce qu'à la cheville de ce dernier.
Alors que ce genre de huit-clos mettant en scène un monstre tapi dans l'obscurité devrait nous procurer un minimum de frissons, le suspens et l'angoisse tant souhaités sont gâchés par des scènes de courses-poursuite ridicules dans les couloirs et les conduits d'aération et par une musique au synthé (rappelant les bons vieux jeux vidéo des années 80) certes distrayante mais ne collant pas du tout avec l'atmosphère d'un huit-clos telle que l'on était en droit d'espérer…

Par ailleurs, il est vraiment dommage que certaines scènes nous montrant des attaques du monstre aient été bâclées (celles-ci sont coupées subitement, renforçant cette impression d'un manque flagrant de budget, chose à laquelle sera malheureusement souvent confronté DeCoteau dans les productions Charles Band, alias Mr Full Moon Pictures) alors que la scène du combat final (et ridicule) entre le dernier survivant et le grand monstre noir semble s'éterniser, notre mutant ne semblant pas vouloir plus que cela manger le dernier de la troupe (notre soldat est balancé d'un bout à l'autre de la pièce tel un pantin mais notre monstre n'en profite pas pour autant pour lui sauter dessus, celui-ci préférant visiblement attendre que le soldat aille mieux et reprenne des forces pour se prendre une déculottée sévère…). Une scène pathétique qui, heureusement, annoncera ensuite la venue d'un nouveau monstre (le 4ème du film après notre alien caoutchouteux et deux rats géants) pour une scène finale plutôt sympathique (peut-être les 5-10 meilleures minutes du film, il aura fallu attendre mais nous y sommes parvenus!).



Mais l'un des défauts les plus flagrants du film de DeCoteau est son casting. En effet, malgré un rythme bien soutenu (le contraire aurait été le comble pour un film de cette durée…), l'ambiance et le peu d'impact qu'aurait pu avoir "creepozoids" sont plombés par des personnages sans saveur servis par des acteurs sans grand talent (même si l'on retrouve dans la troupe notre chère Linnea Quigley, une scream queen jetant plus facilement son dévolu sur des séries B fantastiques destinées au marché de la vidéo, d'autant plus si celles-ci lui permettent de mettre en avant sa jolie poitrine et sa petite touche d'excentricité telle qu'elle nous en avait fait part dans son rôle de punkette dans "le retour des morts-vivants").

Comme dans bon nombre de productions de ce type, nous retrouvons notre petit groupe d'amis tous plus stéréotypés les uns que les autres : la belle blonde sexy (une Linnea Quigley qui profite de son rôle d'aguicheuse pour montrer son corps de rêve sous une bonne douche bien chaude, histoire de palier à un scénario en manque d'inspiration), le jeune soldat trou-du-cul et bête comme ses pieds, la jeune discrète et posée, le petit intello de service et notre chef de bande courageux qui ferme le cortège.

Alors que les filles (Linnea Quigley et Kim McKanny, une actrice porno soit dit en passant…) passent leur temps à se plaindre, à s'inquiéter et à crier pour la moindre chose, les hommes sont quant à eux idiots au possible : alors qu'ils savent que l'une des entrées de l'antre du monstre (une grille d'aération) se situe sous le bureau d'ordinateur, ceux-ci continuent d'aller y pianoter comme si de rien n'était et sans même regarder vers la grille en question (et ne parlons pas d'une scène de course-poursuite où l'un des gars réussit à tomber dans un couloir pourtant éclairé et dépourvu de tout obstacle et autres objets encombrants! RIRES!).

Ajoutez à tout cela des dialogues, certes allant toujours à l'essentiel et ne se perdant pas dans des explications ennuyeuses (d'ailleurs, vous ne saurez jamais ce que sont ces créatures qui peuplent la base secrète…), mais ô combien creux et sans grand intérêt qui montrent là les limites d'un scénario déjà à bout de souffle au bout de quelques minutes de pellicule.



Que dire des SFX? Hé bien que là encore le manque de budget se fait cruellement ressentir (référence entre autres aux sublimes pistolets à rayons lasers) mais alors qu'est-ce qu'on rigole! Voilà l'un des atouts du film (si, si…) : alors que le casting est chiant au possible, les effets spéciaux sont quant à eux tellement poches que c'en est hilarant! (c'est dingue comment certaines productions Band ou Corman me font marrer!). Hé oui, nombreux sont les films de DeCoteau où vaut mieux rire que pleurer et savoir laisser de côté le 1er degré!

Au programme, "creepozoids" vous dévoile 4 monstres et quels monstres mes aïeux, quels monstres! Tout d'abord vous aurez droit à un gros monstre noir inspiré du célèbre alien de Ridley Scott sauf qu'ici nous avons plutôt une grosse masse noire caoutchouteuse, la plupart du temps dans la pénombre (c'est ce que l'on appelle le cache-misère…). Puis viendra le clou du spectacle, le summum en termes de monstres ratés, j'ai nommé "les rats génétiquement modifiés" : des peluches que les acteurs tiennent à bout de bras au-dessus d'eux et qu'ils agitent pour faire croire que nos rongeurs mutants les agressent! Tout simplement excellent!

Enfin, nous aurons droit au monstre final : un bébé mutant hideux aux yeux ronds comme des billes (que dis-je, des boulards, des calots! RIRES!). Là encore, nous avons droit à un bébé bien affreux (comme dans "braindead" de Peter Jackson ou encore dans les opus de la saga des "the unborn") : marchant au ralenti en trainant derrière lui son cordon ombilical (SPOILER : cordon que notre héros utilisera d'ailleurs pour l'étrangler! Il faut le voir en train de suffoquer le petit bonhomme, la meilleure scène du film! RIRES! FIN DU SPOILER).

Par contre, pour certains qui attendraient par hasard quelques plans gores, je ne peux que vous annoncer une bien triste nouvelle : ceux-ci se font très discrets. 2-3 morsures de rats, un liquide noirâtre sortant de la bouche de l'une des victimes et une tête réduite à l'état de bouillie sous la pression de flots de sang en sortant : voilà donc les scènes sanglantes du film. Je sais, c'est bien maigre tout cela mais il faudra s'en contenter malheureusement…
On regrettera également que l'antre de la bête n'ait pas été plus travaillée. En effet, celle-ci est constamment dans la pénombre alors qu'on l'imagine remplie de morceaux de corps humains (quelques restes de membres sont tout juste visibles à l'écran…) : "un cache-misère de plus" diront certains…

Finissons par une autre petite note positive : une scène de combat à mains nues entre Linnea Quigley et sa copine transformée en mutant (qui a d'ailleurs à ce moment un faciès bien disgracieux et répugnant : beau maquillage). Décidemment, il y avait de bonnes petites choses dans ce "creepozoids", dommage que le tout soit plombé par un scénario stupide, un casting médiocre et des incohérences perturbantes…

Au final, "creepozoids" n'est pas un mauvais film, juste une petite série B fantastique ne se prenant pas au sérieux. Loin du navet et bien plus proche du nanar, le film de DeCoteau ne se prend à aucun moment au sérieux et nous offre des effets spéciaux à deux balles hilarants. Dommage cependant que le scénario soit si creux, que le casting soit si médiocre, que les effets gores soient si rares et que le film soit plombé d'incohérences et de scènes trop rapidement expédiées (ça fait pas mal de points noirs tout ça…) car il aurait certainement mérité un meilleur sort que celui d'être au final qu'un petit nanar de plus dans la filmographie de David DeCoteau…