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François Barrier, lieutenant de police et écologiste convaincu, fait la rencontre de Yan Lazarrec, un pharmacien très porté sur l'écologie également, personne avec qui il lie rapidement une grande amitié. Mais Yan n'est pas un pharmacien ordinaire : dans le sous-sol de sa pharmacie, à l'abri de tous regards, se trouve un laboratoire dans lequel il crée des potions et des poisons ayant pour but d'éliminer toute personne nuisant à la nature et à l'humanité, allant du simple fumeur intoxiquant son voisinage en allumant une malheureuse cigarette, à la PDG d'une entreprise cosmétologique utilisant des animaux comme cobayes, en passant par des femmes infidèles et autres personnes pouvant s'avérer nuisibles pour ses activités secrètes. Très vite, François est lancé sur la piste du criminel mais ce qu'il ne sait pas, c'est que le mal est bien plus proche qu'il ne peut l'imaginer, transformant alors son entourage en des cibles parfaites et toutes trouvées pour son nouvel ami écologiste et tueur en série.



"Le pharmacien de garde" est un petit thriller français produit en 2002 et réalisé par un certain Jean Veber, fils du talentueux Francis Veber, dont c'est là le premier long-métrage. Très peu médiatisé lors de sa sortie malgré un casting alléchant et une histoire fort simple mais captivante, le film de Jean Veber finit rapidement par être oublié du grand public et se retrouve assez vite dans des bacs à dvds "minis prix" de supermarché…
Mais que vaut véritablement ce premier long-métrage de Jean Veber? Tentons d'y répondre de ce pas par le biais de cette petite fiche. Veuillez me suivre!

D'un point de vue scénaristique, "le pharmacien de garde" n'est peut-être pas un film original (mis à part pour ses meurtres) mais il bénéficie toutefois d'un scénario au rythme soutenu. En effet, force est de constater que l'on ne s'ennuie pas une seconde devant ce long-métrage, naviguant entre les dialogues psychologiques, les meurtres imaginatifs (voire même parfois un peu exagérés notons-le) et les nombreuses péripéties, le tout agrémenté d'un casting de très bon niveau.
Le scénario, même s'il ne présente rien d'extraordinaire en soi, s'avère bien construit et se présente sous la forme de nombreuses petites histoires qui, mises bout à bout, viennent s'ajouter au fil conducteur du film (une enquête sur des meurtres en série) et parviennent ainsi à susciter l'intérêt du spectateur qui s'imprègne alors d'un petit quelque chose de chaque personnage qui nous est décrit. Ainsi, en parallèle à cette série de meurtres, nous faisons la connaissance d'un lieutenant de police en proie à des remises en question sur sa vie (sa femme qui le trompe avec un très bon ami à lui, son boulot qui l'insupporte de plus en plus…), d'un pharmacien écolo décidé à protéger la Terre de tous ses fardeaux, et d'un travesti venu en France faire le trottoir et se retrouvant entraîner, sans le vouloir, dans cette lutte contre ce mystérieux tueur.



Avec comme sujet principal l'écologie et l'environnement, Jean Veber parvient à nous plonger dans une enquête policière aux multiples facettes : souvent psychologique, parfois drôle et quelques fois mystérieux, le réalisateur aime développer et confronter les sentiments, les ambitions et les caractères, plus ou moins forts, de ses personnages et cela se ressent.

"Le pharmacien de garde" nous invite à pénétrer dans l'intimité et la vie privée d'un lieutenant de police qui va soudainement virer au cauchemar, après que celui-ci ait croisé le chemin d'un certain Yan Lazarrec, pharmacien de métier mais tueur en série durant les heures sombres de son existence. Alors que François Barrier se voit confier une enquête des moins évidentes à élucider avec, en plus, un collègue tout ce qu'il y a de plus vulgaire, sale et chiant, voilà qu'il apprend par ce Yan Lazarrec, un jeune pharmacien qu'il vient à peine de rencontrer, que sa femme le trompe avec un très bon ami à lui. Alors que l'on pourrait penser que François ne peut tomber plus bas, celui-ci a la mauvaise idée de se lier d'amitié avec ce Yan Lazarrec qui, d'une part, lui a ouvert les yeux sur la réalité de son couple et d'autre part partage la même passion que lui pour l'écologie et la protection de l'environnement : deux raisons suffisantes pour que naisse entre les deux hommes une certaine complicité.

Alors qu'aucun des deux ne connait la véritable identité de l'autre (l'un est policier et enquête sur les crimes que commet justement ce deuxième), très vite Yan va apprendre la vérité sur François et, sans le savoir, ce dernier renseignera son ami tueur sur ses avancées dans son enquête (un peu à la manière d'un autre thriller français intitulé "resurrection"), ce qui ne rendra alors pas la tâche facile à François pour coffrer son tueur. Mais les malheurs et la malchance de François ne s'arrêtent pas là : Yan, qui se moque du statut de François et ne désire que son amitié, va alors s'en prendre à la compagne de ce dernier pour laver l'affront qu'elle a fait à son nouvel ami en le trompant… Une situation donc très délicate pour notre cher policier totalement aveugle de ce qui l'entoure et qui ne cesse de glisser le long d'une pente raide… Ces deux frères réunis pour la même bonne cause (l'écologie, la lutte pour la protection de l'environnement…) vont alors devenir sans le savoir de véritables frères ennemis.



Une histoire, certes peu originale de nos jours, mais suffisamment bien menée et rythmée pour que l'on y apporte un certain intérêt. Mais ce qui fait l'une des grandes forces du film est sans aucun doute son casting. En effet, "le pharmacien de garde" est servi par un tandem très médiatique en les personnes de Vincent Perez ("gardien de la nuit", "Cyrano de Bergerac", "Indochine", "la reine Margot", "the crow : la cité des anges", "la reine des damnés", "le bossu", "Fanfan la Tulipe"…), tout bonnement excellent dans le rôle du pharmacien Yan Lazarrec (mystérieux personnage guidé par ce besoin de venger la Terre de ses parasites en faisant couler le sang, tout en étant pourtant lucide et plein de bonnes volontés), et Guillaume Depardieu ("tous les matins du monde", "les apprentis", "célibataires", "Versailles"…) qui interprète quant à lui le lieutenant de police François Barrier, un homme impulsif, borné mais au final très émotif.

Mais "le pharmacien de garde", c'est également quelques bons moments de rigolades. Ainsi, Jean Veber a décidé de joindre à son casting les très bons Pascal Legitimus ("les trois frères", "madame Irma", "les Rois Mages", "Pinot simple flic", "le téléphone sonne toujours deux fois", "génial, mes parents divorcent!", "neuf mois"…), dans le rôle d'un travesti un peu paumé, et Laurent Gamelon ("P.R.O.F.S.", "le placard", "la maison du bonheur", "tais-toi", "la doublure", "la guerre des miss"…), l'un des fiers représentants français des seconds rôles comiques qui interprète cette fois-ci un policier, plus particulièrement le collègue de François dont je parlais quelque lignes plus haut : chacune de ses apparitions dans le film font mouche comme à son habitude (voilà un collègue que l'on ne voudrait pour rien au monde ; un grand enfant qui rote, pète, écoute du rap à fond dans sa caisse, mange salement et ne peut s'empêcher de fumer et faire des réflexions à longueur de journée). Un régal!

Mentionnons également les apparitions de la belle Alice Taglioni ("mensonges et trahisons et plus si affinités…", "le cactus", "Brocéliande", "les chevaliers du ciel", "la doublure", "cash"…) dans le rôle d'un témoin de François Barrier (qui connaitra d'ailleurs une bien triste fin mais je n'en dis pas plus : la photo dans ma fiche en montre suffisamment), Kad Merad ("la beuze", "bienvenue chez les Ch-tis", "safari", "mais, qui a tué Pamela Rose?", "Iznogoud"…) qui interprète un médecin légiste (petites apparitions), et Clara Bellar ("Fausto", "A.I. intelligence artificielle", "les randonneurs"…) dans le rôle de la compagne de François Barrier. Comme vous pouvez le constater, ce petit film, aussi peu connu soit-il, regroupe une jolie petite troupe d'acteurs pour un résultat très satisfaisant.



En ce qui concerne le pharmacien à proprement parlé, inutile de dire que celui-ci a tout des traits du savant fou. Celui-ci prépare des potions, des poisons, des molécules nocives… en vue de tuer ses victimes. Sans aucune pitié, il ne manque pas d'originalité pour arriver à ses fins : injection de liquide nocif, mazoutage d'un pollueur, utilisation de molécules volatiles s'attaquant à tous les muscles du visage, transmission de facteurs pathogènes par le biais d'insectes (si si)… Notre assassin va même jusqu'à obliger l'une de ses victimes à fumer une trentaine de cigarettes en même temps pour provoquer chez ce dernier des brûlures des poumons.
Mais, ce qui est paradoxal dans tout cela, c'est que Yan Lazarrec, dans sa fonction de pharmacien, est quelqu'un de très attentif et de très attentionné vis-à-vis de sa clientèle (il protège et met en garde une vieille dame contre des mauvaises prescriptions de son médecin, soigne un enfant et le récompense d'une sucette pour son courage…). Yan Lazarrec n'est pas un malade mental sanguinaire et incontrôlable mais quelqu'un qui recherche le bien, même si pour y parvenir il doit faire le mal…

On regrettera peut-être du film de Jean Veber (car oui il y a tout de même quelques défauts, soyons francs) quelques scènes un brin exagérées (le pharmacien qui envoie des coccinelles, à l'image des pigeons voyageurs à l'époque, tuer sa victime; la scène où le pharmacien s'injecte un liquide dans les veines qui le transforme en être méchant façon Hulk; ou encore cette scène où Vincent Perez, toujours lui, parait sauter du haut d'une fenêtre et retomber sur ses pattes alors que la hauteur aurait laissé présager un bel écrasement contre le sol) ainsi qu'une fin peut-être assez longue par moments.

Enfin, pour ce qui est de la musique, celle-ci s'accorde plutôt bien à l'ambiance du film : violons et autres instruments à cordes sont de la partie et donnent de bien douces mélodies lors de certains passages. Ajoutons à cela des chansons bretonnes et tziganes (et les voix de Rachid Taha et Youssou Ndour) et vous obtenez un mélange bien sympathique et entraînant.
On retiendra surtout cette très bonne introduction du film où l'on nous présente un bord de mer pollué avec ses marins et gardes-côtes en train de retirer des oiseaux mazoutés et enlever le pétrole à coups de pelles dans cette masse visqueuse et noire survenue suite au naufrage d'un pétrolier, le tout sous une chanson de Charles Trenet intitulé : "la mer" (je cite les paroles de la chanson : "la mer, qu'on voit danser le long des golfes clairs ; ah les reflets d'argent, la mer!... La mer, au ciel d'été!..."). Un humour que j'apprécie tout particulièrement…

Au final, "le pharmacien de garde" est un petit thriller français qui possède de nombreuses qualités même si celui-ci ne restera peut-être pas dans les mémoires de tous, au même titre que des thrillers tels que "resurrection", "le masque de l'araignée", "blink" ou encore "le collectionneur". Toutefois, celui-ci à l'avantage de posséder un bien beau casting (dont un Vincent Perez encore une fois remarquable), des meurtres imaginatifs à défaut d'un scénario qui l'est moins dans sa globalité, et un rythme fort soutenu (même si la fin peut paraitre un brin trop longue et molle pour certains…). Une petite touche d'humour n'est également pas un luxe que l'on accepte volontiers car bien trop peu présent dans ce genre de films d'habitude. Un film à voir mais qui ne laissera peut-être pas des traces dans l'esprit de tout le monde…

Guillaume Depardieu a également côtoyé Vincent Perez au cinéma en jouant dans le film de ce dernier intitulé "peau d'ange" en 2002, la même année que "le pharmacien de garde".






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