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Suite à un accident de moto, Zeke, un jeune étudiant, est envoyé dans un lieu tenu secret qui n'est autre que l'une des succursales de la multinationale Hybra Tech dont tous les médias parlent. Il s'agit en effet d'une société qui cherche des solutions chimiques pour tous types de secteurs (agroalimentaire, aérospatial, armements biologiques…) et qui est entre autres le numéro un sur l'éradication de morts vivants, véritable fléau qu'avait rencontré récemment la planète. Ne comprenant pas pourquoi leur ami a été transféré à cet endroit inapproprié pour le soigner, une bande de copains va tenter de pénétrer dans la base d'Hybra Tech pour en libérer Zeke. Mais nos jeunes amis ne sont pas au bout de leurs surprises : Hybra Tech renferme entre autres entre ses murs des zombies et autres cyber-soldats sortis tout droit des enfers qui ne vont pas tarder à sortir de leurs cages, à la recherche de cerveaux bien frais et de tripes bien saignantes…



Alors que beaucoup pensaient que la saga des "return of the living dead" serait une trilogie, voilà que le vingt-et-unième siècle nous pond la même année (2005 en l'occurrence) un quatrième et un cinquième opus.
Les connaisseurs et puristes des années 80 comme moi se souviennent certainement de ce fameux "le retour des morts vivants" réalisé par Dan O'Bannon en 1984 et sorti en salles en 1985 : une réponse humoristique et parodique à bon nombre de films de zombies, dont les célèbres et désormais cultes "la nuit des morts vivants" et "zombie" du pape des zombies, George A.Romero. Nous étions alors confrontés à une substance toxique, nommée la trioxyn, qui avait la particularité de réveiller les morts qui, une fois campés sur leurs deux jambes, ne pensaient plus qu'à une chose : manger des cerveaux bien frais!

Une suite au film de Dan O'Bannon, au titre sans surprise de "le retour des morts vivants 2", fut alors mise sur pellicule en 1987 : plus délirant et plus déjanté que le premier, cet épisode est cependant moins original et plus amateur que le premier volet (on notera beaucoup de clichés du premier opus repris par-ci par-là et une fin assez banale et bâclée). Le troisième volet apparait quelques années plus tard, en 1993 exactement, et surprise : c'est le génial Brian Yuzna ("society", "la fiancée de ré-animator", "le dentiste", "faust"…) qui s'y colle! Ce troisième épisode fait mouche dans le cœur des fans de la saga grâce notamment à une zombie woman sexy et cruelle à la fois : un opus plutôt saignant que ce "le retour des morts vivants 3".

Passons cette petite introduction et arrêtons-nous en 2005. Plus de 10 ans se sont écoulés depuis le troisième opus et voilà que deux nouveaux épisodes arrivent sur nos écrans : "le retour des morts vivants 4 : necropolis" et "le retour des morts vivants 5 : rave to the grave". Ces opus ont tous deux étaient réalisés par un certain Ellory Elkayem, déjà connu pour son téléfilm "eclosion" (prix du public au festival fantastique de Gérardmer en 2001) et son premier long-métrage "arac attack" mettant en scène notre fougueux David Arquette, en proie à des araignées mutantes.
Décortiquons tout d'abord ce quatrième opus de la saga des "return of the living dead" pour ensuite nous retrouver sur la fiche du cinquième volet.



D'un point de vue scénaristique, "le retour des morts vivants 4 : necropolis" n'est pas exempt de défauts et nous nous en rendons compte dès les premières minutes du film. En effet, la première partie de ce quatrième opus (qui dure tout de même 46 minutes à elle seule) est tout simplement désastreuse : des personnages ultra-stéréotypés (le jeune génie de l'informatique qui pirate les réseaux informatiques, la bimbo blonde, deux sous-produits de Rambo, le beau gosse qui veut que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles…), un casting très amateur (on récite son texte, sans expression et sans âme, on joue les valeureux guerriers et les braves secouristes…) et un rythme qui s'essouffle à certains moments (qu'elles sont loin les premières grosses attaques de morts vivants…). Ajoutons à cela des séquences ratées et de nombreuses répliques où l'humour ne fait pas mouche (souvent trop puéril pour amuser la galerie) et nous obtenons une première partie de film insipide et décevante en tous points.
Il est en effet vraiment dommage de voir autant d'amateurisme et de séquences bâclées dans cet épisode qui aurait pu mériter un bien meilleur sort (je pense notamment aux très bons petits effets spéciaux dont je parlerai un peu plus tard).

Heureusement, comme le dit le dicton : "après la pluie vient le beau temps". Ainsi, une fois que notre bande de copains est entrée dans le bâtiment de la société Hybra Tech, le rythme s'accélère et les lenteurs abominables du début disparaissent pour laisser place à des attaques de zombies assoiffés de cervelles! Même si le jeu des acteurs est toujours aussi amateur (je pense notamment au frère cadet du héros qui se prend pour Rambo, tout comme l'un de ses amis, Carlos) et les dialogues toujours aussi creux, force est de constater que ça dézingue à tout va : gunfights, headshoots, combats sans arme, courses poursuites dans les couloirs du bâtiment, explosions, festins de zombies… Le tout sous de la musique métal histoire de bien vous tenir éveillés! Tout est là pour nous faire oublier cette première longue partie bien fade et ennuyeuse que l'on nous avait servie juste avant. Seul petit bémol dans cette deuxième partie : les scènes de fusillades sont assez répétitives…

Par ailleurs, nous pouvons saluer la créativité des scénaristes qui n'ont pas hésité pour l'occasion à nous concocter un pur scénario de série B à tendance zédarde : autrement dit des scènes loufoques (les cyber-soldats créés à partir de zombies par exemple, ou encore la scène où des SDF se font dévorer par la bête qu'ils étaient en train de faire cuire à la broche…) et des situations improbables et tirées par les cheveux (le gars de la sécurité qui se fait distraire et embobiner par une bimbo qui sort de nulle part et dont il tombe raide dingue…).

Comme le veut la saga des "return of the living dead", l'humour tient une place fort importante et ce quatrième opus en témoigne une fois de plus. Dialogues ridicules (notre héros taille une bavette avec un zombie, refuse de tuer une jeune zombie car c'est la fille qui l'a dépucelé…) et situations burlesques (nous avons entre autres droit à un combat de boxe avec un zombie) sont de la partie. Cet esprit humoristique est également toujours présent dans les slogans de chaque épisode de la saga (ici, on a un très bon "when the Dead walk… the Living run!"). C'est vraiment dommage qu'une grande partie de cet esprit humoristique soit plombé par tant d'amateurisme trop évident tout au long du film…

On y retrouve également les ingrédients et les fils conducteurs de la saga : les célèbres "cerveaux" que marmonnent les zombies dès qu'ils voient des humains en chair et en os, les fameux barils de trioxyn d'où s'échappe le gaz réveillant les morts, mais également quelques petites répliques et scènes piquées des autres opus en guise de clins d'œil bienvenus (notamment ce passage où un zombie demande au téléphone qu'on lui amène rapidement de nouveaux gardiens car les derniers ont été dévorés, référence à cette réplique du premier opus où il s'agissait cette fois-là de policiers).

Si nous devions décrire ce quatrième opus d'un point de vue scénaristique, nous pourrions dire qu'il s'agit là d'un croisement entre "house of the dead" (aussi bien le film que le jeu vidéo) pour l'humour, les gunfights à gogo et cet esprit très répétitif dans les fusillades, et "resident evil" (même chose) pour la ressemblance flagrante entre les sociétés Hybra Tech et Umbrella Corporation et pour les cyber-soldats de la deuxième partie (qui font curieusement penser à Nemesis du film "resident evil apocalypse" ou le jeu vidéo "resident evil 3 : code nemesis").



Film de série B tendance Z oblige, nous aurions très bien pu penser que les scènes de bagarres (assez nombreuses il faut l'avouer dans ce film, surtout dans la deuxième partie plus alléchante et plus rythmée) allaient être pathétiques et mal fichues. Hé bien détrompez-vous, les chorégraphies sont plutôt bien faites et les séquences de bastonnades avec les zombies rendent assez bien à l'écran : outre les coups de pieds et poings classiques, nos héros font preuve également d'ingéniosité en tapant par exemple dans les jambes pour obliger le zombie à se courber, facilitant alors les coups dans le dos ou sur le dessus du crâne du mort vivant… Nous déplorerons toutefois dans les scènes d'attaques de zombies que les humains aient toujours autant de mal à comprendre que c'est dans la tête qu'il faut tirer et non dans le ventre pour neutraliser le mort vivant (alors que pourtant ils devraient le savoir car au début du film on nous explique que les humains ont déjà eu affaire à des zombies et que la société Hybra Tech les a anéantis)…

En ce qui concerne les effets spéciaux, nous pouvons le dire haut et fort : ce quatrième opus est réussi! Oui, les maquillages et effets gores sont de loin les atouts de ce volet de la saga. Malgré un scénario certes original mais trop amateur et puéril, "le retour des morts vivants 4 : necropolis" se rattrape aisément grâce à ses maquillages de zombies et ses effets gores disséminés à certains endroits de la deuxième partie du film.
Alors que les premiers zombies montrés dans la scène d'introduction du film (les russes) et dans la scène des SDF ne nous laissaient présager rien de bon, les maquilleurs se sont rattrapés dans la deuxième partie du film en nous gratifiant de très bons maquillages par moments. Peau brûlée ou déchiquetée, teint verdâtre pour les uns et blanchâtre pour les autres, crevasses et œdèmes : même si nous sommes encore bien loin des maquillages des films de zombies de Lucio Fulci (je pense notamment à "frayeurs" et "l'enfer des zombies"), nous pouvons saluer le très beau travail réalisé ici par les maquilleurs.

De même, les looks des deux cyber-soldats est très stylé : à mi-chemin entre le mouvement cyber-goth et le style militaire (rangers, habits noirs, cuirasse, tuyaux reliant le derrière du crâne au dos…). Ajoutons à chacun des deux spécimens ses armes de prédilections (des gatlings shotguns en guise de mains et un canon portatif sur l'épaule façon Predator pour le mâle / une lame de scie circulaire pour la femelle) et nous avons là de parfaites machines de guerre ultra fashion!

Pour ce qui est du gore, cet opus se rapproche plus volontiers du troisième volet que des deux premiers. En effet, les effets sanglants sont assez divers et suffisamment nombreux pour passer un bon moment saignant. Arrachage de tête, éviscération, croquage de cerveau, explosion de tête : certaines scènes sont vraiment bien réussies et valent à elles seules le visionnage de cette gentillette série B.



Au final, "le retour des morts vivants 4 : necropolis" ne restera pas dans les annales, la faute à un scénario très bancal (une première partie ennuyeuse et puérile tandis que la deuxième partie est bien plus rythmée), un casting très perfectible et un humour qui fait bien souvent flop malgré quelques bonnes idées... On retiendra toutefois des effets gores bien réalisés et une certaine liberté dans le scénario (propre aux séries B à tendance zédardes) qui nous permet de voir nos héros confrontés à diverses créatures (zombies, animal zombie, cyber-soldats).
"le retour des morts vivants 4 : necropolis" : le moins bon des quatre premiers volets? C'est certain… Un nanar? Bien-sûr que oui mais attention pas un navet!