RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4.2
(11 votes)
Ritchie Donovan, voleur professionnel et seul survivant d'un braquage qui a mal tourné, se voit envoyé en Russie par Monsieur Groznyi, un parrain de la pègre, afin de payer la dette qu'il a envers lui. Là-bas, en compagnie de Peter et Yuri, deux frères singuliers, sbires locaux du caïd, il doit retrouver et rapporter une croix antique d'une valeur inestimable. A la suite de cafouillages plus ou moins involontaires, Ritchie et ses deux acolytes se retrouvent coincés au treizième étage d'un immeuble avec un groupe d'otages pour le moins composite (trois femmes très pieuses, des employés de bureau très ordinaires, une jeune working girl et un agent de sécurité). Après avoir dialogué avec la police par voie téléphonique, ils décident de libérer un otage. Mais lors de sa libération, celui-ci se voit décapité au moment même où il grimpait dans l'ascenseur amorçant sa sortie. Les gangsters comprennent alors que le négociateur qu'ils ont eu au téléphone n'est pas un membre de la police et, pire encore, qu'il constitue une menace plus que sérieuse pour la survie de tous…



Terreur au 13ème étage ou bien en version originale "Botched" (littéralement "bousillé" dans la langue de Shakespeare) à l'instar des récents survivals que sont "Severance" et "Bienvenue au cottage", est un gros concentré de n'importe quoi, comme c'est devenu la mode ces derniers temps. Ce dernier hors-d'œuvre débute ainsi comme un film de casse style "Ocean's Eleven" et, par la suite, se transforme en film d'horreur un peu gore qui ne se prend absolument pas au sérieux car versant dans la comédie noire. Mais est-ce bien pour autant ? Eh bien en fait, ça fonctionne plutôt pas mal. Pourquoi donc ?, me demanderez-vous la bave à la commissure des lèvres.

Tout d'abord parce que les personnages sont excellents et tous plus farfelus les uns que les autres. On a ainsi pêle-mêle : une russe très pratiquante entourée de son sérail de bonnes sœurs en puissance, deux hommes de mains du parrain de la pègre moscovite que tout oppose sauf leur connerie et leur lien familial, un employé de bureau lâche à l'extrême, une jeune femme d'affaires séduisante et aussi un ancien militaire reconverti en agent de sécurité hilarant. En effet, le bougre rate systématiquement ses tentatives pour contrecarrer les plans des gangsters et c'est parfois franchement cocasse !



A côté de cette galerie de protagonistes pour le moins hétéroclite, Stephen Dorff est parfait dans le rôle de Ritchie, le héros/antihéros qui se demande ce qu'il fait là tout en essayant de garder le contrôle car il faut bien qu'il essaie de séduire la jolie jeune femme carriériste interprétée par Jaime Murray (Lila dans la série "Dexter"). Pourquoi ? Ben parce que le héros a toujours besoin d'une compagne tiens pardi ! Mais aussi parce que les scénettes de romance peuvent servir d'habiles transitions entre une scène de carnage ou une autre où les otages essaient d'échapper à leur ravisseur puis au tueur fou. Pourtant, quoi que fasse Ritchie, chaque entreprise dégénère inévitablement. A croire qu'il est maudit le sacripant ! Notons également parmi les seconds rôles du métrage : le personnage du serial killer, un énorme soldat mongol descendant direct d'Ivan le Terrible qui est une caricature des troupes de Gengis Khan à lui tout seul et le caïd russkof, interprété par Sean Pertwee, toujours aussi à l'aise dans les films de genre. Mais si rappelez-vous, c'est le type de gars qu'on est persuadé avoir vu quelque part mais où ? Et bien là enfin, suffit de demander : "Sept jours à vivre", "Dog soldiers, "Equilibrium" ou bien encore "Wilderness", pour ne citer que les plus connus ou, tout du moins, les principaux chroniqués sur votre site bienaimé et bien nommé mais surtout pas innommable, quoique...

Enfin bref, vous l'aurez compris, Terreur au 13ème étage aka "Botched" (ils ont fait dans l'originalité, les traducteurs !) s'apparente à un film déjanté où effusions de sang, armes lourdes et moins lourdes, action et pseudo "contage de fleurette" se sont donnés rendez-vous pour notre plus grand plaisir et surtout pour nous divertir un maximum. N'oublions pas non plus la présence d'un humour continuellement bien distillé et qui fait souvent mouche. Ainsi, parmi les situations cocasses citons avec parcimonie : le gag du rat couvert d'essence, les apparitions parfois rigolotes du tueur tout droit sorti d'une légende avec son costume d'époque, les rapports entre les deux frangins tous deux dézingués du ciboulot, chacun dans son genre et surtout des dialogues complètement loufoques exacerbés, pour notre plus grand bonheur, par de grossiers accents russes tirés à l'extrême. Je mentionnerai pour le plaisir, un extrait d'une conversation entre Sonya, la pieuse en chef, essayant de convertir Yuri, le frère un peu attardé de Peter, les acolytes de Ritchie :
"Oui Yuri. Le Tout Puissant est immortel.
- Alors est-ce que cela veut dire qu'il peut se tuer lui-même ? Parce que s'il peut se tuer lui-même, ça veut dire qu'il n'est pas puissant, n'est-ce pas ?
- Hum… Pourquoi ne vas-tu pas lui demander toi-même ?"
-


Alors certes, certaines fines bouches et autres détracteurs habitués à mieux pourront reprocher au film du débutant Kit Ryan de commencer doucement ou bien encore d'être un cliché à lui tout seul et de peiner parfois à trouver un genre déterminé qui le fait naviguer entre deux eaux, l'une censée susciter de l'angoisse, l'autre supposée déclencher des éclats de rire. Mais les trois scénaristes s'en amusent et tournent en dérision les classiques du genre avec une joie non dissimulée digne des plus grands fanboys du cinéma de genre que l'on affectionne tant nous autres à Horreur.com !

Film tourné en Irlande (détail qui se voit notamment dans l'ascenseur de la prise d'otages, dont les touches du boîtier de commande ne sont pas écrites en russe !), Terreur au 13ème étage surprend constamment parce qu'il propose des scénettes et autres ficelles scénaristiques inédites ou bien encore offre aux téléspectateurs son lot de scènes bien délires (cf. entre autres, celle des négociations téléphoniques entre notre tueur fou et un employé de bureau super froussard ou bien encore celle de l'auto-arrachage d'oreille).

Le tout est filmé dans un décorum réduit à la portion congrue puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'un étage d'immeuble en travaux, car même pas aménagé ! Plus minimaliste, tu meurs ! Pourtant, il a séduit énormément de personnes. Le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé puisque ce long-métrage a reçu plusieurs récompenses : le prix du meilleur acteur (Stephen Dorff) et celui du meilleur film au festival de New York city en 2007.


Terreur au 13ème étage propose ainsi un spectacle assez plaisant car empli d'humour qu'il soit noir, blanc ou rouge et garni de déversements sanguins les plus divers (démembrements, éviscérations, décapitations, arrachage d'oreille…). Par ailleurs, la galerie de personnages est superbe d'éclectisme et de loufoquerie si bien qu'aucune empathie n'est possible, ce qui renforce l'intérêt qui est de savoir le nom de la prochaine victime du tueur fou et surtout comment elle y passera ! Alors certes Terreur au 13ème étage qui, finalement, comme nombre de ses prédécesseurs, lorgne sur "Une nuit en enfer" pour sa rupture soudaine de linéarité n'est certainement pas un incontournable, ni même un chef-d'œuvre, mais il mérite largement le détour car en plus, il est sans prétention. Alors allez donc le louer, je m'en porte garant !








Du même réalisateur :