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Yu et son ami Takeshi sont sans cesse martyrisés et rackettés par une bande de jeunes dont le chef est le fils d'un puissant yakuza. Un jour, suite à une altercation avec leurs agresseurs, Yu et son ami sont jetés du haut d'un immeuble et succombent à la violence de l'acte. Ami, la sœur de Yu, est désemparée. Attristée par la perte de son frère, la malheureuse jeune fille sombre dans la mélancolie mais tombe par hasard sur le journal intime de Yu dans lequel celui-ci avait noté les noms de ses tortionnaires. Ami décide alors de venger son défunt frère et se met à la recherche de ses assassins. Malheureusement, les yakuzas vont la capturer et la torturer, ce qui lui coûtera une main, coupée nette par un sabre de samouraï. Par chance, la jeune fille réussit à s'enfuir et se réfugie chez les parents de Takeshi, eux aussi endeuillés par la mort de leur fils. Ensemble, ils vont décider de venger Yu et Takeshi et pour cela tous les coups sont permis! Munie d'une sulfateuse en guise de prothèse pour remplacer sa main perdue, Ami va mener la vie dure aux assassins de son frère et c'est le moins que l'on puisse dire. Ca va charcuter sec!



Fort d'un gros buzz sur le web et de multiples teasers sanguinolents et violents disponibles sur la toile, "the machine girl" a suscité une vive curiosité chez les amateurs de films de genre et de films d'action en tout genre. Ecrit et réalisé par Noboru Iguchi, dont les centres d'intérêts étaient principalement jusque là les Adult Videos et les adaptations de mangas, "the machine girl" est un véritable cocktail d'humour, d'action et de scènes sanglantes auquel les amateurs de films gores ont voué un véritable culte, quelques mois seulement après la parution du film.
Décortiquons sans plus attendre ce petit ovni en provenance directe de chez nos amis nippons.

Comme tout bon film gore qui se respecte, le spectateur constatera que le scénario ne brille pas par son originalité. Ecrit par Noboru Iguchi lui-même, la trame est on ne peut plus simple : l'histoire d'une jeune écolière, Amy, qui décide de venger son frère assassiné par des yakuzas plus horribles les uns que les autres.
Mais ce qui fait la force de "the machine girl", c'est sans conteste cette faculté qu'il a à nous transporter de bagarres en bagarres avec une énergie détonante et un esprit cartoonesque et grandguignolesque impressionnant. Car, il faut bien le dire, "the machine girl" est un film 100% gore totalement déjanté qui ne vous laissera quasi aucun répit une fois notre jeune Ami lancée dans sa quête vengeresse. Le film de Noboru Iguchi est en effet un véritable défouloir où s'entremêle une galerie de personnages aussi divers que variés (on se demande même ce que certains peuvent bien faire là, mais n'est-ce pas cela qui fait le charme des films gores?), allant de simples écoliers à des yakusas féroces et sans pitié en passant par des ninjas (une sorte de bande appelée "le Junior High Shuriken Gang" dont chacun des membres nous fait part d'une chorégraphie de combat ridicule) et des samouraïs : un véritable cirque que ce casting un brin fou fou. Ajoutons à ces personnages complètement décalés des dialogues peu construits, souvent même niais et vulgaires, et nous obtenons là un résultat certes fort amateur mais vraiment jouissif (et les amateurs de films comico-gores ne diront pas le contraire).



Mais que serait "the machine girl" sans Ami la "nettoyeuse" interprétée par la jolie Minase Yashiro : une jeune actrice nippone ravissante mais qui, derrière ses airs de gentille fille sage, cache en réalité une grande guerrière qui ne reculera devant rien pour accomplir son œuvre vengeresse. Un personnage plutôt bien travaillé (chose assez rare dans un film gore) et pour lequel Noboru Iguchi nous dépeint une bien triste existence, à la limite du masochisme : des parents décédés, un frère assassiné, une très bonne amie tuée puis violée à tour de rôle, des tortures perpétrés par des yakuzas sadiques durant lesquelles elle perdra une main… Tout un panel d'éléments déstabilisants qui vont pousser notre jeune écolière pourtant si sage et souriante à une vengeance sans limite et sanguinaire. Guidée par l'âme de son frère Yu décédé, Ami va devenir une vraie bête de guerre, mi humaine mi machine en raison de cette sulfateuse qu'elle a en guise de seconde main suite à une greffe effectuée par le père de Takeshi.

Outre cet aspect comique cité précédemment, le film de Noboru Iguchi nous dépeint également un haut degré de sadisme avec des tortures qui ne sont pas sans rappeler la dureté de celles perpétrées par un certain Ichi imaginé par le grand Takashi Miike dans son redoutable "Ichi the killer". En effet, le film regorge de scènes de tortures et de barbarie (la scène des clous, la scène de tortures d'Amy, la scène où les yakuzas punissent un cuisinier en lui faisant manger ses propres doigts en guise de sushis…).



On remarquera par ailleurs quelques références bien sympathiques à certaines œuvres bien connues de tout amateur de films de genre. C'est le cas par exemple de cette greffe qui permet au personnage principal d'avoir une arme en guise de membre : un détail qui rappelle sans conteste notre ami Ash de la célèbre saga des "evil dead" qui n'hésite pas à se greffer une tronçonneuse à la place d'un bras, ou encore l'héroïne de "planete terreur" qui a une mitrailleuse en guise de jambe ou même encore ce cher bon vieux Charles Lee Ray (alias Chucky la poupée tueuse) qui n'hésite pas à s'enfoncer un couteau à la place de la main dans le deuxième opus de la saga. On peut également citer comme référence la scène où un yakuza se fait torturer par Ami et la mère de Takeshi : celui-ci se retrouve avec le visage couvert de clous, un visage qui nous rappelle alors celui de ce cher cénobite Pinhead de la saga mythique des "hellraiser". Les références sont nombreuses tout au long du film, ce qui comblera amplement l'amateur de films de genre.

Parlons à présent de ce qui fait l'un des atouts majeurs de "the machine girl", à savoir les effets spéciaux. De ce côté, nous ne sommes pas trompés sur la marchandise : les teasers disaient vrai, voilà bien un nouveau petit descendant de "braindead" et un petit frère à "planete terreur". Même si le film nous témoigne par moment de quelques faiblesses de budget (présence de très nombreux geysers de sang tout au long du film semblant servir de cache-misères à certains effets visuels plus ou moins maladroits), quelques effets numériques et d'autres en latex façon old school remontent le niveau et réussissent à nous faire oublier ces quelques barrières financières visiblement rencontrées lors de la réalisation du long-métrage de Noboru Iguchi. De nombreuses joyeusetés bien sanglantes sont au programme : déchiquetage de membres au sabre, un homme coupé en deux dans le sens de la longueur tandis qu'un autre est découpé façon puzzle, coup de couteau dans le crâne, coupage de jambe, sans oublier bien-entendu les boucheries sanglantes à la sulfateuse, l'arme favorite d'Ami... Ajoutons à cela des séquences gores et trashes complètement déjantées : un homme shampooiné avec le sang de son fils, un coup de couteau dans la nuque qui provoque chez la victime des vomissements de tripes et boyaux, broyage de poitrine à l'aide d'un soutien-gorge rotatif portée par une yakuza délurée, torture impliquant d'enfoncer des clous dans le visage de la victime à l'aide d'un marteau… Bref, vous l'aurez compris aisément, "the machine girl" est un véritable défouloir sanguinolent!



Au final, "the machine girl" est une bien sympathique surprise dans le domaine du cinéma gore asiatique, au même titre que l'était par exemple un certain "versus" de Ryuhei Kitamura : sanglant, drôle et orchestré par des combats titanesques sous fond de musiques pétaradantes, le film de Noboru Iguchi est un film à voir pour tout amateur d'oeuvres comico-gores.
Takashi Miike ("visitor Q", "Ichi the killer", "audition", "dead or alive"…), Tsukamoto Shinya ("Tetsuo", "Tetsuo 2", "Tokyo fist", "bullet ballet"…) ou encore Ryuhei Kitamura ("versus", "Azumi"…) : tant de cinéastes talentueux et souvent controversés en Asie qui devront également compter à présent sur une nouvelle tête : Noboru Iguchi.