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D'après une prophétie Navajo, Timothy, un adolescent (qui n'est au courant de rien), obtiendra lors de ses treize ans, le pouvoir d'éliminer tous les Skin Walkers, sortes de loups-garous. Parmi ceux-ci, figurent les membres de la famille de l'enfant, dont certains sont des lycanthropes ayant depuis longtemps renoncé à la chair humaine les soirs de pleine lune. Toutefois, un autre groupe n'ayant pas abandonné ses instincts primaires part à la recherche du garçon, dont la transformation risque bien de modifier à jamais la condition de tous les loups-garous. C'est ainsi que deux gangs vont s'affronter à l'aube du treizième anniversaire de Timothy : celui du jeune garçon accompagné de Rachel, sa mère non Skin Walker et de tous ses autres parents lycanthropes contre celui de Caleb, un leader sans états d'âme, devenu, comme les acolytes composant sa meute, complètement accro à la viande humaine. Quel groupe va alors triompher : celui du Bien ou celui du Mal ?



Skin Walkers est la troisième réalisation de James "Jim" Isaac (après "House 3" et "Jason X"), un cinéaste américain qui a également travaillé en tant que directeur des effets spéciaux sur "Arachnophobie" et sur trois films de Cronenberg ("La mouche, "Le festin nu" et "Existenz"). En clair, c'est à un spécialiste du fantastique qu'est confiée ici une énième adaptation du mythe du loup-garou. Mais ce n'est pas tout puisque la production s'est également attachée, pour les effets spéciaux, les services du renommé Stan Winston, que l'on ne présente plus. Ajoutons à cela que niveau script, James DeMonaco, scénariste du "Négociateur" et du remake "Assaut sur le central 13", a collaboré avec James Roday et Todd Harthan, novices en matière d'écriture. Bref, sur le papier en tout cas, l'équipe de tournage a de l'allure. Qu'en est-il toutefois du rendu sur pellicule ?

Eh bien le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est mauvais, très mauvais même et ce, à tous les niveaux ! C'est atrocement filmé car le montage est trop rapide, les scènes de combat (pas plus de trois d'ailleurs !) sont trop saccadées si bien qu'on ne voit rien, un peu à la manière d'un "Alien vs Predator" de très haute volée ! Mais ce n'est pas tout, le rythme est lent puisqu'on assiste à la fuite des uns à bord d'un vieux car blindé (les gentils) poursuivis par les autres (les méchants) chevauchant leur Harley. Et surtout c'est ennuyeux, il suffit de voir la première fusillade où ça tire dans tous les sens sans aucun mort à déclarer, pour s'en rendre compte. A quoi cette scène pouvait-elle servir ? Mystère…

Ajoutons à cela la quasi absence de sang à l'écran, (ce qui la fout mal quand même pour un film avec des canins sur deux pattes et estampillé "horreur" !) et le côté hyper prévisible des moments dits "de tension" et vous aurez un petit aperçu de ce qui vous attend si un jour vous décidez de louer le DVD ! En fin de compte, Skin Walkers n'est en réalité qu'un western où les cowboys ont été remplacés par des lycanthropes qui se disputent à propos d'une légende indienne ! Le moins que l'on puisse dire c'est que Sergio Leone doit se retourner dans sa tombe à l'heure qu'il est tant c'est indigent !

Toutefois, le pire est à venir : le maquillage des loups-garous est risible tant on dirait des masques fauchés d'Halloween et les effets spéciaux sont, quant à eux, ultra cheap. C'est bien simple, aucune transformation n'est montrée à l'écran ! Alors certes on a beau s'appeler Stan Winston, mais si on ne dispose pas d'un budget conséquent, on fait également de la daube !

Vous pensiez avoir touché le fond ? Eh bien non, ce n'est pas terminé. Parlons un peu des protagonistes afin de rigoler un peu plus. Non seulement, le look des personnages, les méchants en tête, est hilarant au possible puisque ces derniers sont tatoués, forniquent à tout va et chevauchent des Harley tels des Hell's Angels des temps modernes mais en plus ils sont tellement insipides que l'on n'éprouve aucune empathie pour eux, et c'est pareil pour les gentils ! Côté casting, on appréciera les présences de la jolie mais mono-expressive Rhona Mitra (un "Doomsday" de sinistre mémoire), d'Elias Koteas ("Les tortues ninjas" quand même, mais aussi "Zodiac") ou encore celle de Natassia Malthe, Typhoïd dans "Elektra". Bref que du lourd ! Mais, le summum c'est quand le bad guy du film arrive sur son destrier de métal, lunettes de soleil sur le nez : on voit là un Jason Behr (la "grandissime" série "Roswell"), en petit minet bodybuildé qui ne fait peur à personne et qui nous rappelle surtout Lorenzo Lamas dans le "Rebelle", autre grande série s'il en est ! En clair, la fadeur de la distribution et le manque de charisme des acteurs viennent achever l'entreprise Skin Walkers qui ne révolutionnera pas les films de loups-garous, ça c'est certain !

Ce petit navet tourné au Canada comporte tout de même une bonne idée (et pourtant j'ai cherché, croyez-moi !) : le sang humain transformant les loups-garous en junkies. Mais c'est insuffisant : il manque d'ampleur tout simplement, car sans aucune surprise. Il aurait pu nous intéresser il y a une dizaine d'années, mais là, avec des prédécesseurs comme "Dog soldiers", il paraît bien fade d'autant qu'il semble sans cesse chercher son identité sans jamais la trouver. Et c'est bien triste.

Ainsi, ce métrage sur les loups-garous n'est pas du tout original, ne comporte ni gore, très peu de morts, encore moins de scènes de sexe mais en revanche fait étalage de beaux gosses musclés, de donzelles à poitrines opulentes, de grosses motos, d'énormes flingues mais c'est très aseptisé car pas violent pour deux sous. Ca sent d'ailleurs le direct to video destiné aux ados boutonneux mous du cerveau et peu exigeants. Passez donc votre chemin gents gens, la vie d'un cinéphile est assurément trop courte pour s'encombrer d'un film aussi pitoyable que celui-ci !