RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.6
(26 votes)
Le commissaire Pierre Niémans, reconnu à l'échelon national pour son talent dans l'anti-gang, se trouve chargé d'une enquête des plus étranges. Un corps a été retrouvé par une alpiniste à 50 mètres au-dessus du sol, dans une falaise alpine, dans le conté de Guernon, petite ville universitaire éloignée de toute civilisation. L'autopsie révèlera diverses mutilations, des côtes cassées et le plus inquiétant de tout : l'absence de mains et l'extirpation des yeux de la malheureuse victime, alors que celle-ci était encore en vie au moment de l'opération… A 200 kilomètres de là, dans la ville de Sarzac, le lieutenant Max Kerkérian, un ex-voyou entré au sein de la police, enquête quant à lui dans un cimetière sur la profanation d'un caveau d'une petite fille de 10 ans décédée en 1982. Parallèlement, l'école de Sarzac a reçu la visite d'un mystérieux inconnu et tous les papiers susceptibles d'apporter des informations sur la fillette (photos de classe, fiche d'élève…) ont disparu… Les deux enquêtes vont vite se rejoindre : en effet, tout semble lié à l'étrange et inquiétante université de Guernon, un établissement prestigieux qui abrite bon nombre d'étudiants fort doués et studieux et cache bien des mystères…



"Les rivières pourpres" est une adaptation cinématographique de l'œuvre de Jean-Christophe Grangé, artiste qui par la suite se verra demander l'autorisation de pouvoir adapter d'autres de ses écrits : "l'empire des loups", "le concile de pierre" et prochainement "le serment des limbes". Notons également que Jean-Christophe Grangé est le scénariste de "vidocq" avec Gérard Depardieu et Guillaume Canet. Beaucoup de films sombres sont donc issus de l'imagination de l'écrivain français, vous l'aurez bien remarqué!
A la réalisation, on retrouve une tête bien connue : Mathieu Kassovitz ("métisse", "la haine", "gothika"…). Accompagné de son acteur fétiche, Vincent Cassel ("Métisse", "la haine", "dobermann", "irréversible", "jeanne d'arc", "le pacte des loups", "blueberry", "ocean's 12", "sheitan"…), le réalisateur réussit à convaincre rapidement Jean Reno ("le grand bleu", "nikita", "léon", "les visiteurs", "le jaguar", "ronin", "godzilla", "da vinci code"…) de participer à son thriller.



Afin de retranscrire au mieux l'histoire originale du livre, Mathieu Kassovitz proposa même à Jean-Christophe Grangé de participer à l'élaboration du long-métrage en y apportant ses idées. L'écrivain ne s'est alors pas fait prié et a suivi de près le tournage du film. N'hésitant pas à venir en aide à Mathieu Kassovitz quand il en avait grandement besoin, Jean-Christophe Grangé s'est avéré être une pièce maîtresse dans la confection de "les rivières pourpres". La complicité des deux artistes a permis d'adapter de la façon la plus transparente possible un roman de 400 pages en 1h45 à l'écran! Un travail de titans qui a donné naissance à un thriller réussi comme vous le montrera la critique suivante.

Disons-le de suite, si le roman "les rivières pourpres" a donné naissance à un film, ce n'est pas le fruit du hasard. L'histoire est passionnante et remplit à bien son cahier des charges en matière de thriller froid et inquiétant. Cette idée de partir de deux enquêtes distinctes pour n'en rejoindre qu'une seule est par ailleurs bien maîtrisée et permet de rendre l'intrigue palpitante dès le début du film (on sait qu'il va y avoir un lien entre les deux enquêtes et on se surprend déjà dès le début à chercher des points de convergence pour les relier l'une à l'autre…). Le film n'est d'ailleurs pas avare en péripéties : on est amené à prendre part à ce grand tour de train fantôme avec au menu suspense, cadavres atrocement mutilés, énigmes et action. Malgré ses 1h45, le film se suit fort bien, réussissant à garder un rythme maintenu du début à la fin pour le plus grand bonheur du spectateur. Même les passages dispensables à la compréhension de l'histoire (référence à cette scène où le lieutenant Max Kerkérian est sur la banquette arrière d'une voiture de police conduite par deux petits rigolos en uniforme) s'avèrent être un plus pour le film car ils peuvent apporter maintes choses telles une touche d'humour pour détendre un peu l'atmosphère, ou encore quelques renseignements sur la personnalité des acteurs principaux (référence à la scène de combat entre le lieutenant Max Kerkérian et des voyous fascistes qui, en plus de donner un peu de piment au film, nous montre clairement à quoi ressemblait le passé du lieutenant avant de rentrer dans la police). Ayant vu le film maints fois, je n'ai pas encore réussi à dénicher une séquence qui aurait pu tout simplement disparaître durant la post-production, c'est dire le très bon travail de l'équipe du film…
Quand on surfe sur le net, il n'est pas inhabituel de tomber sur des avis mentionnant que le film est compliqué à comprendre. Certes le scénario peut paraître très dense (on voit ceci, on va là-bas, on revoit ceci, on retourne là-bas…) et la fin peut sembler tomber comme un cheveu sur la soupe mais pour ma part, si vous êtes suffisamment attentif durant le visionnage du film, vous remarquerez que l'histoire se suit très bien et est véritablement palpitante! Sans aucun doute, le film fournit beaucoup de détails, de noms ou encore de mobiles, mais ils sont essentiels pour découvrir petit à petit les mystères que renferme l'université de Guernon!



Concernant le casting, on retrouve, comme dit avant, Jean Reno dans le rôle du commissaire Pierre Niémans : un personnage très professionnel dans son travail, astucieux, courageux, parfois autoritaire et impulsif, et qu'il semble difficile d'impressionner. Face à cette forte tête, on retrouve Max Kerkérian, joué par Vincent Cassel : un jeune lieutenant de police têtu, sans gène, provocateur (un rôle qui a beaucoup de similarité avec celui de Bruce Willis dans les "die hard", mis à part ce côté lascar…) et qui a forgé son caractère dans les cités avant de porter l'uniforme par amour du risque et de la vie nocturne.
Outre les deux personnages principaux magnifiquement interprétés, on retrouve dans les seconds rôles la très jolie Nadia Farès ("elles n'oublient jamais", "les démons de Jésus", "nid de guêpes"…) qui joue une alpiniste du nom de Fanny Fereira, celle-là même qui découvre le premier corps dans la montagne. Forte de caractère et au regard malicieux et ténébreux à la fois, Nadia ne manque pas de soulever des interrogations chez le spectateur et remplit son contrat à merveille. Enfin, on citera deux derniers acteurs : le premier Jean-Pierre Cassel (le père de Vincent, décédé le 19 avril 2007 : acteur entre autres dans "jeux de l'amour", "le caporal épinglé", "la rupture", "l'armée des ombres", "paris brûle-t-il ?", "les trois mousquetaires", "narco"…) dans le rôle de l'ophtalmologiste Bernard Chernezé, une interprétation certes courte mais sans faux pas. Le deuxième acteur dont je voulais parler est Didier Flamand ("mais où est donc ornicar", "la crise", "quasimodo d'el paris", "l'enquête corse", "les choristes"…) interprétant le rôle du recteur de l'université de Guernon, un personnage imposant, intelligent mais en ce qui me concerne pas assez convaincant dans son rôle (j'aurais plus vu un homme moins sur les nerfs, plus calme et posé, sans aucune peur et sûr de lui). Un bon casting donc dans sa globalité qui donne de la consistance au film de Mathieu Kassovitz.

Mais un scénario intelligent et un casting regroupant de bons acteurs ne suffisent pas à créer un bon thriller horrifique. En effet, deux pièces maîtresses doivent encore entrer en jeu pour créer cette ambiance inquiétante qui règne comme à l'accoutumée dans ce genre de production : la photographie et la musique. Nous allons donc à présent nous attarder sur le premier élément : le visuel (photographie, décor, maquillage, effets spéciaux et numériques…). Justement, dans ce registre, "les rivières pourpres" excelle et surpasse de nombreux concurrents! Sachant à la fois nous amener dans des endroits froids et lugubres (la maison de la première victime, la salle où vit la bonne sœur qui a fait vœu de ténèbres…), en passant par des lieux inquiétants et énigmatiques (l'université et plus particulièrement sa bibliothèque) et des paysages de cartes postales (les magnifiques montagnes des Alpes survolées par hélicoptère, les falaises…), on peut dire que "les rivières pourpres" est très riche visuellement parlant. Tout le mérite en revient à l'équipe de la photographie dirigée là aussi par un grand spécialiste : Thierry Arbogast ("nikita", "léon", "le cinquième élément", "le hussard sur le toit", "arthur et les minimoys", "jeanne d'arc", "le baiser mortel du dragon", "catwoman"…). Des décors qui, malgré cette grande diversité, collent parfaitement à l'ambiance du film et complètent de manière magistrale le scénario et le jeu des acteurs!
Quelques effets visuels sont également de la partie, notamment dans la confection des cadavres : des hommes en position fœtale, tailladés à divers endroit du corps, les mains tranchées, et dont la couleur de la peau cadavérique rend à merveille devant la caméra et sous les néons de la salle d'autopsie. Comme dans la plupart des thrillers horrifiques, ne vous attendez pas à des montagnes de sang, tout étant misé sur l'atmosphère glauque, l'ambiance lugubre… Toutefois, vous retrouverez quelques petites clichés, notamment des mains fraîchement coupées dans un sceau, une balle en pleine tête ou encore un homme dont l'on a extirpé les yeux, ce qui laisse entrevoir de minces filets de sang qui coulent encore de ses cavités oculaires…
Enfin, on notera quelques effets numériques et plus particulièrement cette avalanche très esthétique et réaliste programmée par ordinateur : un travail minutieux où le moindre petit bloc de glace retentit à nos oreilles au moment de toucher le sol enneigé, dans un orchestre de craquements et de bruits du vent parfaitement retranscrits!



Concernant la musique, celle-ci est de bonne facture et colle habilement aux diverses ambiances du film. Violons, cuivres, percussions et xylophones sont les principaux groupes d'instruments participant à la bande originale du film, notamment dans les passages les plus inquiétants comme ceux de la bibliothèque de l'université.
Le seul bémol que l'on peut reprocher clairement à ce film, c'est son trop-plein de musiques, allant parfois jusqu'à masquer légèrement certains dialogues, ce qui en énervera plus d'un je pense (on se surprend parfois à tendre l'oreille pour comprendre ce qui est dit).

Au final, "les rivières pourpres", film français (il faut le mentionner), est un très bon thriller dont la principale qualité est le scénario très bien ficelé qui ne laisse le temps à aucun temps mort. Une œuvre à voir au moins une fois dans sa vie de cinéphile, ne serait-ce que pour sa réalisation très soignée signée Mathieu Kassovitz. Sans aucun doute l'un des meilleurs thrillers dans le genre!
A noter que le film engendra une suite en 2004, nettement inférieure à son aîné, intitulée "les anges de l'apocalypse" : un opus bien réalisé mais qui bénéficie d'un scénario malheureusement beaucoup trop prévisible, ce qui pénalise lourdement le film…








Du même réalisateur :