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Les forces de Sauron assiègent Minas Tirith, la capitale du Gondor, dans une tentative d'éradiquer l'être humain de la Terre du Milieu. Le Gondor n'est plus qu'une pâle copie de ce qu'il fût. Dirigé par un intendant irascible et proche de la folie, il a désespérément besoin que le roi revienne revendiquer son trône. Ce roi, c'est Aragorn, mais en a-t-il la force et l'envie ? De son côté, Gandalf tente avec acharnement et l'énergie du désespoir, de rassembler les derniers lambeaux des ressources humaines afin de faire face à la menace imminente de Sauron et surtout de détourner le regard de ce dernier du périple de Frodon (accompagné du fidèle Sam et de la créature Gollum), porteur de l'anneau et qui devra s'introduire jusqu'au coeur du royaume du mal pour le détruire. Une immense partie d'échecs se joue avec comme enjeu, ni plus ni moins que la survie du bien et incidemment de l'Homme sur la Terre du Milieu



Batailles épiques et gigantesques, humanité en danger, bravoure, magie, camaraderie, espérance, peur, dépassement de soi, amour et haine.
Toute la panoplie de l'héroic fantasy et de l'aventure est convoquée au chevet du " Retour du Roi", ultime opus de la trilogie du "seigneur des anneaux".
Grandiose sur grand écran, le film perd de sa superbe sur le petit.
Si chaque petite victoire contre le mal absolu se paie en sueur, en sang et en sacrifices, c'est en détournant le regard de Sauron que l'aventure de Frodon, Sam et Gollum a une chance de réussir. Tout entier concentré sur les batailles qui se déroulent contre l'Homme au sein de la Terre du Milieu, le sorcier maudit, sûr de sa puissance, laisse échapper sa destinée aux mains d'une petite et insignifiante créature. La puissance et une forme de complexe de supériorité auront raison de son incontestable supériorité militaire.



Une fois de plus et de manière encore plus évidente dans ce dernier épisode, la légende, la mythologie créée par Tolkien est une affaire d'homme. La femme étant reléguée au rang de mère porteuse ou d'amoureuse transie devant la bravoure de l'homme (à quelques rares exceptions, mises en avant de manière plus prégnante dans l'adaptation que dans le roman ).
Une camaraderie façonnée dans le combat et la vaillance naîtra entre les personnages masculins. Evidemment si on le prend au premier degré, on pourra toujours reprocher au " seigneur des anneaux" une grande misogynie, mais il serait dommage d'en rester sur cet a priori négatif.
Les sagas d'où qu'elles viennent ont toujours été des mondes où la testostérone se veut dévastatrice.

De plus, le seigneur des anneaux est viscéralement une oeuvre culturelle et morale, emplie de religiosité manichéenne. Le mal est un mal absolu et le bien pour gagner la lutte se doit d'être totalement et exclusivement bon. Pas de place pour l'entre-deux, celui qui passe de l'autre côté est irrémédiablement condamné aux affres de l'ombre.
Puisant ses croyances et ses concepts dans la mythologie Scandinave où l'anneau, cercle fermé, symbolise le cycle du destin et où le dieu Odin (surnommé " le dieu de l'anneau" ) était borgne (on voit donc avec évidence comment, chez Tolkien, il est devenu Sauron dont l'être physique se réduit à un oeil unique gigantesque) recherchant à travers les neuf mondes (tiens, il y a neuf Nazguls !) l'anneau Draupnir garant de son pouvoir. Il puise également dans la légende islandaise du Nibelung, le personnage de Gollum, tuant son propre père pour s'emparer là aussi d'un anneau et qui sera déformé par la haine et la cupidité.



Enfin, ce qui marque tant et ce qui séduit par-dessus tout, c'est l'optimisme humaniste qui se dégage de l'histoire (notion que Peter Jackson a parfaitement intégrée en en faisant la ligne directrice de son adaptation). Même dans les pires difficultés, même quand tout espoir semble perdu, on peut et on doit croire en l'avenir et en l'être humain (malgré ses petitesses et ses contradictions).
On peut résumer cela en deux concepts majeurs :
Il y a toujours en soi plus qu'on ne le pense et seuls ceux qui doutent peuvent prétendre à la grandeur. Deux concepts qui semblent être à l'opposé l'un de l'autre, mais qui montrent la complexité morale de l'être humain. Le personnage de Frodon représentant à l'évidence la quintessence de ces concepts.



Si le passage au cinéma est une réussite incontestable grâce au talent et à l'implication de Peter Jackson, de ses assistants et d'une ribambelle d'acteurs oeuvrant dans le même sens et conscients de faire, finalement, plus qu'un film, il n'empêche que cela ne plaira pas à tout le monde. Une nécessaire envie de se plonger dans ce monde à part et un intérêt pour ce type d'aventures restant deux préalables fondamentaux.

"Le retour du roi", à l'instar des deux précédents films fait donc honneur à l'oeuvre écrite, une oeuvre à l'imagination débordante et unique en son genre pour une odyssée nostalgique d'un monde rêvé par Tolkien.