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Une bande de jeunes décident d'aller camper dans la forêt. Alors qu'ils viennent de descendre la rivière et qu'ils ont enfin atteint la berge, un malade défiguré les attaque à coups de flèches! Seule rescapée d'une véritable boucherie, Fonda s'enfonce dans les bois. Pendant ce temps, un fourgon transportant des prisonniers traverse la forêt dans le but d'atteindre une prison à proximité. Mais, sorti de nulle part, un vieux tacot conduit par notre même sauvage déjanté va faire virer de route le fourgon qui va alors percuter la rambarde de sécurité et finir dans le fossé. Matons et prisonniers vont alors devoir s'unir pour trouver un refuge à l'abri de ce taré qui visiblement en veut à leur peau…



La saga des "wrong turn" ("détour mortel" pour les pays francophones) a été initiée par Rob Schmidt en 2003. Le premier volet était un survival de très bonne facture mettant en scène des jeunes gens confrontés à une bande de sauvages défigurés et cannibales vivant au beau milieu de la forêt et tendant des pièges aux gens traversant leur territoire. Suite au succès de ce premier opus, une suite apparaitra quatre ans plus tard sous la direction de Joe Lynch : un direct-to-dvd faisant la part belle aux effets gores et s'avérant être une bonne surprise au final malgré quelques lourdeurs dans le scénario et quelques personnages trop stéréotypés et un brin énervants à la longue (le présentateur du jeu de télé-réalité qui joue les commandos, un peu comme notre tueur dans le britannique "wilderness").

Deux ans plus tard, c'est donc au tour de "détour mortel 3" de faire son apparition : une seconde suite réalisée cette fois-ci par un certain Declan O'Brien, un réalisateur encore débutant dans le milieu. Comme pour "détour mortel 2", le fait de sortir le film en direct-to-dvd nous laisse penser que celui-ci nous proposera des scènes bien sanglantes et bien barjes, étant donné que la MPAA (Motion Picture Association of America) ne l'a pas coupé, contrairement aux sorties en salles qui souffrent parfois d'une honteuse censure… D'ailleurs, ce troisième volet ne cache pas son côté "non censuré" : il suffit de voir la bande-annonce du film pour voir à plusieurs moments la mention "unrated" (signifiant que le long-métrage concerné n'a pas fait l'objet d'une classification par la MPAA et donc n'a pas été charcuté par la censure).

Trêve de bavardages et voyons donc de plus prêt ce que vaut réellement ce nouvel opus de la saga des "wrong turn".



Partant d'une idée de base vue et revue (des jeunes gens aux prises avec des tarés dans un endroit isolé), "détour mortel 3" tente toutefois de se démarquer de ses deux prédécesseurs de diverses façons.
Tout d'abord, notons que le film est beaucoup plus axé action que l'opus précédent (qui lui-même s'était déjà bien démarqué de l'original dans ce registre) : courses poursuites à gogo, duels aux poings, accidents de voitures… Un rythme donc pas si mal maintenu (malgré des ralentis honteux par moments) même si nous aurions préféré que le réalisateur et les scénaristes nous tiennent en haleine plutôt grâce à une certaine tension (ce que réussissait fort bien l'original avec ses passages effrayants dans la pénombre des bois) que par des scènes de bagarres parfois ridicules et sans grand intérêt…

Ce côté bagarreur et viril est cependant une volonté claire et précise de l'équipe du film qui désirait donner quelque chose de nouveau à la franchise. Exit donc les belles gueules impuissantes face aux monstres cannibales (sauf dans l'introduction) et place à des prisonniers aux airs patibulaires, forts de caractère et n'hésitant pas à en venir aux poings si on les provoque un peu trop. A l'inverse des deux opus précédents où les victimes paraissaient être démunies face à nos sauvages dégénérés (mis à part l'ancien militaire de "détour mortel 2"), nous avons ici des proies coriaces qui savent rendre les coups. Le souci, comme je le mentionnais plus haut, c'est que les scènes de baston sont chiantes (je pense notamment à ce duel entre le mutant et le "chef" des prisonniers qui tourne rapidement à l'ennui, contrairement à cette bonne petite scène dans le deuxième opus confrontant le militaire à l'un des sauvages cannibales dans une scène d'action bien remuante…).

Autre chose qui tranche radicalement avec les opus précédents (et surtout avec le second), c'est le nombre de mutants. Ici, vous n'en verrez que deux (enfin, l'un d'eux n'apparaitra que dans une seule scène avant d'être décapité par les tolards…), ce qui pourra peut-être en frustrer plus d'un. Mais ce n'est pas n'importe lequel des sauvages qui sera là : il s'agit encore et toujours de celui que l'on appelle désormais sous le petit nom "Three-finger" (que l'on retrouvait déjà dans les deux opus précédents…). L'esprit toujours bien barje et décalé, on regrette toutefois que ses apparitions soient moins surprenantes ou choquantes que dans les deux premiers volets, notre pauvre Three-finger nous faisant dorénavant plus rire qu'autre chose…



Les personnages, justement, parlons-en. Nous avons droit ici, comme dans le deuxième opus, à un casting très stéréotypé : les gentils matons, ce bon vieux gros shérif pépère et tout gentil, la belle rescapée, les deux méchants prisonniers forts de caractère et un détraqué sexuel un peu con sur les bords en guise de troisième tolard. Un casting quasi débutant (certains ayant tourné dans deux-trois films de genre sans réelle grande importance tels que "the hills run red" ou "return to house on haunted hill"…) qui s'en sort moyennement ici.

Le souci majeur de cet opus repose principalement sur les dialogues. Creux, sans réel intérêt mis à part de nous montrer que nous avons là de vrais durs, les dialogues entre prisonniers tournent en rond et nous éloignent constamment du but ultime qu'est la survie en milieu hostile (à la fois échapper aux flics mais également à Three-finger). Tout au long du film, nous devons donc nous coltiner des tolards mauvais comme la gale dont les centres d'intérêt se résument à "qui c'est qui commande?!" ou encore à "qui c'est qui porte les sacs de biftons?!" (car nos chers amis sont tombés sur un fourgon blindé accidenté contenant plein de pognon…) et qui passent leur temps à se mettre sur la gueule… Et, pendant ce temps, notre pauvre Three-finger est oublié dans un coin du scénario, chauffant le banc de touche et attendant qu'on fasse appel à lui pour en trucider deux-trois…

On retrouve cependant une introduction qui, comme dans "détour mortel 2", nous donne une bonne petite dose d'hémoglobine et montre peut-être même les meilleures scènes saignantes du film (une jeune femme aux seins nus, bah oui c'est devenu légion dans la saga depuis l'opus précédent, se fait flécher le sein gauche puis l'œil! Voyez plutôt sur la photo suivante). Une scène plutôt bien efficace sur le plan du gore qui ravira d'entrée les amateurs de scènes trashs et sanguinolentes (même si pour ma part je préfèrais la scène gore de l'introduction du deuxième volet avec le corps séparé en deux avec ce plan au niveau du sol entre les jambes de la victime, mais bon…).
(Une introduction qui fait par ailleurs un sympathique clin d'œil à deux grands survival que sont "délivrance" et "the descent" en nous montrant d'emblée une bande de jeunes descendre une rivière en canoë…)



Car oui, "unrated" est une mention qui ne trompe pas : les scènes sanglantes sont bien là (énucléation radicale avec dégustation de l'œil en prime, corps coupé en trois, utilisation originale de fils barbelés, visage tranché net, charcutage de jambes, ouverture de boîte crânienne et dégustation de cervelle, empalements, nuque transpercée…) mais le souci est que les SFX sont parfois bien grossiers (c'est le cas notamment du corps coupé en trois dans l'introduction ou encore du passage où les prisonniers découpent les jambes de l'un de leur pote pour se libérer de leurs chaînes…) et que l'utilisation du numérique dans cet opus n'est pas trop la bienvenue… Par ailleurs, on regrette que le visage de Three-finger ne soit pas aussi bien modélisé que dans les opus précédents (les maquillages étaient d'ailleurs un point fort du second opus).
Bon, restent toutefois deux-trois scènes sanguinolentes bien foutues malgré tout et c'est toujours ça de pris!

Autre regret dans cet opus et qui, pour moi, était un point fort des deux opus précédents : les décors des habitats de nos mutants sauvages. Alors que les deux premiers volets nous plongeaient dans des baraques crades, poussiéreuses et remplies de choses ignobles, "détour mortel 3" ne s'attarde pas du tout sur l'antre des mutants cannibales (très peu de détails, mis à part deux trois membres pendants et un cadavre de flic…). On perd cette petite visite guidée des lieux qui faisait parfois bien frissonner. Dommage donc…

Au final, ce troisième opus confirme comme bien souvent la loi des sagas (attention, je ne dis pas que les contre-exemples n'existent pas! Car il y en a pas mal et heureusement…), autrement dit : "le premier est une agréable surprise, le deuxième arrive encore à surprendre et reste au final regardable, tandis que le troisième est tout juste limite"…
Toutefois, le cahier des charges de la franchise (le minimum syndical attendu) est respecté : nous avons nos victimes tombées dans un piège en voulant traverser la forêt, nos mutants cannibales déjantés (et tout ce qui va avec depuis le début de la saga : leur vieux tacot remorqueur, leurs armes primaires et leurs pièges), des scènes qui tâchent et cet esprit survival (course-poursuites dans les bois, recherche d'un refuge…).
Malheureusement, ce volet s'avère poussif (histoire trop centrée sur les prisonniers et non sur les mutants, SFX parfois grossiers, décors minimisés…) et clôture une trilogie de manière assez décevante (d'ailleurs, la fin est un peu tirée par les cheveux). Une saga en perte de vitesse…

Peut-être pas à mettre à la poubelle mais de là à lui donner une place bien en vue dans sa dvdthèque sûrement pas!








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