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Jennifer, photographe de son état, est en apparence une jeune femme tout à fait ordinaire, elle cherche un homme capable de l'aimer et de lui apporter une certaine satisfaction du point de vue sexuel. Sauf qu'elle possède une particularité physique unique (du moins à la connaissance des membres d'Horreur.com) : elle est pourvue de sept clitoris ! Ce qui provoque chez elle un besoin irrépressible de relations charnelles et démultiplie la puissance de ses orgasmes. A tel point que ses partenaires d'un soir ne sortent que rarement indemnes de l'éruption volcanique qui en découle. Telle une mante religieuse, elle décime le cheptel masculin des bas-fonds New-Yorkais. Ce n'est pas tout, son métabolisme accélère la procréation et la fait accoucher dans les deux heures suivant l'acte amoureux. Les bébés en question sont tous des monstres difformes, elle les abandonne n'importe où (dans une baignoire, dans une voiture, dans la rue...). Alors qu'elle pense qu'aucun homme ne pourra jamais la combler, elle va croiser la route d'un autre " freak" comme elle. Un homme possédant un organe gigantesque, autonome et totalement aliéné à "la chose".



Quinze ans, il a fallu quinze longues années à Henenlotter pour revenir derrière la caméra. Depuis le (fort médiocre) Basket Case 3, le réalisateur New-yorkais n'ayant plus trouvé de producteurs osant lui donner le moindre dollar pour mener à bien les projets borderline sortant de sa débordante imagination. Le bis rentre dedans, le petit budget au doux fumet de transgressions n'étant plus (à quelques exceptions près) depuis près de deux décennies au goût du jour. Réaliser pourquoi pas, mais en aucun cas se vendre ou se renier, telle semble être la devise du bon Frank.

La surprise est donc de taille de revoir une de ses oeuvres via le direct to vidéo (évidemment, inutile de prétendre à une sortie ciné, vous n'y pensez pas ma brave dame !) de l'auteur de péloches aussi délirantes et anachroniques que " Elmer le remue méninge", "Frankenhooker" ou " Frères de sang".



Mais la surprise est bonne, très bonne même, tant on a l'impression de retrouver les mêmes thèmes, les mêmes fantasmes plus ou moins pervers, les mêmes obsessions, un humour d'encre, mais aussi des défauts inhérents au faible budget et à une maîtrise de la chose cinématographique assez curieuse par moments. Tout cela faisait et fait toujours le charme en 2009 de ce petit maître de l'horreur trash.

Si le réalisateur approche de la soixantaine, il n'a, en tout cas, rien perdu de sa faconde anarchisante, ni de sa propension à placer au centre de ses intrigues des freaks modernes évoluant dans les bas fonds de la société américaine, très loin des images d'Épinal que renvoient la production Hollywoodienne.

" Sex addict" est un curieux syncrétisme du "Freaks " de Tod Browning auquel on aurait greffé l'univers charnel torturé de David Cronenberg et pimenté de l'esprit Troma. Explosif !




" Je suis née avec sept clitoris". Premières images, premières paroles adressées directement à la caméra par notre héroïne, Henenlotter donne le ton de son film dès les premiers instants.
Loin, très loin de la bienséance, du bon goût, du formatage en vigueur, il balance un pavé gluant et malodorant dans les faces tristes des détenteurs de " la culture cinématographique".
Evidemment, si vous aimez le raffinement, la cohérence et la véracité d'une intrigue, il serait fort à propos, pour ne pas dire judicieux, de passer votre chemin.
Ce " Bad Biology" (retitré idiotement "Sex Addict" pour les besoins du DVD français … ok c'est plus vendeur, coco !) n'est pas pour vous ! Par contre, si vous souhaitez voir un film différent de la mollassonne et uniforme production horrifique actuelle et que le mot trash vous titille le cortex, alors jetez-vous dessus !

Evidemment, certains esprits chagrins reprocheront certaines longueurs au métrage, le jeu limité des acteurs (tout relatif surtout si on le compare à d'autres acteurs calibrés pour les blockbusters et qui ont autant de talent qu'une huître prise au piège d'un filet dérivant), un certain amateurisme dans la manière de filmer (chose qu'a toujours revendiqué le bon Frank, par ailleurs) et la pauvreté des effets spéciaux.
Effets spéciaux qui ; avec un si petit budget ne pouvaient bien évidemment pas bénéficier de la technologie numérique. Du coup, cela donne un charme certain aux déambulations nocturnes du pénis ou aux fruits des entrailles de la donzelle aux clitoris multiples.




Un métrage tout droit sorti des années 80, sans concession, excessif en tout, à l'imagination totalement barrée, possédant plusieurs séquences absolument jouissives d'humour noir déjanté (la scène de la masturbation !) et réglant au passage quelques comptes avec la religion, la représentation du sexe et la place des personnes différentes dans nos sociétés. Tourné en mode guérilla avec des acteurs issus pour la plupart de l'underground New-yorkais, par amour d'un certain cinéma déviant et se payant le luxe d'être un des films les plus féministes qui soit ! (à l'opposé du bienséant et moralisateur "Teeth", par exemple) Sex Addict est sans conteste l'une de ces petites réussites dont on se souvient et qui devrait rapidement trouver sa place dans les Dévédéthèques des amateurs de bizarreries azimutées.
Chapeau bas M.Henenlotter !