RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.4
(32 votes)
Un ancien flic, forcé de démissionner de son travail après un accident ayant coûté la vie de son associé, se voit engagé comme veilleur de nuit dans un ancien grand magasin ravagé par les flammes il y a plusieurs années. Séparé de sa femme et de ses enfants, il va rapidement découvrir que les miroirs des lieux semblent dotés de vie propre et qu'il s'y passe à l'intérieur de bien étranges choses capables d'assassiner des personnes dans le monde réel. Il va avec entrain et talent remonter la piste d'une certaine Eseker, à la base de ces étranges phénomènes. Va-t-il sauver sa famille ? Oui ? Non ? Sans opinion ?



Dès le pré-générique, les auteurs semblent vouloir taper fort dans le gore et l'angoisse, sauf qu'ils ratent légèrement leur cible en affublant ladite scène de cadrages incohérents et de montage rapide à la mode. Le reste du film sera à la même enseigne, un produit de consommation courante, vite vu, vite digéré, sans saveur et avec beaucoup de colorants. Un menu de Mc Donald qui semble remplir la panse, mais qui ne fait en fait que la gonfler superficiellement et qui laisse sur sa faim.
Aja et ses sbires puisent dans les poncifs des récents et anciens succès du cinéma d'horreur, ce qui en soit n'est pas spécialement honteux si l'auteur possède une vision personnelle. Mais dans "Mirrors" seuls les miroirs semblent réfléchir à la chose cinématographique. Des meurtres gratuits et gore qui n'apportent rien à l'intrigue et qui sont posés là de manière artificielle (bien que très efficaces en termes graphiques) un cas de possession schizophrénique comme on en a vu des centaines, une iconographie catholique inutile dans le contexte, et un twist final qui bien qu'a priori surprenant, fleurait bon le déjà-vu dans l'original et qui sent donc le réchauffé dans le remake.



Si l'on creuse un peu, qu'avons-nous ici ?
Encore un remake asiatique passé à la moulinette du style hollywoodien, et comme une évidence pour le pire. Cela devient presque un truisme que de le dire, mais les américains (que les réalisateurs soient français, malgaches, monégasques ou paraguayens, ne change rien à l'affaire, ligotés volontairement qu'ils sont par un cahier des charges qui les étouffent) sont incapables de correctement réadapter une oeuvre asiatique d'horreur.
Là où le film coréen original prenait son temps pour mettre en place les personnages et leur psychologie pour peu à peu les insérer dans une histoire incroyable, mais qui du coup arrivait presque à nous paraître probable, le remake du sieur Aja percute d'entrée de jeu à grand renfort de caméra tournoyante et de scènes chocs.



Et puis ? Et puis rien ou si peu. Aja servant la soupe à Jack Bauer (pardon Kiefer Sutherland !) qui nous la joue 24 heures chrono. Jack se trimballe dans les décors du centre commercial carbonisé (de beaux décors d'ailleurs mais largement sous-exploités et qui ne font naître aucune sensation de peur ou de glauque, on est bien loin de la maîtrise formelle d'un Balaguero ou d'un Cerda, par exemple) avec sa jolie lampe torche, Jack remonte le fil de l'intrigue à la manière d'un agent du FBI, Jack bouge, Jack réussit là où d'autres ont échoués (et pourtant ce n'était pas bien compliqué ! Mais Jack, c'est Jack !), Jack est fort, Jack kidnappe une religieuse, Jack sauve sa famille. Sacré Jack !
Le problème c'est qu'on se moque comme d'une guigne (ou deux, ou trois) de ses péripéties, de son destin, de celui de sa famille, la phase d'exposition n'ayant pas été suffisante pour nous impliquer dans cette histoire, il serait temps qu'Hollywood comprenne la nécessité fondamentale de celle-ci afin de faire naître un sentiment de compassion et d'empathie avec les personnages ! (mais je dis sûrement cela sous le coup de la colère et de substance prohibées !).



Si l'on ajoute à cela une Madame Bauer qui joue plus de son décolleté que d'une grande palette d'émotions, d'enfants Bauer totalement apathiques même sous la tension, et de dialogues sentimentaux qui arrachent des larmes de consternation et d'écœurement (mon Dieu mais qu'il est dur de se relever d'un traumatisme ! Mais qu'il est difficile d'arrêter de boire ! Je ferais tout pour mes enfants même kidnapper une religieuse ! J'ai besoin de toi car, je t'aime plus que tout ! Burp !), on se retrouve (presque) devant un truc inutile, vain et creux (mais qui rapporte ! Alors ça va, tout va bien !).
Presque, car il y a tout de même les scènes sanglantes et gore, peu nombreuses mais d'une efficacité redoutable, preuve qu'Aja est à l'aise dans ce genre-là.
Le réalisateur mériterait pourtant mieux que de devenir un vulgaire faiseur de remakes à la chaîne, chose qu'il semble pourtant vouloir continuer à faire. C'est triste, mais les sirènes financières des grand studios étasuniens semblent bien avoir fait une victime de plus. Espérons pour Aja qu'il réussira à s'en extirper, avant de contracter le syndrome incurable de la "WesCravenite" aiguë !