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Six amis sont conviés à un mariage et décident de s'arrêter en chemin dans le Bed And Breakfast d'un petit village pour y passer la nuit. Mais le repos ne sera que de courte durée : quelques heures après avoir franchi le seuil de ce petit hôtel, ils découvrent le corps du cuistot dans la cuisine, assassiné à coups de couteau. Aussitôt suspectés par la police locale, nos six chers pensionnaires vont devoir passer quelques jours au village pendant que l'enquête suit son cours. Mais très vite, les habitants de ce petit village isolé de tout vont se retrouver possédés par un esprit démoniaque et vont assiéger le Bed And Breakfast dans lequel une petite poignée de survivants s'est réfugiée. Commence alors une véritable boucherie où tous les coups sont permis pour faire reculer l'ennemi et l'empêcher de pénétrer dans l'hôtel.



Au même titre que "bad taste", "braindead", "shaun of the dead" ou encore "severance", le discret "dead and breakfast" fait partie de ces comédies horrifiques teintes de petites touches bien sanguinolentes. Elu meilleur film au Los Angeles International Horror Festival mais également au Rhode Island International Horror Festival et au Weekend Of Fear, le film du réalisateur Matthew Leutwyler (hé oui encore un inconnu, "pour l'instant" diront certains…) est pourtant passé quasi inaperçu dans l'hexagone. "Grossière erreur" diront certains…



D'un point de vue scénario, "dead and breakfast" n'est pas ce que nous avons vu de mieux mais celui-ci réussit tout de même à nous offrir une histoire certes banale mais ponctuée de péripéties et scènes d'action à tout va comme semble le vouloir la tradition des films comico-gores, avec quelques clins d'œil à des classiques du cinéma horrifique ("la nuit des morts-vivants", "massacre à la tronçonneuse", "psycho"…). Car en effet, force est de constater que l'on ne s'ennuie pas devant le film de Matthew Leutwyler malgré la simplicité de l'histoire et son air de déjà-vu : les attaques des gens possédés, sortes de zombies, se succèdent à une cadence folle et les quelques séquences sans action réussissent tout de même à garder notre attention grâce à un humour bien souvent décalé. Car l'humour, il faut bien le noter, est bel et bien présent tout au long de "dead and breakfast" : tantôt lourd (surtout au début du long-métrage ou lors de cette scène de danse de zombies ridicule), tantôt bienvenu (la scène où le shérif tire sur l'un de ses amis et lui pose alors un tas de questions pour savoir si celui-ci est possédé ou non), l'aspect comique du film réussira toutefois à satisfaire la majorité du public mis à part peut-être les personnes qui attendaient de "dead and breakfast" un humour un peu plus subtil et moins grossier, ras des pâquerettes.



Comme toute bonne comédie gore qui se respecte, "dead and breakfast" ne brille pas par la délicatesse, la sagesse et la construction de ses dialogues et tente plutôt de divertir son public avec des séquences farfelues mettant en scène des personnages un brin décalés pour certains et bien souvent stéréotypés au maximum. Sur ce point, on ne reprochera pas grand-chose au réalisateur qui remplit le cahier des charges de la comédie gore excepté peut-être cette tendance à vouloir parfois en faire trop, s'éloignant ainsi de l'histoire de base (référence à cette scène pitoyable où les zombies se mettent à effectuer une danse au lieu d'attaquer l'hôtel, une scène ridicule et vraiment hors-sujet qui n'apporte vraiment rien et ne prête même pas à sourire).
Pour ce qui est du casting, "dead and breakfast" s'en tire plutôt bien et se paye même le luxe d'inviter David Carradine ("kill Bill", "en route pour la gloire", "americana", "l'œuf du serpent"…) pour lui donner certes un petit rôle (celui du propriétaire du Bed And Breakfast) mais qui donne de la fraîcheur à un début de film plutôt moyen il est vrai (les quelques premières minutes du film nous laissent penser que nous allons assister à un film d'ados pour ados : drogues, petites bombes sexy, dialogues creux…). Concernant le restant de la troupe, nous retrouvons entre autres Jeremy Sisto ("détour mortel", "May"…) et la jolie Gina Philips ("Jeepers Creepers"…), le restant des acteurs étant pour la plupart des grands inconnus de nos écrans. Malgré le non professionnalisme de la majorité des acteurs, ceux-ci s'en sortent finalement pas si mal et réussissent à créer cette atmosphère grandguignolesque que nous sommes venus chercher en visionnant le film de Matthew Leutwyler. "Pas besoin d'être un grand acteur pour jouer dans un film gore" diront certains et cela se ressent en effet mais ne gêne en rien le film. Les acteurs sont souvent idiots et trop stéréotypés? Soit, mais disons-nous bien que nous ne sommes pas devant du Shakespeare mais devant une œuvre alternant et mélangeant l'humour et l'horreur, le tout saupoudré de scènes complètement déjantées (la scène délirante de la Responsable des Archives qui se transforme en véritable Rambo…) et bien saignantes à souhait. Seul bémol dans le jeu des acteurs : l'attitude du chef des zombies, peu crédible et si peu effrayant.



Passons à ce que beaucoup attendent dans la critique d'un film de la lignée des comédies gores : les effets spéciaux et les maquillages. Voilà certainement le point le plus appréciable de "dead and breakfast" : en effet, ça ne lésine pas sur l'hémoglobine et la boucherie! Au programme : décapitations, énucléation, démembrements, explosions de têtes et autres joyeusetés perpétrées avec un panel d'ustensiles convaincant : fusil, couteau, tronçonneuse, eau bouillante, marteau, os taillés en pointe, flèches, cisailles… Tout y passe pour notre plus grand plaisir et plus particulièrement celui des amateurs de scènes sanglantes qui seront comblés je peux leur assurer! Très rarement hors plan, les tueries perpétrées sont très efficaces et violentes à souhait (certains coups font vraiment mal).

On retiendra également de ce "dead and breakfast" cette ambiance très texane qui se dégage constamment du film : des séquences annoncées par un chanteur à chapeau de cowboy, une excellente séquence de bal dans une grange qui finit en castagne un peu à la façon bagarre dans les saloons, une musique très country…
Les lieux sont également très divers et la plupart nous rappellent sans hésitation que nous sommes avant toute chose dans un film horrifique (le Bed And Breakfast qui semble avoir croisé le chemin de Norman Bates, le cimetière plongé dans la nuit, la salle d'archives lugubre).

Sans être un chef-d'œuvre, "dead and breakfast" est toutefois une agréable surprise à ranger aux côtés de "shaun of the dead", "severance", "undead" et bien entendu "braindead". Amusant, saignant et farfelu, voilà une bien belle façon de passer une soirée entre amis!








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