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Réalisation
Albert Band

Scénariste
Luca Bercovici & Dennis Paoli

Date de sortie
1987

Genre
monstres

Tagline


Cast
Damon Martin
Royal Dano
Phil Fondacaro
Kerry Remsen
Starr Andreeff…


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
-

Effets spéciaux



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Moyenne: 2.9
(8 votes)
Le jeune Harry et son oncle Ned sont responsables d'un train fantôme dans une fête foraine. Les affaires vont mal, un comptable (qui est également le fils du plus gros actionnaire du parc d'attractions) décide de venir sur les lieux pour constater les faits et, au besoin, trouver des solutions radicales pour relancer la fête foraine, n'hésitant pas à se séparer de certaines attractions en pertes de résultats ainsi que de ses propriétaires. Harry, venu aider son oncle Ned, le sait bien : le train fantôme "l'antre de Satan" a bien vieilli et n'attire plus autant de monde qu'à l'époque. L'attraction est pointé du doigt par le comptable qui décide de laisser une dernière chance à Ned et à son neveu pour prouver que "l'antre de Satan" peut encore être rentable, au cas échéant le train fantôme serait démoli pour laisser place à un spectacle de catch humoristique. Mais la roue semble tourner pour Harry et son oncle : comme par magie, "l'antre de Satan" semble s'être refait une nouvelle jeunesse, les gens accourent vers l'entrée de l'attraction et une file d'attente énorme commence progressivement à se dessiner. La raison de ce succès soudain et bienfaiteur? D'immondes créatures ont en fait élu domicile dans le train fantôme et bon nombre de curieux sont décidés à les voir d'un peu plus près. Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est que ces vilains petits monstres, sales et poilus, sont terriblement dangereux. Très vite, la fête foraine se transforme en un véritable cauchemar pour ses visiteurs.



Après le petit succès de "Ghoulies" en 1985, petit film de monstres et de magie, une suite intitulée à juste titre "Ghoulies 2" voit le jour deux ans plus tard. Cette saga, qui compte aujourd'hui trois épisodes (le troisième sortira au début des années 90), est bien souvent comparée à celle des vilains Gremlins. Même si la raison de cette comparaison ne provient certainement pas du premier épisode de la saga des Ghoulies (une réalisation plutôt médiocre, un scénario bien faiblard et un rythme fort ennuyeux), force est de constater que les deux opus suivants semblent radicalement vouloir ressembler aux deux épisodes des vilaines bêtes de Joe Dante, sortis respectivement en 1984 et 1990 (pour information, "Ghoulies 2" est de 1987 tandis que "Ghoulies 3" est de 1991), grâce notamment à un rythme revu à la hausse et à cette impression de regarder un véritable défouloir de bêtises où l'humour, la bonne humeur et la détente semblent être les maîtres mots.

Partant d'un scénario plutôt banal il est vrai (des petits monstres décident de semer la panique dans un Luna Park), "Ghoulies 2", toutefois, se distingue d'emblée de son prédécesseur grâce à une histoire simple et sans confusion (contrairement au premier volet). Finies les scènes bizarres de magie et les quelques séquences portant à confusion, ce deuxième volet se suit agréablement, sans difficulté, et nous transporte sans véritable longueur durant près de 1h30 dans un véritable petit train fantôme où nos vilains petits monstres sont bien décidés à vous divertir au possible.
Dans sa réalisation, ne cachons pas que "Ghoulies 2" sent très bon la série B (mais est-ce véritablement un mal?). En effet, les acteurs ne sont pas exempts de défauts, certains sont même assez mauvais, mais qu'importe : les messages passent très bien et les acteurs principaux font toutefois bonne impression (on notera par ailleurs la présence de Royal Dano dans le rôle de l'oncle Ned, acteur que nous avons pu rencontrer dans "la foire des ténèbres", "la part des ténèbres", "house 2", "Moby Dick" …). Quant aux dialogues, même si ceux-ci ne cassent pas des briques, ils ont au moins le mérite de ne pas nous embrouiller ou de nous ennuyer.



Pour ce qui est du rythme, voilà certainement la principale source d'amélioration entre les deux premiers volets de la saga. Alors que le premier volet rencontrait des longueurs indéniables (principalement les scènes de sorcellerie), celui-ci parvient sans mal à nous distraire du début à la fin. La raison provient en grande partie du fait que les Ghoulies sont bien plus présents dans cet opus que dans le premier volet où ils ne semblaient être parfois que de simples figurants (leur maître, revenu d'entre les morts, était bien plus mis en avant, tout comme les deux nains). Dans "Ghoulies 2", inutile d'attendre une demi-heure pour voir nos vilaines créatures montrer le bout de leur nez : dès la cinquième minute du film, nos chères petites bêtes sont déjà en action!

Mais ce qui fait la force du film, c'est sans conteste l'idée qu'ont eue les deux scénaristes de camper l'histoire dans une fête foraine. Quoi de mieux comme endroit pour se laisser immerger par des idées farfelues, drôles et diverses? Il semble en effet inconcevable de réaliser un film dans une fête foraine où il ne se passe rien : ce sont probablement les lieux sur Terre où il y a le plus d'ambiance, de rires et d'amusements. Et les scénaristes et le réalisateur le savent bien : il faut faire vivre le film, le rendre attrayant (chose oubliée dans "ghoulies" premier du nom) en nous montrant par exemple des numéros de cirque (une femme à barbe, un homme doté d'une force herculéenne) ou des danses orchestrées par des "femmes reptiles" (nom donné en raison de leur faculté à faire onduler leurs corps de rêves de façon très sensuelle) ou encore des stands de tir (tir à la carabine ou épreuve de tir où le but est de viser une cible pour actionner un mécanisme projetant un clown dans une piscine). N'oublions pas également les attractions plus traditionnelles telles que les voitures auto-tamponneuses et la grande roue, mais aussi bien-entendu le clou du spectacle, le train fantôme de Ned et Harry "l'ante de Satan", une attraction à se pisser dessus tellement elle est ringarde et qui rajoute une touche d'humour au film d'Albert Band (des faux monstres rouillés, un nain qui se déguise en petite bête poilue pour faire peur aux gens…).

Même si la première heure du film se passe quasi uniquement dans le train fantôme de Ned et Harry, la seconde partie de "Ghoulies 2" se déroule dans le Luna Park tout entier et c'est à ce moment précis que le film prend réellement de l'altitude. Nos chers Ghoulies vont en effet semer la panique auprès des visiteurs en testant les diverses attractions du parc (l'occasion de voir des Ghoulies tirer à la carabine, créer des accidents dans les auto-tamponneuses, décrocher des nacelles de manèges, dévorer un clown…). Un véritable défouloir que cette seconde partie du film qui nous fait directement penser à l'énergie distillée dans les deux opus des Gremlins!

Mais l'une des forces de "Ghoulies 2", c'est de vouloir faire rire par tous les moyens possibles : aussi bien en nous montrant la pagaille semée par les immondes créatures poilues qu'en nous donnant un petit zeste de voyeurisme malsain (ce passage où des visiteurs viennent dans le train fantôme de Ned et Harry uniquement pour voir, sans broncher, les Ghoulies en train de mettre à mort des malheureux en proie à leurs jeux stupides). Les Ghoulies sont bêtes, sales et méchants et c'est bien cela qui nous plait tant!



Passons à présent à l'aspect visuel du long-métrage d'Albert Band. D'un côté, nous avons les décors : une fête foraine assez vétuste, très old school, dans laquelle se trouve tout ce qui fait la joie de ses visiteurs : des manèges, des stands, des spectacles, des machines à popcorn, de la musique… Autant d'endroits à exploiter pour rendre le film le plus attrayant possible. Mais l'un des décors les plus en vue reste bien-entendu "l'antre de Satan". Présentée comme l'ancienne attraction phare du Luna Park, celle-ci est aujourd'hui menacée de disparition, la faute à sa vétusté et à l'évolution de la société qui montre aux jeunes d'aujourd'hui des scènes bien plus horribles à la télévision que celles qu'ils verront dans l'attraction du vieux Ned. Durant la première partie du film, nous visitons donc, dans la joie et la bonne humeur, cette attraction en déclin : une salle pharaonique avec ses sarcophages antiques et ses momies, une chambre des tortures avec ses mannequins en proie à divers ustensiles utilisés autrefois par l'Inquisition… Un endroit certes lugubre mais dont l'objectif de faire peur autrefois est définitivement parti en fumée, la preuve en est avec cette bande de jeunes qui ne vont dans l'attraction uniquement pour flirter et faire l'amour sous de la musique rock provenant de leur radio portable.

Passons pour finir aux effets spéciaux et aux Ghoulies à proprement parlés. Même si nous pouvons noter une nette différence dans les effets visuels (mieux réalisés et plus nombreux) par rapport au premier volet de la saga (assez avare de ce point de vue), ceux-ci restent encore assez brouillons dans l'ensemble et parfois même bien discrets dans "l'antre de Satan" (il fait sombre et les scènes de meurtre sont souvent hors plan). Quelques coups de couteau, deux-trois morsures et le tour est joué : "Ghoulies 2" (tout comme le reste de la saga) est tous publics et cela se ressent parfaitement.
Pour ce qui est des Ghoulies, ceux-ci sont toujours aussi nombreux : le chauve vert, celui à la tête de crocodile et celui au facies de rat, le poilu qui rit bêtement, le Ghoulies volant et nous aurons même droit cette fois à un Ghoulies géant! Dans l'ensemble, les marionnettes ont été retapées (et c'est tant mieux!) mais leur façon de se mouvoir reste encore très grossière (les mouvements sont saccadés lors de leurs déplacements). Notons toutefois l'admirable travail effectué sur les têtes, notamment celle du rat et du crocodile. Car, contrairement aux Gremlins que nous voyons de la tête aux pieds, les Ghoulies n'aiment pas trop montrer leurs jambes visiblement, peut-être sont-ils complexés par leur pilosité? RIRES! Non, la raison provient certainement plus du fait que l'on préfère montrer de jolies têtes bien modélisées pour l'époque plutôt que des jambes très perfectibles (un cache-misère en quelque sorte). Mais dans l'ensemble, les Ghoulies passent bien à l'écran, bien mieux en tout cas que dans le premier opus, cela ne fait aucun doute (plus présents, plus gros, mieux travaillés).



Loin d'être un chef d'œuvre, "Ghoulies 2" se démarque pourtant de son aîné sur tous les points, que ce soit l'humour, le rythme, les effets visuels… Même si les inconditionnels des Gremlins préfèreront se revisionner les opus de Joe Dante, ne crachons cependant pas sur ce petit film (ainsi que sur la deuxième suite, le meilleur opus de la saga) qui mérite le détour, ne serait-ce que pour le fait de voir nos petites créatures sales et poilues envahir un Luna Park! Un bon petit divertissement sans prise de tête que voici!








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