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Réalisation
Johan Söderqvist

Scénariste
John Ajvide Lindqvist

Date de sortie
2008

Genre
vampires

Tagline


Cast
Kare Hedebrant
Lina Leandersson
Per Ragnar
Henrik Dahl
Karin Bergquist


Pays
Suède

Production


Musique
Johan Söderqvist

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.7
(27 votes)
Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même et martyrisé par les garçons de sa classe. Pour tromper son ennui, il se réfugie au fond de la cour enneigée de son immeuble et imagine des scènes de vengeance. Quand Eli s'installe avec son père sur le même palier que lui, Oskar trouve enfin quelqu'un avec qui se lier d'amitié. Ne sortant que la nuit, et en T-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l'intriguer... et son arrivée dans cette banlieue de Stockholm coïncide avec une série de morts sanglantes et de disparitions mystérieuses. Il n'en faut pas plus à Oskar pour comprendre : Eli est un vampire. Leur complicité n'en pâtira pas, au contraire...



Il est parfois des films qui semblent être touchés par la grâce, à des années lumières du formatage en vigueur et de la recherche systématique de plaire à tout prix au plus grand nombre. " Morse" fait partie de ces trop rares métrages qui sont autres, qui restent dans un coin de votre esprit bien après leur vision. Oscillant entre l'horreur et l'étude de caractères, il fait grand cas du cinéma et prend le spectateur pour une personne consciente capable de ressentir autre chose que des émotions frelatées.
Adapté directement à l'écran par l'auteur du livre dont est tirée l'intrigue, "Morse" est avant toute chose une histoire d'amour sur fond de vampirisme. L'horreur n'est en effet pas la justification en soi du projet, elle ne sert qu'à impulser et renforcer l'histoire que vivent les deux jeunes gens.



Oskar a 12 ans, un âge où l'on n'est plus tout à fait un enfant mais où l'on n'est pas encore vraiment un adolescent, un âge où l'on a besoin de repères et d'amitiés. Or Oskar est seul, terriblement seul, sans ami(e) s, sans relation, sans personne à qui raconter les brimades qu'il subit de la part de certains élèves de son école. Un bouc émissaire sans rébellion, sans caractère, qui va prendre goût à la vie et aux autres par la grâce d'une rencontre improbable avec une petite fille de 12 ans qui semble aussi seule que lui.

Imaginaire ou réelle, Eli, est un vampire prisonnier d'un corps de 12 ans depuis longtemps, très longtemps. Unissant leurs solitudes, ils vont se découvrir une attirance l'un envers l'autre, attirance faite d'amitié, mais aussi de pulsions charnelles à peine voilées à un âge où l'on est encore en période " présexuelle" mais où cela commence à titiller chacun et chacune d'entre nous.



Un fantastique glacé s'impose petit à petit, de manière lente et contemplative, un peu à la manière d'un Bergman (non, ne partez pas tout de suite !) dans cette Suède enneigée où resplendissent les paysages du grand Nord grâce à un Scope (un vrai !) à tomber par terre (magnifiée au cinéma, la photographie risque cependant d'en prendre un sérieux coup sur le petit écran).
La thématique du vampire sous-tend l'intrigue plus qu'elle ne la porte, elle n'est là que pour accentuer l'histoire d'amour que vivent les deux jeunes protagonistes, ce qui fait de Morse un film réellement à part.

A part, aussi, par la présence de "sous-textes" à peine voilés, mais montrés de manière subtile, comme la relation entre Eli et son " père" qui semble nimbée de pulsion pédophile (apparemment le roman appuie sur ce thème, là où le film ne fait que le suggérer). Ou comme le fait de placer l'intrigue au coeur des années 80, une époque où les moyens de communications extérieurs n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'hui et qui accentue la solitude des deux jeunes gens (ou comment faire naître l'émotion et une forme de nostalgie à la simple vue d'un bon vieux Rubik's cube, prise de tête mémorable de toute une génération) .
Si le film est si réussi, il le doit probablement au jeu plein de finesse et de tendresse des deux adolescents. Acteurs nés et dirigés de main de maître, on a vraiment hâte de les revoir un jour.



Il le doit aussi à une bande-son en harmonie avec les images, et à deux scènes particulières qui restent longtemps dans un recoin de l'esprit. Celle qui donne son titre au film en version originale (que l'on peut traduire par " Laisse passer le juste") et dont je ne dirai rien afin de ne pas gâcher l'émotion qui s'empare du spectateur lors de cette scène où la confiance, l'amitié et l'amour ne sont pas un vain mot.
Et puis, il y a le climax du long-métrage, où la maîtrise et le talent du cinéaste rendent justice à la situation invoquée. Cruel, poétique et violent, il vaudrait presque à lui seul la vision du film. Rarement une scène aura su faire passer une émotion entre la pellicule et le spectateur comme celle-ci.

Pas assez horrifique et probablement trop lent pour satisfaire la jeune génération fan de terreur sur pellicule, trop sanglant pour appâter le public "auteurisant", Morse n'est pas un film formaté et malgré une ribambelle de prix dans un grand nombre de festivals, il ne devrait pas peser bien lourd face à la déferlante "Twilightienne" et à la frilosité des exploitants de cinéma. Puisse sa sortie en DVD lui rendre justice, il le mérite, les films comme celui-là sont suffisamment rares.
Si le cinéma de genre est celui des émotions contradictoires, alors il n'y a pas de film comme Morse.








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