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Amy, Zach, Lauren, James, Dan et Michelle, un groupe de jeunes trentenaires, dont certains sont d'anciens camarades de lycée, se retrouvent en croisière en eaux mexicaines à bord du yacht de Dan. Amy qui espère par ce voyage mettre fin à sa tragique aquaphobie, est venue avec James, son compagnon et Sarah, son jeune bébé. Après quelques heures de navigation, portés par l'alcool et la chaleur environnante, ils se décident tous à piquer une tête pour se rafraîchir. Bien mal leur en prend, car en plongeant sans trop réfléchir avec Amy dans les bras pour retrouver les autres, Dan en oublie d'abaisser l'échelle leur permettant de regagner le bateau une fois leur trempette terminée. Les voilà donc seuls dans l'eau tous les six, avec pour uniques ustensiles : un gilet de sauvetage, deux masques, un couteau de plongée et un jouet flottant. Devant lutter contre les courants, le froid et la panique suscitée par le fait d'être isolés puis d'avoir laissé le bébé à bord, notre bande de potes voit le week-end de rêve virer carrément au cauchemar. Vont-ils en sortir indemnes ?



Lion's Gate, dont le succès au box-office de "Open water" avait renfloué le tiroir-caisse, décide, peu de temps après ce carton, d'envisager une séquelle, ayant finalement vu le jour trois ans après sous la direction du jeune cinéaste allemand, Hans Horn, qui a travaillé sans succès notable aux Etats-Unis pendant cinq ans et surtout, plus spécialisé dans le tournage de spots publicitaires. C'est donc un quasi débutant du long-métrage qui est aux commandes de cette suite plus ou moins officieuse de Chris Kentis, cinéaste de "Open water". Officieuse car des pays comme la France l'ont rebaptisé (ici Dérive mortelle), alors que d'autres ont gardé le titre "Open water 2 : adrift" car ils ont vu dans l'histoire - inspirée de faits réels - quelques similitudes avec l'originale, donc une certaine continuité. Si dans "Open water", nous étions les spectateurs impuissants de la détresse d'un couple abandonné en plein milieu de l'océan sans rien à l'horizon, ici, d'intrépides jeunes gens sautent hors d'un yacht planté en pleine mer sans descendre l'échelle leur permettant de remonter à bord ! Avec, bien évidemment, un bébé resté en cabine ! Alors certes, bien que le script, plutôt simpliste et pas très original par rapport à son prédécesseur (on a juste changé la cause de l'isolement en eaux profondes et le nombre de personnes laissées en pleine mer, mais on a gardé le bateau !) puisse en agacer certains, force est de constater que c'est justement la simplicité du sujet principal qui fait de cette séquelle, un petit film largement regardable. En effet, ce manque d'attention de quelques secondes peut arriver à tout le monde, ce qui a pour fâcheuses conséquences de tout bouleverser et mettre n'importe qui dans la mélasse (ici de l'eau salée) jusqu'au cou ! On a donc vite fait de s'identifier aux personnages en se demandant comment faire pour sortir de cette galère ? Et cette empathie est donc pour beaucoup dans le relatif succès de cette suite et l'intérêt grandissant que l'on a en la visionnant, car au départ, il faut bien l'avouer, c'est un peu long à démarrer et l'on se noie un peu (veuillez m'excuser ce jeu de mots facile !) dans des tentatives de portraits légèrement caricaturaux et des flashbacks pour le moins dispensables.

Alors oui d'accord, ce film n'est pas aussi bien réussi et original que "Open water", et l'on est moins tenu en haleine, la faute à quelques longueurs et dialogues évitables. Toutefois, voir six abrutis coincés dans l'eau parce que le plus abruti d'entre eux à oublié de descendre l'échelle du bateau se démener comme de beaux diables pour tenter de regagner le voilier, c'est très crédible. Et justement, les voir expérimenter toutes sortes de techniques avec les moyens à leur disposition, est très jouissif. Sauts à partir du jouet flottant, courte échelle, exploration sous-marine de la coque du navire, échelle fabriquée à partir de maillots de bain sont autant de stratagèmes que nos lascars en perdition vont approfondir afin de remonter à bord du yacht. Vont-ils en trouver un qui soit efficace ?

Côté casting, celui-ci sans être incroyable, fait la part belle à des acteurs de séries dont Eric Dane (la série "Grey's anatomy" mais vu aussi dans "X-Men l'affrontement final") un croisement improbable de Josh Hartnett et Marat Safin jouant le rôle du golden boy finalement pas si golden que ça, Richard Speight Jr. (une tronche déjà vue maintes fois et jouant notamment dans "Independance day") en père attentionné et mari dévoué, Susan May Pratt, jeune maman en lutte contre son aquaphobie et son attirance pour son ex Dan, sans oublier Nicklaus Lange, Ali Hillis, Cameron Richardson, dans des seconds rôles tout aussi importants pour l'avancée de l'intrigue et le développement psychologique des relations entre les différents protagonistes. Ajoutons à titre d'anecdote de tournage, que le rythme a parfois été tellement soutenu pour les acteurs qu'ils ont dû, par moments, passer plus de six heures immergés dans l'eau ! C'est ce que l'on appelle de l'immersion dans un rôle ça ma bonne dame !

En ce qui concerne les décors, pas de quoi se transcender outre mesure puisque la majeure partie du film se déroule en pleine mer. Néanmoins, notons que le film a été tourné sur la côte maltaise et non au Mexique avec des objectifs cinémascopes anamorphosés et que même s'il fait office de néophyte en la matière, le bleu Hans Horn arrive à capter l'immensité de l'océan et réussit à engloutir par sa virtuosité naissante, tous les spectateurs devenant, au même titre qu'Amy, de véritables aquaphobes, même les plus endurcis.

L'avant-dernière scène du film est, à mon sens, un modèle du genre et aurait dû faire office de scène finale tant elle est libre d'interprétation : par une après-midi calme, (on suppose que cela arrive quelques temps après les événements tragiques) un petit bateau de pêcheur approche du yacht, l'échelle est abaissée et pend dans les eaux bleues de l'océan. Le voilier semble vide de toute trace humaine exception faite de Sarah, le bébé d'Amy et James, dont les cris stridents sont un véritable crève-cœur, le tout sur fond de musique triste à en mourir…

En revanche, j'en vois déjà certains qui vont conspuer le film pour sa fin. Décevante pour les uns car prévisible et même évitable, elle est, pour les autres, (enfin c'est comme cela que moi je la vois) mi-métaphorique, mi-spirituelle car a-t-elle réellement lieu ou bien est-ce une vue de l'esprit ? Je vous en laisse seuls juges…

Ainsi, sans forcément être une resucée de "Les dents de la mer" et autres longs-métrages se déroulant en pleine mer, Dérive mortelle réunit tous les ingrédients d'un honnête film d'angoisse maritime, suspense et lutte pour survivre en proue de navire. Peu à peu, la torpeur des premières scénettes laisse progressivement place à une angoisse haletante mise, entres autres, en exergue par un casting des plus sobres mais sacrément efficace. Toutefois, la fin que certains détracteurs jugeront ratée voire inutile, risque de couler ce petit film qui, parce que "Open water" existe déjà, n'a rien de bouleversant. Mais accordons au moins à cette œuvre cinématographique d'être une véritable série B ayant le mérite d'y croire et qui nous fait passer un bon petit moment en eaux troubles !








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