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Un vingt et unième siècle apocalyptique, un monde dévasté par une épidémie qui provoque un dysfonctionnement des organes. Résultat : dix millions de morts sur le globe. Dans la panique générale émerge une société, GeneCo, qui prévoit la transplantation d'organes par pur appât du gain. Dictant ses propres règles, la multinationale prévoit de récupérer les organes des mauvais payeurs. Des agents, appelés "Repo Man", sont chargés de cette repossession qui entraîne inéluctablement… la mort du possesseur



ATTENTION !! Chronique énervée (que ceux ou celles qui aimeront ce film ne m'en veulent pas, je suis issu d'une famille sans morale)

Il est parfois des films dont on se demande comment ils ont pu voir le jour alors que les ténèbres éternelles auraient dû les ensevelir à jamais. "Repo ! The genetic opéra" est plus qu'un film, c'est un concept de la ringardise totale, un sommet de mauvais goût qui semble volontaire qui plus est, un abîme de débilité, un pic de la mièvrerie associé à une puérilité de tous les instants. Une "œuvre" écrite directement au balai de chiottes par un collégien oscillant entre une poésie de midinette et des fantasmes de gamin de treize ans.

Oyez ! Oyez ! Le dénommé Darren Lynn Bousman, connu pour être champion du monde du triple Saw, clame sur tous les toits et à qui veut l'entendre (oui qui ?) qu'il ne veut pas être considéré comme un réalisateur de films de tortures, que lui n'a jamais voulu ça, qu'il est avant tout un auteur et que bordel il va le montrer en montant le nouvel "opéra rock" du futur ! Un revival génial dont la vision enchantera les amoureux de comédies musicales "rock horrifique" façon "The rocky horror picture show" ou "Phantom of the paradise".



Tout ça c'est bien beau et l'on peut toujours applaudir l'audace d'un tel projet. Sauf que "Repo ! the genetic opéra" c'est "Notre-Dame de Paris" (pas le livre, le truc sirupeux de Richard Cocciante avec Garou et Patrick Fiori) à la sauce MTV du pauvre avec cerise sur la bouse de vache, des chanteurs qui (pour la plupart) chantent, certes, mais qui chantent faux ! Mais alors faux ! On dirait un spectacle de fin d'année dans une école avec 50 gamins qui beuglent une chanson traditionnelle.
Et en plus tout le temps ! Quasiment pas de dialogues, que du chant qui donne envie de se suicider en se passant en boucle l'intégrale de Pascal Obispo comme ultime preuve de l'existence du mal.

Heureusement le film ne peut qu'être sauvé par la puissance dévastatrice des paroles et du propos qui sourdent de textes merveilleusement ciselés, me direz-vous. Et bien….suspense……que nenni ! Je ne sais pas qui a pu écrire une telle prose (en fait si je sais, mais par charité, je ne dévoilerai pas leurs noms, ils ont une famille à nourrir et une honte à assumer jusqu'à la fin des temps. Ne tirons pas sur l'ambulance !) Mais il faut impérativement qu'ils arrêtent ou qu'ils fassent de la peinture, de la sculpture, du tricot, n'importe quoi, mais par pitié arrêtez la chanson !



Même si j'aimais plutôt bien les épisodes de Saw que Bousman a mis en scène (enfin, j'aime bien les intrigues à tiroirs et les pièges machiavéliques, j'aime beaucoup moins le montage épileptique et la caméra qui oscille dans tous les sens), on voit bien qu'il n'y a pas beaucoup de talent, ni d'inventivité dans sa manière de filmer, ni de diriger ses comédiens, c'est plat et mou, ça ne décolle jamais, c'est chiant comme un dimanche après midi devant Michel Drucker, ça donne envie de tuer son chien ou sa belle-mère.

Enfin, il y a cette propension à rendre vulgaires les femmes en tentant de les montrer de manière sexy. Mention spéciale à Paris Hilton qui représente la quintessence de la vulgarité faite femme et qui est raccord total avec l'esprit du métrage.

Oui, le monde va maaaaaaal, oui il n'est pas beau et oui les gens sont méchants, semblent nous beugler aux oreilles les auteurs de cette purge. Bousman a voulu probablement faire un film très noir sur l'humanité en perdition, le problème c'est qu'il rate la cible de dix mille bons kilomètres en en faisant une bouillie infâme où un sentimentalisme de pacotille remplace la charge qu'il voulait furieuse.
Et ce n'est pas avec les rares scènes gore qui ici, ne servent pas à grand-chose, qu'il va rattraper quoi que ce soit.
Quant à l'actrice principale (une certaine Alexa Vega) elle ne saurait tirer une once d'émotion même à un amateur de sitcom brésilien.



Bousman pompe aussi à droite et à gauche, un peu de "Blade Runner" pour la scène d'ouverture, un peu de "Rocky Horror Picture Show", une pincée de "The Crow" avec le narrateur, un peu de "Massacre à la tronçonneuse" avec un des personnages qui porte carrément un masque de chair humaine, etc.
La coupe était déjà pleine, mais elle déborde lors d'une scène finale qui rappelle furieusement dans son concept celle de "Phantom of the Paradise". Dans son concept, mais pas dans sa réalisation. Là où un De Palma réussit à transformer le kitsch en or, Bousman le transforme en excrément gluant et soporifique.
Burp !

Une vraie et magnifique bouse qui sent la campagne au moment de la grande Peste.