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Deux frères, Pete et Bryan, décident de fêter le départ de Pete pour l'université et donnent rendez-vous à leurs amis Zack et Rachel dans un petit bled du nom de Halcyon Ridge, isolé dans les bois. Arrivés à destination, ils croisent le chemin d'un barman qui leur demande un coup de main pour débarrasser sa vieille cabane au milieu de la forêt. Les quatre jeunes gens acceptent et se rendent à la dite cabane. Là-bas, ils tombent sur des films en 8mm qu'ils décident de visionner, curieux de savoir ce que peuvent contenir ces bandes perdues au fin fond de la forêt, dans cette vieille bicoque glauque et poussiéreuse. Ils s'aperçoivent alors avec surprise que ces films dévoilent des meurtres sauvages perpétrés par un gros bonhomme portant une sorte de masque de sidérurgiste. Tranchages à la scie, rouages de coups… Ces films sont si malsains et paraissent si vrais aux yeux de Bryan que celui-ci se demande s'ils ne sont pas tout bonnement tirés de la réalité. Très vite, le jeune homme remarque autour de lui des lieux qu'il a vus sur les pellicules : il n'y a plus aucun doute, dans cette cabane perdue au milieu des bois habite un malade sanguinaire qui veut leur peau…



Petit film indépendant réalisé par un certain Franklin Guerrero Jr, "carver" a été produit en 2008 aux Etats-Unis avant de connaitre une sortie hexagonale en dvd et blu-ray. Alors que bon nombre de films de genre se disputent le marché du direct-to-video, il faut bien dire que très peu d'entre eux finissent définitivement sur les pans de nos étagères, la faute à de nombreuses pellicules gâchées soit par un budget trop serré, un manque de lucidité dans la tête des producteurs et réalisateurs, un trop faible niveau de professionnalisme faisant perdre toute valeur au film, un défaut de rythme… Bref tant de défauts parfois trop handicapants pour un public de plus en plus pointilleux et difficile qui font de ces films des grands oubliés dans ce vaste monde du cinéma de genre.

Cependant, parmi ces films sortant en direct-to-video en France, certains réussissent tout de même à se faire une petite place dans nos dvdthèques personnelles malgré un manque de publicités à leurs égards (mise à part celles faites par quelques sites internet et des magazines spécialisés). 2008 fut d'ailleurs une très bonne année en termes de direct-to-video de bonne qualité : nous avons tout d'abord eu le très bon "bug" de William Friedkin et le renversant "abandonnée" de Nacho Cerda (que nous attendions avec impatience après sa fameuse trilogie de la mort) tous deux sortis en janvier 2008, sans oublier d'autres titres intéressants comme "butcher, la légende de Victor Crowley" ou "détour mortel 2" et quelques autres…
2009 par contre semble bien moins vouloir nous en mettre plein les mirettes en termes de direct-to-video dans le cinéma de genre. Tomber sur un bon petit film d'horreur respectant le cahier des charges que tout amateur attend peut s'avérer parfois un véritable challenge…
Sans pour autant être un chef d'œuvre (il en est d'ailleurs bien loin, disons-le d'office), c'est le cas de ce petit film bien méconnu du grand public (vous en conviendrez) intitulé "carver" : une histoire sous fond de survival qui nous entraîne au beau milieu de la forêt et nous distille de bonnes doses d'hémoglobine par le biais de scènes parfois bien trashs et s'apparentant parfois au snuff.



"Carver" ne brille certainement pas par son originalité. Faisant partie de la lignée des survival (un registre de plus en plus exploité depuis le début de ce siècle et qui a montré quelques bonnes choses dans cette première décennie comme "détour mortel", "wolf creek" ou encore "wilderness"…), "carver" a cette volonté de vouloir se démarquer des autres films en jouant sur d'autres registres : le gore, le snuff et le torture porn (ces deux derniers registres sont d'ailleurs parfois fortement liés). Inutile donc de vous dire que le film est assez violent par moment et les quelques scènes de meurtres perpétrés par notre malade sanguinaire sont parfois bien sadiques.

Mis à part ce côté boucherie et sanglant sur lequel nous reviendrons un peu plus tard, il faut bien avouer que le film de Franklin Guerrero Jr possède tout de même des lacunes évidentes, principalement dans son scénario. Ainsi, on regrettera un début bien poussif où l'on s'ennuie (les dialogues sont creux et parfois trop puérils, aucune scène remuante ne daigne pointer le bout de son nez…) : nos quatre amis se retrouvent, boivent un coup, se font des blagues… Certes, cette première partie n'est pas aussi ratée et dispensable que celle de "wolf creek" (qui, même si la comparaison s'arrêtera là, est l'énorme point faible de ce film australien trop surestimé selon moi) mais est suffisamment ennuyeuse pour nous mettre en doute quant à la qualité de ce qui va suivre…

Parlons à présent du casting. Mise à part une certaine Kristyn Green (qui apparait d'ailleurs dans une scène fort dévêtue mais je n'en dirai pas plus) que nous avons pu voir dans quelques films d'horreur à petits budgets et très peu appréciés ("ghost poker", "evil bong", "doll graveyard"…), aucune autre tête n'est "connue" dans notre film d'aujourd'hui. Ceci n'est pas un mal (de nombreux films possèdent des acteurs inconnus et ne sont pas mauvais pour autant : il n'y a qu'à prendre des grands classiques de l'époque et vous remarquerez que pour beaucoup d'entre eux aucun acteur n'était connu au moment de la sortie du film) mais dans "carver" ce manque de professionnalisme se ressent chez certains personnages comme celui de Bryan : il est indéniable qu'il est le personnage principal du film mais il ne parvient pas à nous captiver (il est mou, chiant…). Même chose pour notre tueur (l'autre personnage important du film) : un gros bonhomme balèze (nous faisant penser au tueur du film "l'abattoir" de Rick Roessler ou encore au frère grassouillet dans "frontière(s)") à l'allure inquiétante au premier regard mais qui ne parvient pas à nous faire peur ou à nous tirer le moindre frissonnement, la faute à cet air trop simplet, cette voix désagréable (les rares moments où il parle) et ce manque de conviction dans ses gestes que l'on souhaiterait bien plus vifs notamment quand il se prend des coups (notre gros costaud se prend des coups mais ne réagit que tardivement, un peu à la Jason Voorhees).

Pour le restant du casting, celui-ci tient la route, même s'il ne casse pas des briques. Le minimum demandé est respecté : ils savent crier ou gémir quand il le faut, et savent rigoler pendant qu'ils le peuvent encore (autrement dit au début). C'est juste un brin décevant que les deux acteurs principaux ne soient pas plus convaincants…



Côté réalisation à proprement parlée, il faut bien l'avouer, ça flirte avec l'amateurisme (la caméra qui bouge et semble parfois avoir du mal à être fixe, les personnages qui sont parfois mal cadrés…) mais bon, restons indulgents sur ce genre de points surtout si cela ne nuit pas profondément au film : tous les réalisateurs ne réussissent pas tout pleinement du premier coup (et d'autres ne réussissent jamais à décoller par ailleurs mais je tairai le nom qui me vient à l'esprit! RIRES). Alors certes c'est parfois mal filmé, mal cadré mais bon ça reste satisfaisant pour l'ensemble, ne chipotons pas là-dessus…

Par contre, ce qui est plus fâcheux, ce sont les éclairages. Tantôt trop éclairé, tantôt trop sombre, l'équipe semble avoir eu quelques difficultés avec cet ingrédient parfois indispensable pour que la sauce prenne. Mais ce qui gêne toutefois le plus, ce sont les éclairages trop sombres : certaines scènes d'action se passent dans une pénombre bien trop prononcée, ce qui gâche quelques scènes violentes et saignantes dans la dernière partie du film. D'un autre côté, cette luminosité presque disparue permet de créer cette atmosphère glauque et pesante qui plane sur cette vieille cabane au fond des bois… Disons qu'il y a un juste milieu (garder suffisamment de pénombre pour garder cette ambiance, mais conserver cependant un minimum de clarté pour voir ce qui se passe) mais je ne pense pas qu'il ait été trouvé ici. Ce manque de luminosité est assez frustrant, surtout quand on assiste aux vingt dernières minutes du film bien tenaces et sanguinolentes.

Pour ce qui est des décors par contre, pour un film à petit budget comme "carver", il faut reconnaitre qu'ils ont fait du bon boulot, Franklin Guerrero Jr ayant visiblement un gros penchant pour les WC ragoûtants (on en voit 3 différents dans le film! RIRES! Le genre de trône qui vous coupe l'envie net : vétustes, excréments sur les bords et j'en passe…). Par ailleurs, la cabane de notre malade sanguinaire est vraiment peu accueillante : saleté et vieilleries s'accumulent dans chacune des pièces, les fenêtres ne laissent même plus passer les rayons du soleil… Sans compter que notre bicoque est située au beau milieu de la forêt! Bref, tout semble présent pour nous donner envie de fuir l'endroit…



Certains l'auront remarqué, j'ai mentionné quelques lignes plus haut des mots comme snuff, torture porn, gore, trash… Et je ne vous ai pas menti! (content? RIRES). Bon, personnellement je fais partie de cette école (ou plutôt ce courant de pensée) qui pense que les scènes sanglantes à elles seules ne font pas un bon film d'horreur. Mais bon, à beaucoup de choses il y a des contre-exemples et nous en avons un ici! En effet, il faut bien avouer que ce qui fait que ce film fonctionne et réussit finalement à nous faire passer un bon petit moment, ce sont ses scènes de violence et de torture. Voyez plutôt : défonçage à la masse (comme dans le début de "massacre à la tronçonneuse le commencement", notre victime en prend plein la gueule, excusez l'expression), castration (en gros plan avec giclées de sang en bonus! Scène choc!), enfonçage de clous dans la tête et les membres, sciage d'une partie du visage… Toutes des scènes très sanglantes et filmées pour la plupart en gros plans! C'est trash, c'est gore et c'est tant mieux car il fallait bien cela pour palier aux défauts cités précédemment.

Et ce que j'apprécie énormément dans ce film, c'est le fait que notre tueur semble être un mordu de country : lors de certains de ses meurtres, il met un vieux vinyle sur son tourne-disque dégueulasse et poussiéreux et nous voilà vibrer au son d'une country rythmée par les coups qu'administre notre maestro à ses victimes, un peu comme dans le splendide "2000 maniacs"!

Pour finir cette critique, juste deux points non abordés jusque là, un positif et un négatif. Commençons par le négatif : l'accumulation de scènes parfois irréalistes qui nuisent un peu au scénario (exemples : nos quatre amis tombent nez à nez avec une autre jeune femme qui campe comme par hasard là où ils allaient camper leurs tentes, à savoir au beau milieu de nulle part dans la forêt / notre tueur un peu cul-cul qui prend le temps de déguiser l'une de ses victimes pour faire croire que c'est lui / la résistance accrue de la victime suite à un encaissement de 7-8 coups de masse en plein bide et dans le visage…). Le positif? Une fin vraiment sympa mais je n'en dirai pas plus : je vous laisse découvrir le film…

Pour résumer, "carver" est loin d'être exempt de défauts (début pénible, acteurs principaux médiocres, incohérences, lacunes dans la manière de filmer, défauts d'éclairages…) mais réussit toutefois à tirer profit de certaines qualités indispensables à ce genre de production qui se veut à la fois survival et film trash : des scènes sanguinolentes et violentes très bien réalisées (et en gros plans), une ambiance poisseuse par moment et des décors renforçant ce sentiment d'oppression.
Alors certes, nous n'avons pas là un chef-d'œuvre mais "carver" mérite tout de même qu'on lui consacre une petite fin de soirée. A bon entendeur!








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