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Au sein d'une université américaine, deux bandes rivales d'étudiants, les Betas et les Gammas, se livrent une bataille chaque année durant la célèbre "semaine des farces". Au cours de ces sept jours, les deux groupes de jeunes enchainent les farces et blagues afin de mériter la très convoitée "couronne du roi des farceurs", trophée qui récompense la personne qui a fait la plus grosse farce au cours de la semaine. Cette puérilité exaspère le doyen de la faculté, Ragnar, dont le souhait le plus cher est de dissoudre ces deux bandes de grands enfants qui tachent l'image de son établissement. Mais, alors que les farces ont d'ores et déjà élu domicile au sein de l'université comme chaque année, Ragnar va, sans le savoir, réciter des incantations qui vont réveiller des créatures immondes et immorales : les Ghoulies. Sales, irrespectueux, farceurs et dangereux, ces trois petites bêtes vont se joindre à la vie quotidienne des étudiants, sous les directives de Ragnar, devenu leur maître. Très vite, les Ghoulies vont prendre part aux farces que se font les étudiants et le Campus va devenir le siège des loufoqueries de ces petites créatures répugnantes.



Après un premier épisode en 1985 franchement décevant, ennuyeux et finalement très avare en scènes chocs, une suite est programmée deux ans plus tard, nettement plus drôle, plus rythmée et bénéficiant de meilleurs effets spéciaux que son aîné. Mais c'est véritablement quatre ans plus tard que la saga va connaitre son volet le plus prometteur : "Ghoulies 3" est en effet l'épisode le plus abouti et celui dont l'on retiendra volontiers le plus de choses quant à son histoire.

Réalisé par John Carl Buechler (spécialiste des effets spéciaux à qui l'on doit notamment les réalisations de "troll" et du septième volet des vendredi 13 intitulé "the new blood"), cette deuxième suite à la saga des Ghoulies nous montre une fois de plus que l'on a affaire à une comédie fantastique (à la manière d'un "Gremlins" ou d'un "sos fantômes") et non à un film horrifique à proprement parlé.

Partant d'un scénario simple, bien qu'un peu plus original que celui du deuxième opus (même si l'on retiendra la très bonne idée d'avoir camper l'action au beau milieu d'un parc d'attractions), "Ghoulies 3" n'en demeure pas pour autant un film ennuyeux, loin de là. Bénéficiant de péripéties en veux-tu en voilà et de situations loufoques à gogo, ce troisième opus réussit à divertir son public du début à la fin, ce qui n'est pas donné à toutes les petites séries B sans prétention.
Le rythme est en effet bien soutenu : on suit en détails les farces perpétrées par les étudiants (allant de la simple bombe à eau jusqu'à la mise en pièce du bureau d'un professeur, en passant par la fabrication de bancs éjectables) tandis que l'on voit évoluer en parallèle nos chers Ghoulies, curieux et vilains, dans leur nouvel environnement qu'ils vont détruire petit à petit.



Alors que le deuxième opus se déroulait dans un Luna Park, "Ghoulies 3" campe ses personnages dans une université, un cadre tout à fait propice à l'émancipation de nos vilaines petites bestioles poilues qui ne tardent pas à se frayer un chemin au sein des bandes d'adolescents puérils. Car c'est bien ce que nous avons là : des grands gamins qui ne pensent qu'à se faire des blagues, quitte à sécher les cours du moment que la couronne du roi des farceurs leur revienne. Comme dans bon nombre de films américains mettant en scène des jeunes étudiants dans une université (les teens movies), nous avons droit à tout ce qui en découle : des jeunes ne pensant qu'à boire et à s'amuser, des gonzesses très sexy, des dialogues creux à la limite de l'enfantillage et j'en passe…
Mais, malgré cet air de déjà vu et l'humour potache qui ressort du film de John Carl Buechler, la mayonnaise prend plutôt bien et le divertissement est à la hauteur de nos attentes. Certes, les personnages, comme dans une grande partie de ce genre de productions très jeun's, sont ultra stéréotypés (le doyen d'université exécrable, le policier ringard, la blonde bimbo très sexy…) mais on se plait à suivre les aventures de nos deux bandes rivales qui vont tout faire pour gagner ce précieux trophée destiné aux meilleurs farceurs tandis que les trois Ghoulies, réveillés par le doyen Ragnar (joué par Kevin McCarthy, vu entre autres dans "piranhas" et "hurlements" de Joe Dante…), vont s'immiscer dans les joutes ludiques de nos jeunes étudiants en herbe.

Pour ce qui est des Ghoulies à proprement parlé, ceux-ci sont à nouveau fort présents tout au long du film, comme ils l'étaient déjà dans l'opus précédent (inutile d'attendre 30 minutes de bobine pour voir apparaitre l'une de ces petites bêtes comme ce fut le cas dans le premier volet de la saga), mais leur nombre a été réduit : fini les Ghoulies volants et les Ghoulies à tête de rat, seuls trois ont été gardés pour ce volet, chacun ayant sa personnalité qui lui est propre. Cet épisode est également l'occasion de découvrir de nouvelles facettes de nos chers Ghoulies. En effet, nous avons droit ici à des créatures qui parlent, rotent, pêtent mais qui s'avèrent avoir certains penchants pour la gente féminine. Car faire un film ayant pour environnement un campus est l'occasion pour le réalisateur d'y intégrer certains éléments sexys, histoire de faire découvrir aux Ghoulies de nouveaux horizons et de parfaire leur éducation sexuelle, chose encore méconnue pour eux dans la saga. Ainsi, nos immondes petites créatures vont épier les filles sous la douche ou encore un couple de jeunes nymphomanes en pleins ébats amoureux torrides ou, mieux encore, participer à une chasse aux petites culottes! Vous l'aurez compris, cet épisode n'est pas avare en petites séquences coquines (mais gentillettes) et apporte une petite touche très jeun's à la saga.



Mais, en plus de cette petite touche sexy et cet esprit très jeun's qui le différencient des deux autres opus, "Ghoulies 3" s'avère être également l'épisode le plus amusant de la série. Certes, le film prête plus à sourire qu'à éclater de rire mais la fantaisie et l'humour sont bien présents tout au long du film (en raison notamment du fait que l'arrivée des Ghoulies sur le campus coïncide avec la semaine des farces au sein de l'université). Certaines scènes délirantes et déjantées sont alors parsemées tout au long du film : c'est le cas de cette scène où une femme est étranglée par sa propre langue (petit clin d'œil au premier volet?), ou de la séquence où les Ghoulies font disparaitre un jeune étudiant dans la cuvette des WC (clin d'œil au deuxième opus?), ou encore de la scène inspirée de "psychose" où nos vilaines petites bêtes attrapent une jeune demoiselle sous la douche en lui collant une ventouse à chiotte sur le visage… Autant de scènes qui ne se prennent pas au sérieux, tout comme cette idée de départ qui veut que les incantations pour ramener les Ghoulies à la vie soient écrites dans une bande dessinée (ridicule) et qu'une fois réveillés de leur profond sommeil, ceux-ci entrent dans le monde réel en passant par la porte des enfers représentée ici par un chiotte! Un scénario de départ tellement loufoque qu'il ne peut que prédire un film totalement débile dont seuls les esprits ouverts pourront apprécier les qualités.

Pour ce qui est de l'aspect des Ghoulies, ceux-ci restent d'honnête facture (comme pour le deuxième volet) même s'il n'en reste dorénavant plus que trois. On remarque toutefois quelques belles finitions au niveau des visages, bien mieux travaillés, mais en général cela reste du même calibre que l'épisode précédent. On notera, comme pour "Ghoulies 2", un boss final mais cette fois-ci bien plus original et kitch, pour le plus grand plaisir des amateurs de films où l'absurdité est le maître mot.



Plus sexy, plus drôle, plus festif et plus rythmé que ces prédécesseurs, "Ghoulies 3" est l'opus que beaucoup auraient souhaité découvrir en guise de premier volet : un film fun, déjanté et sans temps mort où nos chères vilaines créatures s'en donnent à cœur joie pour semer la pagaille dans le monde des humains. Même si le film n'est pas un chef d'œuvre (le manque de moyens se fait tout de même bien ressentir), voilà tout de même l'épisode phare de la saga qu'il faut avoir vu si vous ne connaissez pas la série ou si vous avez déjà vu un ou plusieurs autres épisodes.