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L'action prend lieu et place en 2018, après l'Apocalypse qui a vu s'affronter les hommes et les robots. John Connor est devenu le chef de la résistance humaine luttant toujours contre Skynet et son armada de cyborgs, les Terminators. Un beau jour apparaît Marcus, personnage énigmatique ayant partiellement perdu la mémoire. Très vite, au cours de ses pérégrinations, il se lie d'amitié avec Kyle Reese et Star, deux enfants rescapés, dont le premier n'est rien d'autre que le futur père de Connor. Après la capture des rejetons par de grosses machines de Skynet chassant les survivants humains, Marcus poursuit son bonhomme de chemin. C'est à ce moment-là qu'il rencontre Connor, le chef des opposants à l'armée des Terminators lequel est plus que douteux à son égard et voit en lui un espion cyborg. Alors que Skynet se prépare à l'assaut final, John Connor devra percer le secret de Marcus qui semble avoir un rôle important à jouer dans ce conflit. A-t-il été envoyé du futur ou est-il un rescapé du passé ? Est-ce un méchant ou un gentil ? Mystère…



Après un "Terminator 3" de Jonathan Mostow complètement raté ayant pour seule innovation notable celle d'avoir un Terminator femelle, les fans ultimes attendaient qu'un réalisateur digne de ce nom offre une vraie suite aux deux opus de James Cameron, gros actioner movies devant l'éternel, quoique le premier ait un peu vieilli. L'entreprise pouvait cependant être douteuse avec l'absence physique d'Arnold Schwarzenegger, parti gouverner la Californie et la présence à la réalisation de McG, ancien "clippeur" coupable des inégaux "Charlie's Angels". Mais d'un autre côté, la présence au casting d'acteurs secondaires confirmés (Michael Ironside, Helena Bonham Carter), de Christian Bale, grosse star en devenir, très impliqué dans ses rôles ("American psycho", "The machinist", "Dark Knight : le chevalier noir") ainsi que celle de Danny Elfman ("Hulk", "Hellboy 2 - Les légions d'or maudites") à la B.O., avaient un côté rassurant. On pouvait donc s'attendre à un long-métrage d'assez bonne facture plutôt qu'à un gros film d'action décérébré. Qu'en est-il vraiment ?

Eh bien, il faut dire que ça ne commence pas super bien. Pourquoi ? Tout simplement parce que le prologue du film est indigent au possible et laisse augurer un déroulement plus que médiocre. En effet, le héros du film (pas John Connor hein, les amis ! mais l'autre bellâtre), Marcus Wright est un condamné à mort qui accepte, avant son exécution, de donner son corps à la science en échange … d'un baiser !? Si ça, ce n'est pas de la scène d'introduction ratée qui sent le mièvre et la bluette pour ados boutonneux mes aïeux !

Mais finalement, Terminator renaissance semble plutôt bien porter son titre français car il donne un coup de jeune à la franchise en repartant sur d'autres bases sans profaner le matériau d'origine. Alors certes, seules les grandes lignes de l'histoire sont conservées et tout est brodé autour, mais bon, on ne la jouera pas plus fine bouche que cela si on le compare au précédent épisode, l'exact copié/collé du deux ! Pourquoi est-ce un grand changement ? D'abord parce que McG paraît enfin avoir appris à filmer autrement qu'avec ses pieds et qu'il privilégie désormais les plans longs (surtout les plan-séquences) en lieu et place d'une mise en scène issue des clips très prégnante dans ses précédents métrages et c'est tant mieux ! Là, on évolue dans un no man's land déprimant, où le visuel est rugueux, avec des couleurs entre le délavé et le sépia mâtiné de teintes de gris, sur fond de décors très impressionnants que les meilleurs des "post-nuke movies" ne renieraient pas. Le tout est également magnifié par des effets spéciaux à la hauteur (cf. l'apparition clin d'œil de Schwarzy en images de synthèse) et des scènes d'action époustouflantes qui défouraillent sévère (notamment les rafles d'humains par les robots géants de Skynet ou le siège de l'entreprise maléfique par la résistance).

Toutefois, le film brasse tellement de références, qu'il semble manquer d'une âme véritable et innove largement moins que le deuxième épisode en son temps. Sont ainsi évoqués pêle-mêle : "Mad Max", "Ghost in the shell", "Les fils de l'homme", "Transformers" (sic)… et également le roman de Cormac McCarthy "La route", adapté au cinéma depuis. Bon c'est sûr, il y a pire comme influences, mais à force de broder avec des modèles plus ou moins prestigieux, les scénaristes ont fini par oublier qu'il s'agissait d'un film avec des cyborgs et en ont plutôt fait un road movie dépouillé, mise à part quand les robots sont de la partie ! On voulait plus de Terminators à l'écran, nous, monsieur Mac Machin !

Côté casting, même si les seconds couteaux cachetonnent correctement, (d'ailleurs que vient faire le rappeur Common dans cet univers ?) la distribution féminine est fade à souhait : entre le pot de fleur et la bimbo de service, on ne sait que choisir ! Où est donc passée la très musculeuse Sarah Connor !? L'interprète de Marcus, Sam Worthington (vu dans "Rogue", "Solitaire" en version française), est assez convaincant, malheureusement, on a vite fait le tour de son personnage torturé (suis-je un homme ? une machine ? les deux ? on s'en fout ?). Alors comme souvent, c'est Christian Bale qui sauve les meubles. Il incarne en effet un John Connor devenu chef de la résistance, un être on ne peut plus déterminé à la mâchoire serrée et parfois plus machine qu'humain dans ses rapports avec les gens et l'exposition de ses sentiments. Très efficace !

En définitive, on reste, dans l'ensemble, assez déçu car il n'y a quand même pas grand-chose de révolutionnaire dans tout ça, d'autant que le dénouement final, archi prévisible, vient saboter une entreprise assez fragile souffrant d'un scénario assez peu étoffé. Toutefois, le film de McG, par les effets spéciaux qu'il montre et les scènes d'action qu'il propose, a de la gueule et promet de jolis moments dans la suite de ce qui devrait constituer une nouvelle trilogie. A suivre donc, en attendant mieux…