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Max, un tueur en série, décide de vous faire partager son quotidien par le biais d'une vidéo amateur dans laquelle tortures et meurtres s'enchaînent, le tout assaisonné de monologues philosophiques distillés par Max en personne.



Réalisé par un certain Julian Richards ("darklands", "silent cry"…), "the last horror movie" est longtemps resté inconnu dans l'Hexagone malgré de nombreuses récompenses reçues de part le Monde, grâce à une large diffusion dans maints festivals.
Le souci avec "the last horror movie", c'est qu'il arrive bien tard sur nos écrans, alors que bon nombre de films ont déjà exploité le filon du pseudo-documentaire de serial killer. Et ce ne sont pas les passages philosophiques et les quelques doses d'humour dispatchées tout au long du film qui nous feront oublier les classiques du genre sortis des années auparavant, bien au contraire.

Le principal problème qui émane du film de Julian Richards est qu'il manque clairement d'humilité. En effet, le réalisateur est d'un orgueil à toute épreuve et il le montre d'emblée en nous dévoilant le titre de son film : "le film d'horreur ultime". Un titre d'autant plus prétentieux qu'il ne s'avère être au final qu'un pompage grossier et bien moins maîtrisé d'autres films de la même veine cinématographique : "Henri portrait d'un serial killer" (pour l'aspect psychologique et pour la façon de filmer un meurtre), "funny games" (pour nous interroger sur cette fascination qu'a le public pour la violence au cinéma) . Mais surtout, nous ne pouvons nous empêcher, en visionnant l'œuvre de Julian Richards, de penser au film belge culte "c'est arrivé près de chez vous" de et avec Benoît Poelvoorde. Là aussi, nous avons droit à un pseudo-documentaire amateur où nous suivons pas à pas un serial killer qui, contrairement à Ben (alias Benoît Poelvoorde) qui ne s'en prenait qu'aux personnes âgées et aux personnes de classes moyennes, choisit ses victimes dans toutes les classes sociales.



Max Perry : tel est le nom de notre tueur en série. Photographe spécialisé dans les mariages, notre cher londonien mène une double vie, un côté obscure, qu'il décide de dévoiler au grand jour par le biais d'une vidéo qu'il monte avec un assistant maladroit qui semble bien avoir du mal à vouloir partager le hobby plus qu'inquiétant de son ami.
Interprété par l'acteur Kevin Howarth ("cold and dark", "summer scars", "the big swap"…), le personnage de Max se distingue de nombreux serial killers que nous avons l'habitude de voir en général : Julian Richards veut nous dépeindre quelqu'un d'aspect normal, une personne quelconque en quelque sorte qui a un métier, une famille (il aime ses neveux/nièces, participe à des dîners de famille…), des amis… Une volonté du réalisateur pour mieux choquer le public qui se rend alors compte que derrière un homme aux allures tout à fait normales pourrait se cacher en réalité un vrai sadique qui n'hésiterait pas durant sa double vie à torturer et tuer des innocents. Une idée certes déjà développée maintes fois mais que l'on approuve une fois de plus.
Le seul hic dans le film de Julian Richards, c'est que notre terrible serial killer est un brin farfelu et blagueur (on retiendra particulièrement cette scène où il apprend à son caméraman à frapper violemment avec une patte de chaise une malheureuse victime mais celui-ci s'y prend comme un manche : Max s'excuse alors auprès de sa victime en lui disant qu'il ne faut pas en vouloir à son ami car c'est la première fois pour lui!). Un comportement qui gâche un peu le personnage que l'on aurait souhaité découvrir : au final nous avons une pâle copie de Ben / Poelvoorde de "c'est arrivé près de chez vous", en moins amusant et en plus lourd dans ses monologues qui, pour le coup, font mouche à très peu d'occasions…

De l'humour noir, il y en a c'est indéniable et c'est l'un des buts du film de Julian Richards, mais celui-ci ne parvient pas à la cheville de l'humour distillé dans le film de Poelvoorde. Quelques séquences amusantes sont bel et bien présentes mais sont bien trop peu présentes et sont malheureusement enfouies dans des séquences longues et ennuyeuses, bien souvent répétitives.



Outre le côté humoristique quelque peu bâclé et gâché par un scénario maladroit et ennuyeux, le côté malsain est très présent tout au long de "the last horror movie" : Max nous montre toute l'étendue de sa violence en assainissant de coups ses victimes, en étranglant des jeunes femmes, celui-ci allant même jusqu'à se séparer de ses amis…
En plus d'être complètement détraqué, Max est également sadique à souhait, en référence à une séquence où il attache sur une chaise un couple, l'un en face de l'autre, avant de poignarder en gros plan la femme devant les yeux de son mari, consterné et abattu… Une scène où Max ne lésine pas sur les coups de couteau et se lâche totalement sur ses victimes.

Certes, le public friand de scènes de boucherie sortira déçu de son incursion dans le monde de Max Perry : peu sanglant au final (certains meurtres se font hors champs) malgré quelques scènes sympathiques, Julian Richards mise surtout sur le côté psychologique de son film. Et c'est bien là que le réalisateur britannique loupe le coche : tout l'aspect psychologique et philosophique du film s'avère être inspiré et même copié/collé de grands films du genre. De la réflexion sur l'attrait et la fascination des gens pour la violence au cinéma (bonjour "funny games") en passant par des questionnements sur les raisons de tuer et les protocoles à utiliser ("c'est arrivé près de chez vous"), "the last horror movie" n'apporte rien de bien nouveau et demeure même nettement inférieur à ses aînés, la faute à des monologues longs et ennuyeux distillés par un Max Perry se la jouant philosophe pour l'occasion mais ne réussissant au final à ne susciter que très peu d'émotion chez le spectateur, sinon un profond ennui.



Dommage que le film de Julian Richards ne réussisse pas à nous captiver au final comme l'avait fait par exemple l'emblématique "c'est arrivé près de chez vous" (que Julian Richards avoue avoir beaucoup aimé…Nan, c'est vrai?) qui alliait cynisme, humour noir et ambiance malsaine de manière magistrale.
En tout cas, le début du film nous met vraiment l'eau à la bouche et mérite à lui seul le visionnage de ce petit film britannique : on nous passe un message radio nous annonçant l'évasion de tueurs puis nous nous retrouvons dans un resto routier où une serveuse s'apprête à se faire tuer par un détraqué pile au moment où le film s'arrête pour nous mettre face à un homme clame et détendu. Cet homme, c'est Max et son hobby c'est de tuer des gens. Celui-ci avoue avoir loué cette vidéo d'un slasher movie de mer** pour y enregistrer dessus un documentaire réalité sur sa vie!
Une introduction intéressante et intelligente qui nous laissait imaginer de bien belles choses pour la suite…

Au final, "the last horror movie" déçoit… Un film bourré de références mais qui au final ne parvient à la cheville d'aucune et s'enlise même dans des monologues maladroits et ennuyeux, entrecoupés par des séquences de meurtres répétitives.
Malgré une volonté technique encourageante de la part de l'équipe du film, on ne retiendra de celui-ci que la scène d'introduction et une séquence où notre serial killer apprend à son assistant caméraman à tuer une de ses victimes : de bien maigres consolations au final pour un pseudo-documentaire sur les tueurs en série…








Du même réalisateur :

SHIVER (2012)