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Le docteur Tiptree est parvenue, à l'aide de multiples substitutions génétiques, à redonner vie à des dinosaures. Malheureusement, l'un d'entre eux va s'échapper et semer la terreur partout où il passe. Commence alors une bien belle boucherie dans le Nevada à laquelle un gardien de chantier et une protectrice de l'environnement vont tenter de mettre fin.



"Carnosaur" : que cette gentille petite série B a pu faire parler d'elle! Produit par le roi Corman (à qui l'on doit également d'autres productions axés sur les dinosaures telles que "voyage to the prehistoric planet" en 1965, "dinosaur island" en 1994, "raptor", alias "carnosaur 4" en 2001, "dinocroc" en 2004 et bien entendu les deuxième et troisième opus de la saga des "carnosaur" en 1994 et 1996), le film "carnosaur" n'est certes pas un chef-d'œuvre, loin de là, mais demeure une figure emblématique des séries B sur nos chères bêbêtes à longues dents.

Passons cette petite présentation du film pour nous atteler à une analyse de ce fameux "carnosaur" en commençant, comme à mon accoutumée, par le scénario (histoire, ambiance, rythme) et le casting pour finir par les effets visuels (effets spéciaux et aspects esthétiques des dinosaures). Bref, tout un programme!



Dès le générique de début, nous nous rendons compte que nous allons avoir affaire à un pur produit bis proche du nanar. En effet, on nous explique comment sont obtenues les vilaines bestioles que nous sommes venus voir : il s'agit en fait de substitutions génétiques ayant pour but de confectionner un ADN de dinosaure à l'aide d'ADN de différentes espèces : autruches, iguanes, vautours, albatros, pélicans, dindons et crocodiles. Tous ces ADN sont ensuite transférés à une espèce receveuse : le poulet (autrement dit, on obtient des dinosaures en partant du poulet! RIRES!).
Au vu des différents ADN souches, nous aurions plutôt penser voir là le parfait protocole pour créer un dinosaure volant, un ptérodactyle par exemple, mais non : il s'agit bien de dinosaures terrestres dont il est question, plus particulièrement des deinonychus (de petits dinosaures de 2m de haut ayant sur son deuxième orteil une griffe géante en forme de faucille : bref, trêve de bavardages, il s'agit là d'un cousin du vélociraptor de "jurassic park" pour faire simple) et des tyrannosaurus rex (ça, vous connaissez je pense!).

Comme vous l'avez certainement remarqué en lisant le résumé du film ci-avant, le scénario n'est pas ce qu'il y a de plus ingénieux : une scientifique parvient à créer des dinosaures mais l'un d'eux s'échappe (mince alors!) et dévore tout ce qui se trouve sur son chemin. Mais qu'importe, nous savons de toute façon que nous avons en face de nous un pur produit de série B et rares sont les productions bis à la limite du nanar qui nous demandent de réfléchir, le but étant de ne pas se prendre la tête et de se reposer au fin fond de son fauteuil, le chat sur les cuisses, la bibine à portée de main et pourquoi pas quelques nuggets de poulet sur la table basse du salon (pour l'occasion).

Mais comme si le scénario n'était pas assez foufou comme cela, nous apprenons que le virus créé se transmet chez les humains également : nous sommes alors les premiers témoins d'un spectacle rarissime mettant en scène des femmes pondant des œufs de dinosaures! C'est du lourd, je vous aurais prévenus!
Cependant, dans tout ce "bordel scénaristique" (pourtant très plaisant il faut l'avouer : plus c'est tordu dans une série B proche du nanar et plus c'est jouissif), notons toutefois une fin originale (mais je n'en dirai pas plus…).

Enfin, l'humour tient une grande place dans "carnosaur". Le résumé même du film ne se veut pas sérieux (faire des dinosaures grâce à des poulets), tout comme le design des dinosaures (alors que nous sommes en 1993, date de sortie de "jurassic park" ne l'oublions pas) ou encore certains dialogues portant à rire ("bienvenue grand frère" lance un protecteur de l'environnement en faisant un "peace" au tyrannosaure ; "tant pis pour les ennuis avec la SPA" s'exclame le héros en se jetant sur le dinosaure…).



Pour ce qui est du rythme, "carnosaur" est tout ce qu'il y a de plus raisonnable : peu de lenteurs et quelques scènes d'action (les attaques des dinosaures) bien réparties tout au long du film, bref voilà un petit métrage qui nous tient éveillé du début à la fin et c'est tant mieux!

Par contre, côté casting, force est de constater que c'est médiocre. En effet, les acteurs sont loin d'être des prodiges tandis que les dialogues sont souvent creux.
Mais ce qui demeure intéressant dans les personnages, c'est qu'ils ne sont pas forcément ceux que l'on aurait imaginés après avoir insérer le dvd dans notre lecteur de salon. Ainsi, le héros du film s'avère être un gardien de chantier pantouflard (notre brave homme passe son temps à se reposer ou à bronzer), alcoolo et parfois agressif : bref, c'est l'antihéros en quelque sorte. De même pour la "méchante" du film qui n'est pas, comme on pourrait le penser en lisant le résumé, un savant diabolique surexcité mais plutôt une scientifique calme, très posée (même si ses idées et ses ambitions dévoilées en fin de film nous montrent qu'elle est en réalité complètement cinglée…).

Le reste du casting reste très stéréotypé : le shérif courageux et intrépide qui attaque seul un tyrannosaure qui fait deux fois sa taille, une jeune saboteuse et protectrice de l'environnement au doux nom d'Anaïs (alias "Thrush") qui ne vit que pour sa vallée, les quelques ringards qui boivent deux trois cannettes dans le petit resto perdu au fin fond du Nevada et qui se tordent de rire à la moindre occasion, et pour finir les militaires et hommes du gouvernement toujours aussi aveugles vis-à-vis de ce qui les entourent et qui préfèrent tirer et discuter après. Une bien belle brochette que voilà et qui signe comme il se doit une série B assumée!



Mais là où "carnosaur" gagne tout de même quelques points dans le cœur de ceux qui le descendent en flèche, c'est dans ses quelques effets gores. Bon, certes, là encore c'est très caoutchouteux et primitif mais avouons que ces effets sont ma fois à certains moments bien sympathiques, que ce soient les attaques de dinosaures (une tête, une jambe et une main arrachées, un visage dévoré, des éventrements avec intestins en guise de menus…) ou d'autres scènes sanglantes et dégueulasses (une autopsie, deux accouchements humains, des éclatements d'œufs de dinosaures laissant échapper un liquide visqueux verdâtre…).
Encore une fois, je le répète, ne vous attendez pas à quelque chose de propre et soigné : les effets sont très moyens et ne plairont pas forcément aux gens non habitués à regarder des séries B voire même des nanars par pur plaisir. De même, quelques attaques de dinosaures restent hors champs…

Concernant le design des dinosaures, il est clair que le film ne doit pas être comparé avec le "jurassic park" de tonton Spielberg sorti la même année (coïncidence?). Les effets sont là aussi très caoutchouteux et plastiques : les museaux semblent spongieux, les dents sont parfois invisibles quand le tyrannosaure ouvre la gueule, les mouvements sont saccadés (un peu à la manière d'un "ghoulies 2"). Mais ce sont bien ces défauts risibles, ce manque de budget, qui font les valeurs d'un film tel que "carnosaur" : pas de CGI et c'est bien cela que l'on voulait! Un film sang pour sang fait avec les moyens du bord!

Avec ses effets caoutchouteux, sa touche scientifique un brin fofolle (redonner vie à des dinosaures à l'aide de poulets), son scénario aussi mince qu'une feuille de papier toilette premier prix (il faut voir le héros attaquer le tyrannosaure avec un tractopelle), son jeu d'acteurs médiocre, "carnosaur" est une série B à tendance nanaresque qui s'assume parfaitement. Un film que les amateurs de séries B et de nanars sauront apprécier, les autres n'y verront que du vent et un degré de nullité sans égal. Pour ma part, j'ai passé un bon petit moment même si en termes de réalisations à petits budgets nous avons vu beaucoup mieux…








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